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Starlink : Elon Musk prépare une constellation XXL de 100 000 satellites (et l’objectif final est encore plus fou)

SpaceX dépose une demande auprès de la FCC pour lancer Starlink Gen 3. Une constellation de 100 000 satellites promettant des débits de plusieurs gigabits pour propulser l’ère de l’intelligence artificielle.

Starlink domine déjà outrageusement le ciel avec plus de 10 000 satellites actifs, mais Elon Musk ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Six mois seulement après avoir obtenu le feu vert des autorités américaines pour une mise à niveau de ses débits, le site PC Mag nous apprend que SpaceX passe à la vitesse supérieure. La firme a déposé une demande officielle auprès de la FCC (le régulateur américain des télécoms) pour déployer sa toute nouvelle constellation baptisée Gen 3. L’objectif affiché a de quoi donner le tournis puisque la firme ambitionne d’exploiter un réseau titanesque de 100 000 satellites en orbite basse.

Des débits multi-gigabits à très basse altitude

Pour les utilisateurs terrestres, cette troisième génération promet une véritable rupture technologique. En installant ses nouveaux appareils à une altitude extrêmement basse (à peine 323 kilomètres de la Terre contre 340 kilomètres actuellement), SpaceX garantit qu’une douzaine de satellites seront visibles en permanence depuis n’importe quel point du globe.

Cette ultra-densité permettra de router le trafic de manière dynamique pour éviter les interférences. À la clé, la promesse d’une latence réduite au minimum et, surtout, des débits qui dépasseront le gigabit pour atteindre des performances de « plusieurs gigabits ». De quoi transformer l’Internet par satellite en une alternative plus rapide que certaines connexions physiques en fibre optique, idéale pour désenclaver les zones blanches mondiales.

Le « système nerveux » de l’ère de l’intelligence artificielle

Si le confort des consommateurs reste un argument de vente, le véritable but de cette constellation XXL se cache ailleurs. Dans son dossier administratif, SpaceX écrit noir sur blanc que le système Gen 3 a été pensé pour devenir la colonne vertébrale de l’ère de l’intelligence artificielle. La firme anticipe l’explosion de milliards d’appareils connectés dépendants de l’IA (robotique personnelle, usines automatisées, télémédecine ou agriculture de précision).

Selon SpaceX, ces technologies exigent une capacité de liaison montante (uplink) colossale pour envoyer des flux de données audio et spatiaux en haute définition en temps réel. Pour alimenter ce réseau du futur, Elon Musk prévoit d’ailleurs de coupler Starlink à une autre constellation encore plus folle d’un million de centres de données spatiaux, regroupés sous la bannière de son laboratoire récemment rebaptisé SpaceXAI.

Une menace existentielle pour l’astronomie

Cette fuite en avant spatiale ne manquera pas de raviver les tensions avec la communauté scientifique et les défenseurs de l’environnement. Récemment, une étude de l’Observatoire européen austral (ESO) alertait déjà sur les risques majeurs que font peser les projets de serveurs orbitaux d’Elon Musk sur les grands télescopes terrestres, saturant les clichés d’astronomie de traînées lumineuses intermittentes. Les scientifiques réclament un plafond mondial strict fixé à 100 000 satellites au total, un seuil que SpaceX souhaite désormais atteindre à lui tout seul.

En attendant l’approbation de la FCC, SpaceX prévoit de lancer ses premiers satellites V3 dotés d’une connectivité gigabit dès la fin de l’année 2026. Reste à savoir si cette débauche de technologie se traduira par une nouvelle hausse des tarifs pour les quelque 12 millions d’abonnés de la plateforme, après l’introduction récente de frais de location de matériel obligatoires imposés aux nouveaux clients pour rentabiliser le réseau avant l’introduction en bourse de la division spatiale.

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