Développer un nouveau modèle est un processus particulièrement long et extrêmement coûteux. Les constructeurs le savent et font tout leur possible pour contenir ce temps de conception. Le principal risque est alors de sortir un véhicule ne répondant plus vraiment au cahier des charges initial. De quoi faire fuir les clients… Il faut donc ruser pour trouver le juste équilibre. C’est ainsi un territoire de conquête inédit qui s’ouvre avec l’intelligence artificielle. Nissan est le premier constructeur historique à s’y engouffrer pour créer ses futures autos.
De 55 à 26 mois : le chiffre choc du nouveau processus de fabrication de Nissan
Le résultat est sans appel, avec un temps de développement haché en deux, sans aucune contrepartie sur le produit fini. Pour la marque japonaise, cela valait bien la peine d’essayer, elle qui rencontre actuellement de grosses difficultés. Grâce à l’étroite collaboration avec son partenaire chinois Dong Feng, Nissan a tiré de beaux enseignements. Cela tient à un modèle, la berline électrique N7, non commercialisée en Europe, dont le temps de développement a littéralement fondu, en passant de 55 à 26 mois.
Tests, design, usine : comment l’IA parvient à hacker les méthodes traditionnelles
L’intelligence artificielle a en effet permis d’abattre plusieurs barrières habituellement sources de dépenses importantes. C’est ce que confirme Ivan Espinosa, le PDG de Nissan, dans une interview accordée à Nikkei Asia : « une grande partie de ce succès repose sur les capacités de l’IA et l’utilisation de nouveaux outils, ainsi que davantage d’outils numériques dans la phase de conception, de test et de fabrication ». Ce mix a ainsi réduit des étapes que l’on pensait jusqu’aujourd’hui optimisées.
L’arroseur arrosé : quand les constructeurs japonais copient les secrets de la Chine
Fort de ce premier succès, Nissan compte appliquer cette méthode de conception à ses prochains modèles. Cela donnera à la marque une réactivité bien supérieure afin de satisfaire les différents marchés aux réglementations spécifiques ainsi qu’aux attentes changeantes des clients. Nouveau chez les marques historiques, peut-être, mais clairement pas du côté des marques chinoises qui s’en sont fait la spécialité. Un modèle chinois prend en moyenne deux ans pour arriver sur le marché.
« La Chine définit les normes de demain » : le terrible aveu du patron de Nissan
Cela peut expliquer la myriade de propositions automobiles dans l’Empire du Milieu. Alors que les Chinois s’inspiraient jusque-là des Occidentaux, il semblerait que les rôles se soient désormais inversés. Espinosa ne s’en cache pas, « la Chine définit actuellement les normes industrielles de demain en matière de technologie, de compétitivité des coûts et de délais de développement. [Il faudra] tirer des enseignements de la Chine et exporter son savoir-faire ».
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Source : Autoblog

