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Renault sacrifie 2 000 ingénieurs pour ne pas sombrer face aux constructeurs chinois

L’arrivée massive des voitures chinoises en Europe fait des dégâts allant bien au-delà des simples chiffres de ventes. Pour rester compétitif, certains n’hésitent plus à tailler dans les effectifs. C’est le cas de Renault, qui compte supprimer plus de 2 000 postes d’ingénieurs.

La concurrence est généralement bénéfique pour les consommateurs. Elle pousse en effet les entreprises à se dépasser et à proposer de meilleurs services à des prix toujours plus serrés. Mais quand celle-ci devient trop intense, elle peut aussi conduire à de véritables blocages sur le plan sociétal. Appliquée à l’industrie automobile, l’arrivée en masse des voitures électriques chinoises en Europe en est le parfait exemple.

BYD, MG… : comment les nouveaux géants ont pris l’avantage.

BYD, MG, Xpeng, Zeekr… Tous ces noms barbares étaient souvent moqués à leurs débuts sur notre marché. Le retour de bâton a fait extrêmement mal. Leurs modèles sont aujourd’hui très compétitifs en tenant la corde sur de multiples aspects, dont celui du prix. Les marques occidentales n’étant pas préparées à un tel déluge, elles ne peuvent répliquer dans l’immédiat avec des véhicules aux prestations similaires.

L’onde de choc : pourquoi Renault sacrifie son ingénierie

Des solutions plus ou moins radicales existent alors pour limiter la casse. Les fermetures d’usines en sont une. Les licenciements en sont une autre. Si Stellantis a opté pour la première pour le site historique de Poissy, Renault a préféré la seconde qui limitera la casse économique, mais certainement pas la casse sociale. Entre 15 et 20 % des postes d’ingénieurs seront ainsi supprimés dans le monde au cours des deux prochaines années.

La France ne sera malheureusement pas épargnée. Si les chiffres exacts n’ont pas été communiqués pour chaque pays, on peut tabler au global sur environ 2 400 postes en moins. Et cela, en se basant sur l’intervalle officiel de 15 à 20 % appliqué à une force de travail oscillant entre 11 000 et 12 000 ingénieurs dans le monde chez Renault. Pour lutter sur les marchés les plus importants pour le Losange, le PDG du groupe a aussi sa réponse toute trouvée :

« Copier les Chinois » : la stratégie audacieuse et risquée de François Provost

« Je n’ai pas honte de dire qu’il faut copier les Chinois », affirme François Provost dans une interview accordée à Ouest-France. Dont acte, un centre de développement a été ouvert par Renault il y a bientôt deux ans à Shanghai. Cela servira de base aux futurs modèles de la marque française, qui pourront enfin rivaliser avec les voitures chinoises. Impossible de toute manière de s’isoler sur les véhicules thermiques, le marché étant en pleine bascule.

Objectif 2030 : une course contre la montre pour l’électrique

« En Europe, à l’horizon 2030, la marque Renault doit vendre 50 % de voitures électriques et 50 % de voitures hybrides », ajoute le PDG. Et le constat est aussi valable dans les pays en voie de développement, où le marché est en plein boom, « comme l’Inde où 50 % de la demande du Renault Duster se porte sur la version hybride ». Rappelons que Renault a déjà réduit le temps de développement de sa nouvelle Twingo électrique à seulement 21 mois grâce à une profonde collaboration avec les ingénieurs chinois du centre de Shanghai. Les futurs modèles devraient suivre une stratégie similaire.

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Source : Reuters