« C’est littéralement le goulag », « courir un marathon en pleine tempête de grêle », « la folie de cette entreprise » : les témoignages faisant état d’une ambiance délétère chez Meta se multiplient. Un employé a même interrompu une réunion pour faire parvenir un message d’insulte à son supérieur. Plus généralement, entre le programme « Model Capability Initiative » vivement rejeté par les employés et une faille de sécurité majeure touchant les comptes Instagram, l’entreprise de Mark Zuckerberg traverse de sérieuses turbulences.
Certains employés de la division IA de Meta au bord de la crise de nerfs
Meta a récemment tenu une réunion ouverte auprès de milliers de ses employés, et autant dire qu’elle ne semble pas s’être bien déroulée. En effet, selon le média américain Wired qui a pu écouter des enregistrements audio, un employé a interrompu la réunion en déclarant en avoir marre d’être « la marionnette de l’entreprise ». Il a ensuite tout simplement demandé aux responsables de la réunion d’écrire à un cadre de Meta AI pour lui dire « qu’il est une ordure ».
Cet épisode est à mettre en lien direct avec la situation d’Applied AI, l’unité de 6 500 personnes consacrée au développement de l’IA, créée en mars dernier. Entre 30 et 50 % des ingénieurs des équipes principales de produits, d’infrastructure et de sécurité ont été affectés à une section axée sur l’étiquetage des données et l’apprentissage par renforcement à partir des commentaires humains. En d’autres termes, ces ingénieurs se sont retrouvés à effectuer un travail ingrat et répétitif pour concevoir les modèles d’IA de Meta. Un employé de l’entreprise explique auprès du média Wired : « C’est littéralement le goulag. Du jour au lendemain, vous n’avez plus aucun but dans la vie ».
En réalité, les témoignages faisant état d’une ambiance délétère chez Meta se sont multipliés ces derniers temps. Andrew Bosworth, un directeur technique, a confessé au personnel que la réorganisation du personnel autour de l’IA était « catastrophique » et que le moral était au plus bas depuis 20 ans. De son côté, Chris Cox, directeur des produits, a signalé « la folie de cette entreprise » et comparé la période actuelle à « courir un marathon en pleine tempête de grêle ». Chez Meta, la course au développement de l’intelligence artificielle semble donc se faire au détriment de la santé mentale des employés. Et si le moral ne semble pas au beau fixe, le chiffre d’affaires de l’entreprise, lui, se porte plutôt bien : il a atteint 56,3 milliards de dollars au premier trimestre 2026.
L’ambiance semble délétère au sein de Meta
En l’espace d’une semaine, Meta a supprimé 8 000 emplois et réaffecté 7 000 de ses employés vers de nouvelles équipes axées sur le développement de l’intelligence artificielle, dont celles d’Applied AI. Certains employés ont également vivement contesté le programme « Model Capability Initiative », soit un système interne conçu pour capturer les mouvements des souris, les clics et les frappes au clavier des employés afin d’entraîner les modèles d’intelligence artificielle de Meta. Face à ces contestations, Mark Zuckerberg a concédé une pause de 30 minutes par jour sans collecte de données, sous certaines conditions. Meta a également fait face à un sérieux scandale de sécurité : il a été découvert qu’en conversant avec Meta AI, il était possible de pirater un compte Instagram en quelques clics. Comment expliquer une telle faille de sécurité ? Une partie des équipes dédiées à la sécurité a été réaffectée au développement de l’IA.
De son côté, Mark Zuckerberg a admis que les récentes réorganisations du personnel avaient « causé du stress », tout en déclarant : « nous avons commis des erreurs et en commettrons certainement d’autres ». Le dirigeant de Meta a également promis qu’il n’y aurait plus de licenciement d’ici la fin de l’année 2026 et a augmenté les budgets alloués aux événements d’entreprise.
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Source : Wired

