MOVA n’est pas franchement un nom qu’on associe spontanément à l’énergie solaire. La marque s’est bâtie une réputation sur ses robots aspirateurs, ses tondeuses robotisées et une gamme de petit électroménager plutôt tournée grand public. Avec la LumeGret A4000, elle s’invite pourtant sur un segment déjà disputé, celui des batteries solaires domestiques tout-en-un, aux côtés de Zendure, Anker Solix, EcoFlow ou Jackery. L’appareil a été présenté à Hambourg au printemps 2026, avec un déploiement européen annoncé pour le deuxième trimestre.
Ce nouvel entrant sur le marché de la batterie solaire domestique méritait qu’on s’y attarde, ne serait-ce que par curiosité : que vaut la première tentative d’un fabricant connu jusqu’ici pour ses robots aspirateurs et ses tondeuses robotisées ? Comme bon nombre de ses concurrents, la promesse de MOVA est de simplifier au maximum l’installation en intégrant micro-onduleur hybride, contrôleur de charge solaire et batterie dans un seul boîtier. L’idée reste de se démarquer d’une installation solaire classique qui multiplie les composants séparés.
Prix et disponibilité
Le système solaire MOVA LumeGret A4000 s’affiche à 1 699 euros et la batterie d’extension LumeGret B4000 à 1 299 euros.
Au moment de la publication de ce test, le constructeur propose 350 euros de remise sur le système solaire A400. Le prix passe à 1 349 euros tandis que la batterie d’extension perd 100 euros pour s’afficher à 1 199 euros.
Conception et installation
À l’ouverture du carton, la première impression est sans appel : la LumeGret A4000 est une machine imposante, et son module d’extension ne l’est pas moins.

L’emballage et la qualité de fabrication laissent en revanche une bonne impression générale, même si certains détails se révèlent moins soignés, comme l’absence de patins pour protéger les batteries.
MOVA opte pour un design relativement simple faisant la part belle à de grandes bandes LEDs. On a vu des systèmes plus élégants, mais l’essentiel est là.
Un poids qui impose ses conditions, mais à relativiser
MOVA revendique une installation plus simple qu’un système de stockage résidentiel classique, l’appareil intégrant d’origine le micro-onduleur, le contrôleur MPPT et la batterie. Sur le papier, l’argument tient. Dans les faits, le gabarit de l’unité centrale change la donne : l’unité principale mesure 493 x 305 x 295 mm pour un poids net de 48 kg, et le module d’extension B4000 pèse à lui seul 40 kg (27 kg pour le B2000, plus petit). De notre côté, la manipulation en solo s’est révélée difficile, voire impossible une fois l’appareil sorti de son carton. En effet, les poignées manquent un peu de profondeur pour rendre la manipulation aisée.

Ce poids doit toutefois se lire à l’aune du positionnement de l’appareil. Avec une capacité de base de 4 kWh, la LumeGret A4000 ne joue pas dans la même catégorie qu’une batterie de balcon légère comme la LumeGret A2000 (1,92 kWh) : elle vise d’emblée la maison individuelle plutôt que le balcon d’appartement, et se compare davantage à des modèles comme l’Anker Solix Solarbank 4 E5000 Pro (5 kWh, 50 kg), qui affiche un gabarit tout aussi conséquent. Le constat reste néanmoins clair : cette batterie n’a pas vocation à être déplacée facilement une fois installée, et on vous conseille d’être au moins deux pour l’installer.
Côté installation proprement dite, rien à signaler de particulier par rapport aux autres modèles du marché sur la fixation et le câblage : nous avons raccordé l’appareil à 4 panneaux solaires sans difficulté notable.
Une mise en service qui s’est grippée
L’appareil se pilote via l’application MOVAhome, disponible sur iOS et Android. L’appairage Bluetooth/Wi-Fi s’est révélé compliqué : la connexion a fonctionné une première fois, avant de devenir totalement impossible par la suite, sans raison identifiée. Il a fallu solliciter le support MOVA, qui nous a aidés à distance à reconnecter l’application. Ce dernier a pu rapidement identifier le problème et le solutionner.
Un premier accroc qui donne le ton sur l’expérience logicielle : l’application MOVAhome n’est pas dédiée au solaire, elle est partagée avec l’ensemble du catalogue MOVA (aspirateurs, tondeuses, etc.), et elle affiche des notes plutôt mauvaises sur les stores Apple et Google. Nous y reviendrons plus en détail dans la partie consacrée à l’application.
Performances et efficacité
MOVA annonce une efficacité MPPT pouvant atteindre 99 %, un chiffre à ne pas confondre avec le rendement global de l’onduleur, qui s’établit à 92,8 % selon la fiche technique officielle : les deux valeurs ne mesurent pas la même chose, la première concernant uniquement la qualité de la recherche du point de puissance maximale sur l’entrée solaire, la seconde la conversion effective de l’énergie stockée. Le système accepte jusqu’à 3 600 W de puissance photovoltaïque en entrée sur 4 trackers MPPT indépendants, pour une conversion MPPT plafonnée à 2 800 W, soit de quoi exploiter jusqu’à huit panneaux de 450 W.

Sur la seule phase de décharge, le rendement dépasse 90 %, un chiffre très proche des 92,8 % annoncés pour l’onduleur : l’électronique de conversion fait donc bien son travail. En revanche, le rendement aller-retour global chute à environ 78 % en usage réel. Cet écart s’explique par la somme des pertes inhérentes au fonctionnement complet du système : le BMS (système de gestion de la batterie), l’équilibrage des cellules LFP, la conversion thermique, l’auto-chauffage, et une consommation en veille mesurée à environ 5 W en moyenne nécessaire au maintien de la liaison Wi-Fi et de l’électronique de contrôle.
Testée dans le sud de la France, la batterie a traversé plusieurs épisodes caniculaires. Elle est régulièrement montée en température de façon notable, s’approchant de ses limites de fonctionnement pour frôler la mise en sécurité thermique. Cela n’a posé aucun problème de fonctionnement, mais il faut en tenir compte au moment de choisir l’emplacement de la batterie et privilégier un endroit vraiment ombragé. Un léger bruit de ventilateur peut être perceptible, sans jamais se montrer gênant à l’usage.
Puissance et installation électrique
La sortie AC atteint 800 W en usage raccordé au réseau standard et jusqu’à 2 500 W annoncés, avec une charge AC batterie plafonnée à 2 000 W. En secours hors réseau, MOVA annonce un basculement instantané avec une puissance disponible allant jusqu’à 2 500 W. Le déverrouillage de la pleine puissance nécessiterait, comme chez la concurrence, une évaluation par un électricien qualifié et un raccordement conforme au tableau électrique.
Durant notre période de test, nous avons pu simuler une coupure de courant et le mode secours a pu prendre le relais sans coupure sur des appareils sensibles.
Batterie et modularité
La LumeGret A4000 embarque une batterie LiFePO4 d’une capacité de base de 4,02 kWh, extensible jusqu’à 20 kWh via des modules B4000 empilables (4 modules supplémentaires maximum). MOVA annonce jusqu’à 10 000 cycles de charge et une durée de vie théorique de 20 ans, avec un indice de protection IP65 pour une utilisation extérieure.

Notre configuration de test s’est limitée à l’unité de base associée à un module B4000, portant la capacité totale à 8 kWh.
Application et gestion intelligente de l’énergie
MOVAhome, le centre de contrôle
L’application permet de suivre en temps réel la production solaire, l’état de la batterie, la consommation du foyer et les flux réseau, avec un pilotage à distance des modes de fonctionnement. Une fois la connexion rétablie, aucune coupure n’est survenue durant la période de test, mais quelques ralentissements se sont fait sentir. Sur le fond, l’application est plutôt riche en informations, mais l’ensemble reste assez fouillis, avec des menus nombreux qui ne facilitent pas le paramétrage, et des passages non traduits en français par endroits.
Pour les passionnés voulant intégrer la batterie à des architectures ouvertes comme Home Assistant, MOVA travaille sur la question. Toutefois, l’intégration ne devrait se faire que dans quelques mois.
LumeGret Orbit, l’arbitrage par IA
Cette couche logicielle croise les prévisions météo locales et les signaux tarifaires de plus de 840 fournisseurs d’électricité pour recharger la batterie aux heures creuses et la décharger aux heures pleines. MOVA revendique un taux d’autoconsommation solaire d’environ 79 % en usage standard, pouvant s’approcher de 100 % lorsque la recharge de véhicule électrique dynamique est activée. Cette fonction nécessitant le Smart Meter fourni par MOVA, non installé durant ce test, nous avons dû nous contenter du mode personnalisé, sans arbitrage IA actif.

Ce mode manuel a tout de même permis de faire remonter des chiffres intéressants. Sur l’ensemble de la période de test, l’application a affiché un taux d’autosuffisance de 100 %, sans aucun renvoi vers le réseau. Un résultat évidemment propre à notre configuration (dimensionnement de l’installation solaire, consommation du foyer) et à prendre avec la prudence qui s’impose en l’absence d’arbitrage intelligent, mais qui témoigne d’ores et déjà d’une bonne capacité du système à absorber la production solaire disponible, même sans la couche logicielle la plus avancée.
Le système prend également en charge la recharge de véhicule électrique, jusqu’à 3,6 kW en adaptant en temps réel la puissance délivrée selon la production solaire et l’état de la batterie.
Tarifs et configurations
Pour une configuration de base (4 kWh), le rapport prix/capacité se situe autour de 300 à 335 €/kWh au tarif plein. MOVA met en avant un retour sur investissement de 2 à 3 ans et des économies annuelles pouvant dépasser 1 000 €, une estimation qui dépendra fortement de la configuration solaire associée, du contrat d’électricité souscrit et des habitudes de consommation du foyer.
Le positionnement tarifaire reste néanmoins compétitif, d’autant que l’appareil fait régulièrement l’objet de promotions qui font significativement baisser la facture par rapport au prix affiché.
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