Pour rappel, Meta a déployé le programme Model Capability Initiative, soit un système interne conçu pour capturer les mouvements des souris, les clics et les frappes au clavier des employés afin d’entraîner les modèles d’intelligence artificielle de Meta. Sans grande surprise, ce programme n’a pas enchanté les salariés, même après l’annonce d’une pause de 30 minutes par jour sans collecte de données. Au total, 1 600 d’entre eux ont signé une pétition interne pour s’y opposer, notamment en raison de risques de failles et de divulgation non autorisée des données collectées. Aujourd’hui, il semble qu’ils aient vu juste, là aussi, sans grande surprise.
Des données confidentielles d’employés exposées au sein de l’entreprise
Selon une note de sécurité interne consultée par le média Wired, Meta a laissé des informations potentiellement sensibles, collectées sur les ordinateurs portables de ses employés, accessibles à n’importe qui au sein de l’entreprise. Les données étaient stockées sur des serveurs accessibles à n’importe quel employé de l’entreprise, sans restriction ni système de verrouillage. La note de sécurité diffusée en interne précise que « les données des employés réparties dans 45 000 tables Hive [des bases de données contenant des informations structurées sur le personnel] » ont été exposées. Selon des documents consultés par le média Wired, ces tables comprenaient l’activité des employés, notamment « l’intégralité des requêtes (prompts) et des transcriptions, des conversations privées, ainsi que des données sur les personnes et les performances ».
Le porte-parole de Meta, Tracy Clayton, a confirmé l’information, tout en tempérant la situation : « Nous avons soigneusement conçu ce programme avec des garanties de confidentialité. Nous n’avons aucune indication à l’heure actuelle que des données aient fait l’objet d’un accès inapproprié par des employés de Meta ». Des sources anonymes chez Meta ont par ailleurs indiqué que l’incident était désormais considéré comme clos.
Un ras-le-bol général parmi les employés de Meta
Si l’incident est considéré comme clos, Andrew Bosworth, le directeur de la technologie (CTO) de Meta, fait tout de même quelques aveux de défaillance en déclarant que la mise en œuvre du programme de suivi n’avait pas été à la hauteur des normes définies dans son examen de confidentialité et que les conclusions tirées de l’incident seraient partagées. Cet événement vient donc s’ajouter à la longue liste des casseroles traînées par Meta.
Sur un forum interne de l’entreprise où le personnel échange des blagues, un employé a partagé un mème de la série The Office montrant Jim Halpert brandissant un panneau indiquant : « 0 jour depuis notre dernière absurdité ». Une blague d’apparence gentille qui ne traduit en réalité pas vraiment le climat de travail au sein de l’entreprise. En effet, certains employés n’hésitent pas à comparer les conditions de travail chez Meta à celles d’un « goulag », dans un contexte de course au développement de l’IA qui tourne au cauchemar.
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Source : Wired

