Le feuilleton des nomenclatures chez Dell a enfin pris fin. Après l’abandon temporaire de la marque XPS au profit de l’appellation Dell 16 Premium en 2025, le constructeur texan fait machine arrière sous la pression des utilisateurs et ressuscite son blason historique.
Ce Dell XPS 16 (2026), porteur de la référence DA16260, est une réinterprétation complète de l’ordinateur portable grand format. En adoptant les puces Intel Core Ultra de série 3 gravées en Intel 18A, Dell fait le pari d’une machine plus légère, silencieuse et endurante. Reste à savoir si ce superbe écrin de verre et de métal justifie un positionnement tarifaire résolument élitiste.
Design et ergonomie
Visuellement, le Dell XPS 16 (2026) se détache radicalement de la production Windows classique. Son châssis est intégralement façonné à partir d’éléments en aluminium usiné, garantissant une très bonne rigidité. Aucun craquement ne se fait entendre et l’assemblage affiche des tolérances physiques très confortables. Le revêtement mat de la coque extérieure s’avère particulièrement résistant aux traces de doigts.

L’ouverture à une main s’effectue sans la moindre difficulté grâce à une répartition des masses idéalement calibrée et à deux longues bandes en caoutchouc adhérentes placées sous le châssis. Attention tout de même à la poussière, elle peut réduire l’efficacité de cette accroche.
Ses dimensions de 353 x 237 mm en font l’un des 16 pouces les plus compacts du marché, surclassant le MacBook Pro 16 sur le plan de la compacité.
Le poids de la machine subit une cure d’amincissement : il chute à 1,65 kg (contre plus de 2,2 kg pour l’ancienne génération Premium équipée d’un GPU NVIDIA), tandis que la finesse se stabilise à seulement 1,46 cm. Sur ce terrain, chez la concurrence Windows, deux trublions lui tiennent tête : l’Asus Zenbook S16 et le Samsung Galaxy Book 6 Pro, tous deux plus légers (1,5 kg et 1,59 kg) et plus fins (1,1 cm et 1 cm).

Point noir, malgré un plus gros embonpoint que ces deux-là, le Dell XPS 16 présente une connectique plus famélique. Dell applique une politique stricte du « tout USB-C ». On dénombre seulement trois ports USB-C Thunderbolt 4 (deux à gauche, un à droite) et une prise jack 3,5 mm. Aucune sortie HDMI directe et, plus regrettable encore pour un PC ciblant les créateurs, aucun lecteur de cartes SD ou microSD n’est intégré.
À l’intérieur, le repose-poignets est entièrement recouvert de verre Gorilla Glass 3, intégrant un pavé tactile haptique presque invisible et fondu dans la masse. Contrairement au modèle de 2025, Dell a eu la bonne idée d’intégrer de subtiles démarcations gravées pour signaler les limites physiques du trackpad, ce qui élimine toute confusion à l’usage.

Le confort du clavier est excellent, mais nécessite un temps d’adaptation. Dell emploie un design sans quadrillage avec des touches extralarges sans espacement. De prime abord, on peut rapidement se tromper entre deux touches, d’autant plus que le retour tactile n’est pas très prononcé. Pour autant, après quelques heures d’accoutumance, la frappe est correcte, dynamique et silencieuse.

On salue le retour salvateur d’une rangée de touches de fonction physiques (F1-F12), abandonnant la barre capacitive lumineuse du Dell Premium 16, peu pratique. La disposition fait l’impasse sur le pavé numérique pour privilégier un clavier parfaitement centré, encadré par de larges grilles de ventilation.
Enfin, l’écran est tactile. Il répond très bien, laissant une petite traînée derrière le doigt pour marquer sa compréhension de la commande. En outre, la couche tactile est totalement invisible à l’œil nu, évitant l’effet de grain constaté sur les anciennes générations. Son contour est plutôt fin, mais irrégulier. Plus large en haut, il embarque une webcam HDR de 8 MP capable de filmer en 1080p. Elle est compatible Windows Hello, lequel déverouille l’ordinateur même dans le noir.
Écran
Dell propose deux options d’affichage pour son XPS 16. Notre modèle d’essai embarque la configuration reine : une dalle Tandem OLED de 16 pouces affichant une définition de 3200 x 2000 pixels (format 16:10) et une résolution de 236 ppp. Des données peut-être un poil trop élevées pour cette diagonale, tout du moins pour ceux qui n’ont pas une vue parfaite. Ceux-là auront recours à l’outil zoom de Windows.

Le taux de rafraîchissement est adaptatif et oscille de 20 à 120 Hz pour fluidifier les défilements tout en préservant l’énergie sur les images fixes.
Attaquons-nous aux performances de la dalle. On évince rapidement le contraste. Puisque l’on est ici sur une dalle Oled, il est virtuellement infini grâce à l’extinction complète des pixels OLED, garantissant une très bonne profondeur du noir.
Concernant la luminosité, c’est une promesse tenue. Dell avance 400 cd/m² sur son modèle Oled et nous avons mesuré un pic lumineux à à 396 cd/m² en SDR et 397 cd/m² en HDR. La technologie Tandem ne doit pas être étrangère à ce bon résultat. Son principe est de superposer deux couches de diodes organiques pour maximiser l’efficacité lumineuse.
Attention, cela reste plus bas que du LCD. Une utilisation en extérieur sous un beau soleil pourra demander de chercher de l’ombre. Le traitement antireflet de la vitre brillante Corning Gorilla Glass Victus est un vrai plus et s’avère très utile en intérieur.
Pour ce qui est de la gestion de la colorimétrie, nos mesures sont plus contrastées. La fidélité des couleurs brute (Delta E 2000) s’établit à 5,5 en sRGB et 4,1 en P3 avec le profil d’usine unique en SDR. Des valeurs qui traduisent une dérive chromatique visible et des teintes légèrement saturées en sortie de boîte. Dommage puisque l’échelle des gris est plutôt bonne avec un Delta E 2000 mesuré à 1,8.
Même son de cloche en HDR avec des couleurs plutôt fidèles sur le Delta E ITP et des niveaux de gris encore plus satisfaisants. Dernier point sur la balance des blancs. Celle-ci affiche une température de 6338 K, un brin trop chaude par rapport à la norme idéale de 6500 K.
Bref, pour un ordinateur typé professionnel, ce n’est pas catastrophique. Le SDR conviendra pour l’usage bureautique et s’il s’agit d’éditer des photos ou de monter des vidéos, alors on bascule souvent en HDR, lequel est convenable.
Webcam
La bordure supérieure du Dell XPS 16 intègre un capteur de 8 mégapixels capable de capturer des vidéos jusqu’en 1440p (Quad HD) et des photos en 4K.

Cette webcam s’accompagne d’un capteur infrarouge (IR) dédié à la reconnaissance faciale Windows Hello. Celle-ci fonctionne rapidement pour le déverrouillage et la validation des mots de passe, par exemple.
En revanche, l’ordinateur est dénué de lecteur d’empreintes digitales. Plus gênant, Dell n’a intégré aucun obturateur physique de confidentialité pour masquer mécaniquement l’objectif. L’extinction de la caméra repose uniquement sur une désactivation logicielle.
La qualité d’image offerte est supérieure à la moyenne des webcams d’ordinateurs portables. Le piqué de l’image est précis, l’exposition reste stable et la gestion du bruit numérique en faible luminosité est maîtrisée. Le champ de vision s’avère assez large.
Grâce au NPU du processeur Intel Panther Lake, la webcam exploite les fonctions Windows Studio Effects. Ces outils gèrent le flou d’arrière-plan, le cadrage automatique de l’utilisateur et la correction du regard en temps réel sans surcharger le processeur principal.
Performances
Sous le capot, Dell inaugure fièrement l’architecture Intel Panther Lake Core Ultra de série 3. Notre modèle intègre le processeur Intel Core Ultra X7 358H, une puce à 16 cœurs dotée de 4 cœurs Performance, 8 cœurs Efficaces et 4 cœurs Low-Power. Elle est ici associée à 32 Go de mémoire vive LPDDR5X cadencée à 9600 MT/s pour maximiser la bande passante de la partie graphique.

En usage réel, le multitâche, la bureautique lourde et la création légère ne posent aucun problème. Tout s’exécute avec une grande réactivité. Confronté au Samsung Galaxy Book6 Pro équipé de la même puce, le Dell XPS 16 le dépasse d’une petite tête en performances pures. On est ici sur la crème de la crème des processeurs.
Sur notre boucle de stress Cinebench, le score Multi-Core subit une baisse d’environ 15% après les premières minutes en raison du throttling thermique appliqué par le châssis ultra-fin pour maintenir le silence. Le SSD NVMe PCIe 4.0 signé Kioxia s’en sort avec les honneurs en affichant 5232 Mo/s en lecture et 4522 Mo/s en écriture.
La grande nouveauté réside dans l’iGPU Intel Arc B390 (architecture Xe3 avec 12 cœurs). Cet iGPU surclasse largement les solutions graphiques intégrées d’ancienne génération.
Nos mesures au laboratoire confirment des scores synthétiques de bon niveau pour un circuit intégré. Sur 3DMark Time Spy, le score graphique atteint 6 915 points, tandis que le test 3DMark Steel Nomad affiche 1 602 points. Sur Unigine Superposition 1080p Medium, la machine enregistre 10 531 points.
En pratique, l’exécution de jeux en définition native 3,2K (3200 x 2000 pixels) s’avère trop exigeante pour des titres gourmands. Le passage à une définition Full HD (1920 x 1080 pixels) ou 1200p est indispensable pour obtenir une bonne fluidité. Sur Shadow of the Tomb Raider en Full HD avec les graphismes réglés sur « Bas », le débit moyen grimpe à 110,6 ips. En poussant les réglages sur « Ultra », la fréquence d’affichage se maintient à un niveau confortable de 68,9 ips.

Sur des productions plus récentes et complexes comme Cyberpunk 2077, l’iGPU montre ses limites. En Full HD avec le profil « Bas », le jeu tourne à 78,2 ips. Avec le réglage « Ultra », le compteur tombe à 47,4 ips. L’activation du Ray Tracing fait effondrer les performances à seulement 17 ips, rendant le titre injouable en Full HD. L’utilisation de la technologie de mise à l’échelle Intel XeSS permet de regagner une certaine fluidité sur les jeux compatibles, mais au prix de légers artefacts visuels.

Attention tout de même, les bonnes prestations de cet iGPU ne font pour autant pas oublier les performances ultimes de la RTX 5070 qui équipait le Dell 16 Premium de l’an dernier. La différence entre les deux est très marquée et il faut compter sur un usage bien plus sage avec la puce d’Intel.
Néanmoins, l’Arc B390 sert un objectif différent. Son intérêt réside dans sa consommation énergétique très réduite : il tourne à seulement 15 W, contre 60 à 250 W pour une RTX 5070 selon la version, ce qui se traduit par une autonomie nettement supérieure. De plus, il s’agit d’un GPU intégré directement au processeur et donc il n’ajoute aucun poids, aucune chaleur ni bruit de ventilateur supplémentaires.
Logiciel et fonctions
Le Dell XPS 16 (2026) est livré par défaut sous Windows 11 Famille. Sur un ordinateur portable vendu plus de 2800 euros et ciblant la création et la productivité, le choix d’omettre la licence Windows 11 Pro est incompréhensible. Il faut repasser à la caisse, ce qui est agaçant.
De plus, la configuration d’usine est inutilement encombrée. Dell persiste à préinstaller des logiciels en version d’essai comme l’antivirus McAfee Premium. Plus étonnant, l’application Dolby Access indispensable pour personnaliser l’égalisation audio n’est pas installée d’usine et nécessite un téléchargement manuel depuis le Windows Store.

Grâce au processeur Intel Panther Lake et à son NPU, le XPS 16 bénéficie du label Copilot+ PC. La suite d’outils d’intelligence artificielle de Microsoft est fonctionnelle. On retrouve les Windows Studio Effects (flou d’arrière-plan, cadrage automatique), les sous-titres en direct Live Captions et l’outil de recherche Recall. À l’usage ça reste plus gadget qu’autre chose.

Dell XPS 16 2026 © ElR – 01netCôté outils constructeur, Dell regroupe ses paramètres au sein de la suite Dell Optimizer. Cet utilitaire sert de panneau de contrôle centralisé. Il permet de basculer entre quatre modes de fonctionnement thermique et acoustique : Optimisé (sélectionné par défaut), Frais, Silencieux et Performances ultra.
L’application intègre aussi un dispositif d’économie d’énergie. Quand la batterie est faible, il peut ajuster intelligemment le processeur, la luminosité, le rétroéclairage du clavier, la définition et même la qualité audio pour maximiser l’autonomie.
Bruit et chauffe
C’est le domaine où la stratégie du tout intégré d’Intel prend tout son sens. En éliminant la carte graphique dédiée et ses besoins de dissipation dantesques, Dell livre une machine d’un calme olympien. Au repos ou lors de tâches de bureautique classiques, le XPS 16 fonctionne de manière totalement passive. Le niveau sonore mesuré par notre laboratoire s’établit à 28 dB, ce qui correspond à un silence absolu.

En pleine charge, lorsque le processeur est sollicité au maximum, le système de refroidissement actif prend le relais. Le niveau sonore maximal atteint 41 dB lors de nos tests. Le souffle généré reste grave et feutré, sans sifflement aigu désagréable, ce qui en fait l’un des ordinateurs de 16 pouces les plus discrets de sa catégorie.
La solution thermique montre toutefois des limites physiques. Dell utilise un système compact classique sans chambre à vapeur. Pour éviter la surchauffe, le fabricant applique un bridage thermique assez marqué. Les cœurs de la CPU grimpent à 90°C sur de courtes périodes avant que l’enveloppe thermique ne soit réduite pour stabiliser le composant. Les fréquences d’horloge chutent en conséquence et les performances avec.
Quant à la gestion des températures de surface, elle est parfaitement maîtrisée. Le repose-mains en verre reste d’une fraîcheur absolue avec une température maximale de 28,3°C. Sous le châssis, la température culmine à 43,5°C près de la charnière d’évacuation, rendant l’utilisation sur les genoux parfaitement viable en usage classique.
Audio
L’équipement audio du XPS 16 se positionne au sommet de l’écosystème Windows et rivalise sans trembler avec les systèmes des MacBook Pro de même diagonale. Dell s’éloigne des puces audio génériques au profit de composants Cirrus Logic.
Le système s’appuie sur quatre haut-parleurs délivrant une puissance globale de 10 W. Cet équipement associe deux haut-parleurs principaux à deux tweeters de 2 W. Contrairement au modèle Dell 16 Premium où les grilles flanquaient le clavier, la diffusion s’effectue désormais de manière plus discrète à travers le clavier et la bordure avant du châssis.

Le rendu audio offre une belle dynamique et une scène sonore large. Les médiums et les aigus sont restitués avec précision sans devenir criards, même à un niveau sonore élevé. Les basses offrent un impact appréciable pour un châssis aussi fin, mais montrent leurs limites sous la barre des 100 Hz.
Autonomie et charge
En renonçant aux cartes graphiques dédiées au profit du circuit intégré Intel Arc B390 et en adoptant l’architecture Intel Panther Lake, le Dell XPS 16 (2026) cherche avant tout à maximiser son efficacité énergétique. Aux manettes, une batterie de 70 Wh.
Au laboratoire, soumis au protocole de test d’autonomie en usage mixte, l’ordinateur portable a résisté pendant 10 heures, 26 minutes et 23 secondes. Ce résultat s’avère correct pour un écran OLED de 16 pouces affichant une définition 3,2K (3200 x 2000 pixels). Toutefois, ce score est bien moins bon que d’autres machines de 16 pouces commercialisées cette année.

À titre de comparaison, ASUS ExpertBook Ultra et MacBook Pro M5 sont dans un mouchoir de poche à plus de 13 heures sur notre test. Le mieux reste le Samsung Galaxy Book6 Pro, également propulsé par la puce Intel Core Ultra X7 358H, mais équipé d’une batterie de 78 Wh. Lui frôle les 20 heures en bureautique et dépasse les 15 heures en usage soutenu.
Le problème ici, c’est que Dell a réemployé la même batterie de 70 Wh que sur son modèle XPS 14 de plus petit format. De plus, le choix de la dalle Tandem OLED haute résolution pèse lourdement sur la consommation par rapport à la version IPS de base. Lors de sessions de travail intensives avec la luminosité réglée au maximum, l’autonomie réelle peut encore chuter.
Pour la recharge, Dell fournit un bloc d’alimentation USB-C compact de 100 W. La puissance de charge moyenne mesurée par nos soins s’établit à 45 W, avec un pic de puissance s’élevant à 70 W. La charge s’effectue via n’importe lequel des trois ports Thunderbolt 4 disponibles sur les flancs du châssis. Une session de recharge de 10 minutes permet de retrouver 16 % de batterie. Le temps nécessaire pour effectuer une recharge complète à 100 % s’élève à 1 heure et 55 minutes.
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