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Essai Zeekr 7GT : ce break chinois à prix serré propose une recharge si rapide qu’elle en devient absurde

Zeekr avance ses pions en Europe avec un break électrique à la connotation sportive, la 7GT. Vendue à prix compétitif, l’auto se caractérise en outre par une recharge ultra efficace qui vous obligera à changer vos habitudes. Où sont alors les vrais défauts ?

Cela n’engage que nous, mais une voiture se rechargeant trop vite nous semble aussi problématique qu’une voiture s’éternisant à la borne. Craindre chaque minute que l’auto absorbe un surplus d’énergie surfacturée tient davantage du tracas que du confort. C’est pourtant ici qu’ont plongé les ingénieurs Zeekr (prononcez zikeur) avec la 7GT, qui promet de regagner 340 km d’autonomie en seulement 10 minutes.

Ou alors un 10 à 80 % de batterie en 16 minutes, c’est plus parlant. Dans tous les cas, il ne faudra pas traîner, car ce sera vous qui ralentirez la voiture, et plus l’inverse ! Avec une puissance de recharge atteignant les 480 kW en courant continu DC, il est vrai qu’on n’en attendait pas moins… Seul hic, trouver une borne capable de délivrer une telle puissance. Elles demeurent rares, même si Ionity et Electra commencent à les déployer en France.

Prix et options : Zeekr résout le casse-tête des constructeurs premium

Outre une recharge expéditive, les marques chinoises vouent un certain culte pour les prix serrés. La Zeekr 7GT ouvre ainsi sa gamme à 45 990 € avec 421 ch et une batterie de 75 kWh pour 519 km d’autonomie. Notre modèle d’essai est un haut de gamme tirant 646 ch de ses deux électromoteurs. Grâce à un pack de 100 kWh, le rayon d’action grimpe à 558 km. Il faudra alors se délester de 57 490 €. Un prix serré, mais pas écrabouillé, donc.

Cher, dites-vous ? La Mercedes CLA Shooting Brake attaque à 49 450 €, l’Audi A6 Avant e-tron débute à 66 450 € alors que la BMW i5 Touring convie d’office à 77 750 €. Même la Volkswagen ID. 7 Tourer ne descend pas sous les 53 700 €. Et en alignant avec les options adéquates, les allemandes tutoient des sommets himalayesques. Car là réside l’autre force de la Zeekr : son équipement de roi ne réclamant absolument aucun supplément.

Tout en série : faut-il vraiment payer plus chez la concurrence ?

Sont notamment compris de série l’écran OLED de 15 pouces, les feux Matrix LED, la conduite semi-autonome, la banquette arrière électrique, le toit panoramique et la navigation connectée. Notre modèle Launch Edition complète avec les jantes de 20 pouces, la suspension pneumatique, le toit contrastant, les sièges ventilés, la sonorisation à 23 haut-parleurs, les sièges avant massants et les portières électriques.

C’est goûtu, et les seuls extras se résument à un intérieur blanc à 1 500 € et aux peintures métallisées facturées 1 300 €. Zeekr se revendique ouvertement premium. Est-ce que cela se confirme à bord ? Vous en conviendrez, le dessin n’est pas super original. Une planche de bord rectiligne dominée par un iPad, c’est du réchauffé… Heureusement qu’un combiné d’instrumentation de 13 pouces rend la chose plus digeste.

À bord : un habitacle léché, mais ergonomiquement agaçant

Heureusement aussi que la qualité n’a rien d’affreux. Assemblages et matériaux sont en ce sens plutôt sérieux. L’ergonomie est en revanche plus comique, avec un recours trop important au tactile compliquant inutilement les manipulations. La mauvaise idée du siècle consistant à planquer les commandes de la ventilation, des rétroviseurs, des feux et du volant dans l’écran fait son comeback.

Couper les aides à la conduite demande aussi une petite gymnastique cérébrale, d’autant plus que certaines assistances sont réglables sur plusieurs niveaux. Prière de faire taire les multiples alertes avant de prendre la route, sous peine de devenir maboul. Passage en Drive via le commodo droit, c’est parti. Silencieuse grâce à son vitrage feuilleté, la 7GT apparaît fréquentable dès les premiers mètres en mode Confort.

Sur la route : des performances de sportive, mais un comportement à parfaire

Direction légère et suspension souple rendent également les trajets confortables. Il faudra juste prêter attention en ville, où les 4,82 mètres de long sont bien encombrants. Le mode One Pedal est présent, mais le freinage régénératif n’est ajustable que sur deux niveaux. Le feeling de la pédale de frein est correct. La rétrovision est par ailleurs perturbée par les appuie-têtes. Les caméras de belle qualité compensent. Ça se complique sur route quand l’on fait le méchant au volant. Plantée sur le programme Sport, la direction gagne en consistance, mais reste floue.

Commentaire identique pour l’amortissement, plus ferme, mais toujours trop souple. Avec 2 405 kg à sec, les mouvements de caisse ne sont pas suffisamment verrouillés. Le train avant a aussi bien du mal à encaisser les 646 ch. La chinoise explose le 0 à 100 km/h en 3,3 secondes. On s’en réjouira, même si on la sent débordée. C’est moche… Calmer le jeu sera préférable et fera aussi baisser la consommation, qui est au demeurant élevée.

23 kWh/100 km : un appétit élevé même à allure modérée

Avec 23 kWh/100 km sur 146 km avalés à une moyenne inférieure à 50 km/h, il y a une marge de progrès. Cela devrait être bien pire sur l’autoroute… Pour la défense de l’auto, il faisait plus de 40°C et nous avions copieusement utilisé la clim. C’est dit. L’habitacle était à bonne température. Et il est vaste ! À l’arrière, l’espace ne manque clairement pas pour les jambes et les dossiers de banquette sont réglables. L’assise est en revanche trop basse et ne soutient pas suffisamment les cuisses. On s’en remettra.

L’écran tactile présente une belle qualité d’affichage. Les graphismes sont nets et les animations fluides. Les parties supérieures et inférieures sont intégralement pompées sur Tesla, comme l’agencement des menus, d’ailleurs. Un temps d’adaptation sera nécessaire car tout n’est pas arrangé de la manière la plus logique qui soit. Le GPS n’a pas de planificateur d’itinéraire, mais peut vous suggérer des bornes le moment venu.

456 litres : un volume de coffre limité

Le coffre arrière n’est pas grand (456 litres), celui de devant l’est encore moins (32 litres ici, 65 litres sur les autres versions). Pour un break, c’est vraiment ballot. Si cette version permet d’amener vite corps et âmes, elle n’aura pas notre préférence. Viser le milieu de gamme sera plus sage avec un prix inférieur (50 990 €) et une autonomie supérieure (655 km). De quoi mieux coller au caractère de la 7GT, souveraine sur autoroute mais pantouflarde en courbes.

Notre avis sur la Zeekr 7GT

La Zeekr 7GT est née chanceuse, car c’est un break. Et les breaks, ça me plaît déjà plus que les SUV. Les bons points s’empilent avec une auto se montrant particulièrement vaste, bien équipée, correctement tarifée, facile à recharger, très confortable et sérieusement présentée. Son ergonomie demeure en revanche difficile alors que le volume d’emport l’empêchera de bien digérer les bagages. Et en dépit de sa forte puissance, cette version n’a aucune acuité sportive en restant assez grasse à mener.

Entre sa recharge ultra-rapide et son ergonomie tout tactile parfois frustrante, la Zeekr 7GT est une voiture qui divise autant qu’elle impressionne. Et vous, seriez-vous prêt à faire des concessions sur l’ergonomie pour bénéficier d’une telle recharge ?

Zeekr 7gt (8)
© Thomas Kim pour 01Net

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Zeekr 7GT Privilege AWD Launch Edition

57 490 €
8

Verdict

8.0/10

Les plus

  • Le confort soigné
  • La recharge éclair
  • Le prix compétitif
  • L'habitacle accueillant

Les moins

  • La consommation élevée
  • La tenue de route mollassonne
  • L'ergonomie complexe
  • Le coffre restreint