En mars 2026, une première vague d’arnaques avait surpris les Français en combinant des données personnelles authentiques, issues de fuites successives chez des transporteurs comme Mondial Relay, avec une photo générée par intelligence artificielle montrant un livreur tenant un colis à leur nom. Un mois plus tard, les escrocs avaient ajouté une corde à leur arc en glissant un message vocal synthétique dans le même scénario, une voix masculine imitant à la perfection le ton pressé d’un livreur venu déposer un paquet trop volumineux pour la boîte aux lettres.
Le message que j’ai reçu récemment reprend exactement cette combinaison. Un message vocal d’une douzaine de secondes, accompagné d’une photo d’un carton Mondial Relay posé sur le tableau de bord d’une camionnette, suivi d’un SMS reprenant le même argumentaire : le colis ne serait pas rentré dans la boîte aux lettres, une nouvelle consigne de livraison serait à donner via un lien.
Le signe qui ne trompe pas
Ce lien intègre mon nom et mon prénom directement dans l’adresse, un détail censé rassurer mais qui devrait au contraire alerter. Aucun transporteur légitime ne personnalise ses URLs de suivi de cette façon, ni ne livre de colis avec une étiquette affichant uniquement un nom et un prénom en gros caractères, sans adresse. Ce point reste, à ce jour, le repère le plus fiable pour identifier l’arnaque, quelle que soit la sophistication du message vocal ou de la photo qui l’accompagne.

Le rappel des autorités
Le Ministère de l’Intérieur a de nouveau publié une alerte sur cette arnaque, avec les mêmes consignes qu’au printemps : ne pas répondre au message, ne surtout pas cliquer sur le lien, transférer le SMS frauduleux au 33 700 et signaler la tentative sur la plateforme Pharos.

Le schéma final de l’arnaque reste identique à celui décrit dès mars. Le lien renvoie vers une copie du site du transporteur, où la victime est invitée à régler de faux frais de reprogrammation en saisissant son numéro de carte bancaire. L’argent n’est jamais débité à ce stade, l’objectif est de récupérer les coordonnées bancaires pour la seconde phase de l’arnaque : un appel d’un faux conseiller bancaire, quelques heures ou jours plus tard, qui exploite ces informations pour convaincre sa cible de valider des opérations frauduleuses.
Pourquoi l’arnaque continue de fonctionner
Que cette campagne perdure aussi longtemps après sa découverte en dit long sur son efficacité. La combinaison de données personnelles réelles (nom, parfois adresse), d’une preuve visuelle générée par IA et désormais d’un message vocal réaliste rend le scénario difficile à distinguer d’un vrai échange avec un livreur, y compris pour un public averti. Le seul réflexe fiable reste de ne jamais suivre un lien reçu par SMS ou message vocal, et de se rendre uniquement sur le site ou l’application officielle du transporteur pour vérifier une livraison en attente.
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