MaiaSpace enchaîne les contrats commerciaux avant même d’avoir fait voler sa fusée. La filiale française d’ArianeGroup vient de signer un contrat avec RIDE!, une entreprise parisienne spécialisée dans le « covoiturage » spatial, alors même que son lanceur Maia n’a pas encore effectué son vol inaugural.
Le pari du lanceur modulaire
Le métier de RIDE! consiste précisément à agréger la demande de sa base d’opérateurs de petits satellites, puis à coordonner l’intégration de charges utiles auxiliaires compatibles sur des missions sélectionnées. Grâce à ce contrat, l’entreprise va pouvoir proposer à ses clients des créneaux sur certaines missions Maia, en complément des charges principales déjà prévues.
Avec une coiffe de 3,5 mètres et une capacité pouvant atteindre 4 tonnes, Maia serait particulièrement adapté pour regrouper des charges utiles auxiliaires au sein de missions principales compatibles.
« Le programme de covoiturage de RIDE! existe pour faire correspondre chaque mission de petit satellite avec le bon lanceur. Maia peut s’adapter à ces différents profils de mission, et c’est exactement ce que nous recherchons », explique Valentin Benoit, directeur général de RIDE!. Du côté de MaiaSpace, Michael Callari, directeur commercial de l’entreprise, y voit « une extension naturelle » de son engagement envers des services de lancement flexibles, capable de soutenir constellations, lancements dédiés et charges auxiliaires au sein d’une même architecture modulaire.
Un marché sous tension
Le contexte explique en partie cet empressement. Comme le rappelle RIDE!, la demande de lancements pour petits satellites continuerait de dépasser la capacité disponible sur le marché, au point que les opérateurs planifient désormais leurs missions en fonction des dates de lancement disponibles, plutôt que l’inverse. Les délais d’attente entre la réservation et le lancement effectif atteindraient désormais jusqu’à 36 mois, contre 12 à 24 mois un an plus tôt.
En signant avant le premier vol de Maia, RIDE! offrirait donc à ses clients une visibilité précoce sur de nouvelles opportunités de lancement, dans un marché où chaque créneau disponible compte.
Deux jeunes entreprises, une même ambition
Fondée en 2020, RIDE!, s’appuie sur un réseau de plus de 35 fournisseurs de lancement répartis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, pour coordonner des missions dans plus de 50 pays. L’entreprise revendique des accords-cadres avec plus de 7 fournisseurs de lancement, plus de 45 charges utiles déjà lancées, et le soutien de l’Agence spatiale européenne et du CNES.
MaiaSpace, de son côté, a été fondée en avril 2022. Sa fusée Maia, propulsée à l’oxygène liquide et au bio-méthane liquide, afficherait une capacité de mise en orbite basse allant jusqu’à 4 000 kg selon la version utilisée (réutilisable ou consommable), l’inclinaison visée et le recours ou non à l’étage complémentaire Colibri. Le développement du lanceur mobilise plus de 400 collaborateurs, associés à des partenaires industriels basés en France, en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en Belgique, en Autriche et en Pologne.
Le lanceur vise désormais son vol inaugural en 2027, après un report annoncé début 2026, dans la continuité de l’activité de sa maison mère, qui doit par ailleurs réaliser dans les prochains jours un lancement Ariane 6 vers l’orbite géostationnaire.
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