Sur le marché des robots tondeuses, Mammotion n’a pas encore autant pignon sur rue que des marques comme Navimow, Ecovacs ou Dreame. Pourtant, cette jeune marque chinoise fondée en 2022 commence, saison après saison, à se tailler une place. Son catalogue reste toutefois beaucoup plus resserré que celui de certains concurrents. Pour ne prendre qu’un exemple, Navimow a dévoilé en 2026 pas moins de 17 références réparties sur cinq séries.
De son côté, Mammotion se contente de sept modèles principaux pour sa nouvelle cuvée 2026, toujours articulés autour de deux familles, les Luba et les Yuka. Les premiers misent notamment sur une transmission intégrale pour s’attaquer aux terrains très pentus. Les seconds visent davantage les jardins résidentiels, avec des modèles plus légers, taillés pour se glisser dans les jardins morcelés.
Notre larron du jour, le Yuka Mini 2 1000, trône justement au sommet de cette seconde famille. En plus de son LiDAR à 360 degrés et de ses deux caméras, ce robot mise sur un gabarit ramassé pour circuler vite, négocier les passages serrés et accéder aux recoins sans multiplier les manœuvres. Une formule facturée 1 299 euros, avec la promesse d’entretenir jusqu’à 1 000 m².
Seulement, chez un robot tondeuse, petit gabarit et grande agilité impliquent souvent quelques concessions sur le rendement. Est-ce également le cas ici, notamment en matière de qualité de tonte et d’autonomie ? Pour le savoir, nous avons soumis le Yuka Mini 2 1000 à un essai au long cours, d’avril à fin juillet.
Une silhouette à part et une carte dressée sans effort
Nous l’évoquions dans notre test du Navimow i208, les robots tondeuses se ressemblent très souvent comme deux gouttes d’eau. Des blocs ovoïdes, massifs, presque toujours sombres. Mammotion est un des rares constructeurs à ne pas entrer dans ce rang.
Le Yuka Mini 2 le prouve avec sa carrosserie blanche et élancée. L’avant s’arrondit, tandis que l’arrière se resserre sur des roues crantées débordant du châssis. Même le bouton rouge Stop troque sa forme rectangulaire contre un hexagone.

D’autant que cette silhouette tient dans un mouchoir de poche, 52 x 41 x 28 cm pour à peine 11 kg. À titre de comparaison, le Navimow i208 mesure 63,5 x 44,5 x 28,8 cm et frôle les 15 kg. Malgré cette taille contenue, la qualité de fabrication est excellente. Les panneaux sont épais et la coque parfaitement ajustée. Par ailleurs, une poignée moulée facilite les rares déplacements à la main.
Sans fil périphérique ni antenne RTK, l’installation se fait rapidement. Une station de charge à visser, une connexion Bluetooth, puis Wi-Fi et le robot est prêt à prendre le pouls du terrain. Deux méthodes s’offrent alors à vous. La manuelle, au joystick, où l’on téléguide le robot le long des limites. Et l’automatique, où le robot relève seul les contours, LiDAR à l’appui.

Cette seconde approche équipe les robots les plus récents. Nous ne la conseillons pourtant pas systématiquement. La technologie n’est pas toujours au point et suppose surtout un terrain dégagé et aux contours francs. Notre parcelle d’essai de 344 m² était loin du compte. D’un côté, un parking en gravier, de l’autre une longue ligne tordue, frangée de végétation. Le Yuka nous a pourtant surpris. Il a tracé l’ensemble avec justesse, ne réclamant que quelques retouches après coup.

Une fois la carte dressée, elle se peaufine avec des fonctions désormais classiques. Des zones interdites pour protéger les massifs, des clôtures virtuelles pour empêcher le robot de franchir une limite et des corridors pour relier deux bouts de pelouse sans faucher entre les deux.
Sous les arbres comme de nuit, le LiDAR garde le cap
Dans la famille Yuka, le Mini 2 ouvre le bal du LiDAR. Ses aînés s’en remettaient au NetRTK, un guidage satellite qui réclame une connexion internet permanente pour rester précis. Ici, c’est un dôme LiDAR rotatif qui coiffe le capot. Il scrute les alentours sur 360 degrés, jusqu’à 60 mètres. Deux caméras 1080p pour jauger les abords sur de courtes distances viennent lui prêter main-forte.

Et ce duo fait mouche. Sous nos arbres comme le long des murs, deux configurations qui désarçonnent le positionnement satellite, le Yuka a toujours su garder la tête froide. Même sérénité face aux obstacles, qu’ils soient permanents ou improvisés, à l’image d’une chaise de terrasse déplacée sur l’herbe ou d’un tuyau d’arrosage dépassant légèrement dans sa zone de tonte. Le robot les a esquivés à chaque fois, y compris les plus bas, ceux qui se confondent presque avec la pelouse.
Le meilleur exemple reste toutefois cette seconde zone que nous avons reliée à notre parcelle principale. Pour l’atteindre, il faut suivre un chemin de terre fin, coiffé de branchages qui pendent bas. Un décor où bien des robots ont par le passé déclaré forfait. Certains jugeant le passage trop étroit, d’autres prenant les branches pour des obstacles infranchissables. Le Yuka Mini 2 s’y est engagé sans mal, enchaînant les allers-retours au fil des tontes.

Enfin, le LiDAR n’est pas gêné par l’obscurité, puisqu’il repose sur un balayage laser. Les caméras, elles, ont davantage besoin d’aide. Mammotion a donc eu la bonne idée de les épauler avec un bandeau de trois LED. Ce dernier s’allume seul à la tombée du jour ou à la demande depuis l’application. Un éclairage loin d’être généralisé chez les robots tondeuses et bien pratique pour les tontes nocturnes.
Agile dans les recoins, moins à l’aise sur les pentes
Retourné sur le dos comme une tortue, le Yuka Mini 2 dévoile ses deux roues crantées arrière et ses deux roues libres à l’avant. Une configuration somme toute classique. C’est ici que son gabarit de minot fait mouche. Il lui permet de se glisser là où d’autres robots plus imposants sont à la peine.

Dans un jardin morcelé, le Yuka Mini 2 enchaîne les volte-face sans élan et va débusquer l’herbe dans les angles morts. Même nos zones interdites aux formes tordues ont été contournées avec justesse, au ras de notre tracé.

Cependant, cette dextérité montre ses limites sur les fortes pentes. Les 45 % annoncés par la marque semblent un brin optimistes. Sur le talus le plus incliné de notre terrain, qui remonte vers la terrasse, le robot a parfois calé. Il lui est arrivé de patiner et de chercher l’appui. À chaque fois, il a réussi à s’en extraire, mais au prix d’un peu de temps.

Rien de bloquant pour autant. Sur quatre mois d’essai, il n’a fallu lui donner un coup de pouce que trois ou quatre fois. Toujours au même endroit, au pied d’un vieux saule aux racines saillantes. Pour un jardin vraiment escarpé, mieux vaut lorgner vers la famille Luba et sa transmission intégrale.
Une application généreuse, mais un module 4G en option
L’application Mammotion a le mérite de ne pas être labyrinthique et ses nombreuses options se trouvent facilement. Bonne nouvelle, le Yuka Mini 2 autorise un retour vidéo en direct. Chose qui n’est pas toujours le cas, bien que les robots soient tous équipés de caméras. Une fonctionnalité utile pour garder un œil sur son jardin ou lorsqu’une notification d’incident est envoyée.

Il est alors possible de visualiser la scène et si besoin de prendre le relais via les joysticks virtuels pour tenter de résoudre le problème. C’est aussi ici que le bandeau de LED prend tout son sens, puisqu’il autorise les patrouilles de nuit. Néanmoins, aucune photo n’est capturée automatiquement en cas de détection de mouvement, contrairement à ce que proposent certains concurrents, notamment Mova.
Ce confort vidéo dépend en revanche entièrement du Wi-Fi domestique. Dès que le robot s’éloigne trop, le flux devient indisponible. Deux solutions s’offrent alors à vous. Étendre la couverture avec des répéteurs ou investir dans le module 4G optionnel (99 euros) de Mammotion. Ce dernier affranchit le robot du Wi-Fi de la maison et débloque son pilotage où que vous soyez.

De quoi lancer une tonte depuis l’extérieur de chez vous, loin de votre box, ou localiser le robot en cas de vol. Mammotion inclut trois ans de service, puis le facture 50 euros par an. Un tarif que nous jugeons un poil élevé. De son côté, Segway intègre la 4 G d’office sur sa famille Navimow i2, avec une trentaine d’euros annuels une fois la première année écoulée.
Le reste des réglages ne déçoit pas. Espacement des passages de 8 à 12 centimètres, angle des bandes, nombre de tours de périmètre, sensibilité de la détection d’obstacles sur trois crans. Chaque zone accepte ses propres paramètres, de quoi traiter le devant de la maison autrement que la parcelle du fond.

Une seule commande échappe à ce festival. La hauteur de coupe se règle uniquement à la main, via la molette du capot. Impossible donc de relever les lames à distance avant un coup de chaud ni de varier la coupe d’une zone à l’autre. Ce qui est très étonnant de ce prix.
Une tonte régulière et nette, sauf sur les bords
C’était l’une de nos plus grandes craintes. Est-ce que le petit format du Yuka Mini 2 se paie au moment de la tonte ? La réponse nécessite une certaine nuance. Tout d’abord son plateau, équipé de cinq lames pivotantes, jouit d’une largeur assez réduite. Environ 19 centimètres de diamètre, là où la concurrence offre au minimum 22 cm. Résultat, à surface équivalente, il lui faut davantage de passages.

Les bordures gâchent également un peu le tableau. Le plateau étant centré sous le châssis, sans déport, une bande d’herbe survit toujours le long des murs et des clôtures. Mammotion a tout de même prévu une parade logicielle. L’application décale la trajectoire du robot vers l’extérieur, par paliers valant chacun un quart de sa largeur, jusqu’à le faire rouler sur la limite elle-même. Le procédé fonctionne uniquement lorsque la bordure est de plain-pied, par exemple une terrasse au même niveau que la pelouse.

Face à un obstacle vertical, comme un grillage ou une marche, ces réglages ne feront pas de miracle. En fonction de ces typologies, il restera donc de 10 à 20 centimètres à reprendre soi-même. Un écart conforme à la moyenne des robots dépourvus de second disque ou de solution dédiée, à l’image du coupe-bordure à fil de l’Ecovacs Goat O1200.

Cette faible largeur de coupe est heureusement compensée en partie par sa vivacité. Le robot tond par défaut à 0,3 m/s, une allure classique, mais le curseur peut grimper jusqu’à 0,6 m/s. Loin d’être universelle, cette gestion de la vitesse augmente sa cadence et s’avère appréciable lorsqu’une zone réduite réclame un coup de propre rapide.
Quant au reste, l’herbe ressort uniformément rasée, sans épi oublié. Aucune zone n’est laissée de côté, le robot revenant en fin de cycle sur les portions délaissées en chemin.
DropMow, une fonction exclusive pour les zones isolées
Nouveauté de la génération 2026, déployée sur les Luba comme sur les Yuka, le mode DropMow reste une coquetterie introuvable chez les concurrents directs de Mammotion. Il autorise le robot à tondre dans une zone qui n’est pas cartographiée.
Pour cela, déplacez à la main le Yuka Mini 2 jusqu’à la zone visée, pressez la touche de tonte puis celle de démarrage, et il se met au travail. Il trace alors des lignes parallèles calées sur son orientation de départ, ses capteurs restant aux aguets pour esquiver les obstacles.

Ce mode rend service sur de petites zones secondaires, comme des parcelles excentrées qu’aucun corridor ne peut relier au reste du jardin. Nous l’avons mis à contribution sur le carré d’herbe qui borde nos poubelles, impossible à rattacher à notre carte.
Certes, le travail est moins précis qu’en tonte cartographiée, le robot se contentant de ratisser la zone sans en soigner les contours. Une fois sa besogne achevée, il s’immobilise sur place, à vous de le rapatrier vers sa station. L’exercice a toutefois le mérite d’exister. Et surtout, il épargne la corvée de ressortir une tondeuse classique pour quelques mètres carrés.

Dans le même esprit, sans être cette fois une exclusivité Mammotion, le Yuka Mini 2 embarque un mode de tonte manuelle. L’idée est de guider aux joysticks le robot afin qu’il aille faucher les endroits oubliés de la cartographie ou des zones attenantes, hors carte. Bonne surprise, la vitesse de déplacement se débride alors jusqu’à 1,2 m/s, soit le double du plafond en tonte autonome. Ces fignolages s’effectuent alors sans y passer la matinée.
Une endurance qui impose de fractionner le travail
C’est l’autre point sur lequel nous nous méfiions. Avec sa modeste batterie de 6,1 Ah, le Yuka Mini 2 abat environ deux heures de travail avant de filer se ravitailler. Un plein complet réclame ensuite entre 2 h 15 et 2 h 30. Sur notre zone de 344 m², cela équivalait à peu près à 200 m² couverts en conditions de tonte basique. En musclant les réglages, vitesse au maximum et passages resserrés, le compteur retombe vers 150 m².

Concrètement, l’entretien de notre parcelle réclamait autour de cinq heures dans les meilleures conditions, charge intermédiaire comprise, et jusqu’à six ou sept heures avec des réglages plus exigeants. Rapportée aux 1 000 m² que le robot revendique, la tâche relève du petit marathon. Il faut alors compter une vingtaine d’heures dans le meilleur des cas, et potentiellement près d’une trentaine en poussant les réglages.
Si votre jardin n’excède pas les 500 m², cela peut encore passer. Par contre, si vous avez en tête d’utiliser le Yuka Mini 2 pour sa surface maximale, mieux vaut découper votre terrain en trois ou quatre zones et étaler le travail sur la semaine.

Pour se faire pardonner, Mammotion soigne la personnalisation de la charge. Le plafond s’ajuste entre 80 et 100 % afin de ménager les cellules sur la durée. De plus, la recharge se programme en heures creuses et le seuil de retour à la station se déplace entre 15 et 30 %. Enfin, une option « Intelligent » autorise même le robot à ne reprendre que l’énergie qui lui manque pour achever sa zone, plutôt que d’attendre un plein complet.
Prix, entretien et concurrence
En France, la gamme Yuka se limite à deux modèles, le Mini 2 1000 (1 299 euros), ainsi que le Mini 2 800 (999 euros). Ce dernier abandonne le LiDAR au profit de trois caméras et se contente de couvrir 800 m².
Pour la durabilité, le Yuka Mini 2 décroche une excellente note de réparabilité de 9 sur 10. Un score rare dans la catégorie, qui se justifie par des pièces détachées déjà disponibles sur la boutique de la marque. À commencer par les lames de rechange (55 euros le lot), le disque de coupe (49 euros) ou encore une roue avant (69 euros). De plus, la batterie est accessible et peut se changer soi-même, quelques vis suffisant à la libérer. Le tout est couvert par trois ans de garantie sur les principaux composants, batterie comprise.
Enfin, sur son segment, le Yuka Mini 2 1000 croise la route de trois rivaux directs. Le Navimow i208 LiDAR de Segway, que nous avons testé (1 199 euros), le Mova LiDAX Ultra 1000 (999 euros) et l’Ecovacs Goat O1200 LiDAR Pro (999 euros).
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