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SpaceX : 100 tirs en 2026 et un booster Falcon 9 qui tutoie le record de la navette spatiale

SpaceX vient de franchir la barre des 100 lancements Falcon 9 cette année. Au-delà de la cadence industrielle, c’est la réutilisation d’un premier étage pour la 37e fois qui illustre le gouffre technique et économique creusé avec la concurrence.

Le 25 août dernier, le lanceur identifié sous le nom de code B1067 a décollé de Cape Canaveral avec 29 satellites Starlink à bord, avant de se poser huit minutes plus tard sur la barge A Shortfall of Gravitas.

Une routine apparente pour l’entreprise d’Elon Musk, à un détail près : ce même booster effectuait son 37e vol. Loin d’être cantonné aux tirs secondaires, ce premier étage a transporté des équipages vers l’ISS (Crew-3 et Crew-4), assuré deux ravitaillements de la station (CRS-22 et CRS-25) et placé en orbite des charges pour Eutelsat, Turksat ou Galileo.

Bientôt une place dans l’histoire

37 missions au compteur, et B1067 n’est plus qu’à deux vols du record absolu. Il appartient toujours à Discovery, l’orbiteur américain le plus sollicité de l’histoire de la navette spatiale, arrêté en 2011 après 39 missions.

Cette intensité de réutilisation pèse directement sur les prix. Falcon 9 amène aujourd’hui un kilo en orbite basse pour environ 2 720 dollars, contre 60 à 80 fois plus cher chez un concurrent consommable comme Vulcan Centaur. Blue Origin planche sur sa propre fusée réutilisable, Rocket Lab aussi, mais personne n’approche encore cette cadence.

Un exploit qui reste hors de portée de la concurrence chinoise

Le contraste tombe à point nommé. Le 19 août, la société chinoise LandSpace a récupéré pour la première fois le premier étage de sa fusée Zhuque-3 après un vol orbital, une première pour une entreprise privée du pays. Posé sur ses pieds dans le désert du Gansu, ce booster place LandSpace au troisième rang mondial des entreprises capables d’une récupération propulsive, derrière SpaceX et Blue Origin.

L’écart reste pourtant béant. Ce premier booster récupéré n’a volé qu’une fois, et LandSpace ne vise qu’un premier retest d’ici six mois. SpaceX, elle, aligne déjà 26 boosters actifs, plusieurs ayant largement dépassé la trentaine de vols. Elon Musk avait pourtant reconnu fin 2025 que l’architecture de Zhuque-3, inspirée de Falcon 9 et bâtie en acier inoxydable, pourrait un jour tenir tête à ses propres fusées. De son côté, l’Europe reste pour l’instant à l’écart de cette course à la réutilisabilité, Ariane 6 continuant de miser sur des lanceurs consommables plutôt que sur la récupération de ses étages.

Une cadence industrielle hors norme

25 tirs en 2020. Puis 31, 61, 96, 134, et 165 l’an dernier. La progression parle d’elle-même. Cette année, la barre des 100 tirs a été franchie en 231 jours à peine, deux mois plus vite qu’en 2024.

Le vrai goulot d’étranglement se situe désormais du côté des seconds étages, non réutilisables, que SpaceX sort d’usine à raison d’un exemplaire tous les 2,5 jours. Reste l’horizon Starship et ses 1 000 lancements annuels promis par Musk : un objectif qui, pour l’instant, tient plus du mirage que du calendrier.

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Source : Space.com


Thomas Estimbre