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La puce quantique de Microsoft qui devait changer le monde remise en cause par un scientifique

Microsoft a lancé ses puces quantiques Majorana, promettant des avancées majeures, notamment en médecine. Cependant, un physicien remet en question ces performances, affirmant que l’entreprise n’a pas encore prouvé l’existence réelle d’un qubit topologique, la brique essentielle à la viabilité de cette technologie.

Le 19 février 2025, Microsoft dévoilait la puce quantique « révolutionnaire » Majorana. Le 2 juin 2026, l’entreprise a présenté une nouvelle version de son composant : la Majorana 2, censée être 1 000 fois plus fiable que la précédente. Avec ces puces, Microsoft promet une puissance de calcul sans commune mesure qui viendrait bouleverser la médecine, le chiffrement ou encore l’apprentissage automatique. Selon la firme de Redmond, un superordinateur quantique pourrait permettre d’inverser le changement climatique et d’éradiquer la faim dans le monde. Les attentes autour de ces technologies sont donc pour le moins énormes, mais un physicien britannique vient aujourd’hui remettre en question les véritables performances des puces quantiques Majorana 1 et 2.

Majorana : un physicien remet en cause les capacités de la puce 

Dans une critique publiée dans la revue scientifique Nature, Henry Legg, physicien à l’université de St Andrews, accuse Microsoft d’avoir fortement exagéré les performances de la puce quantique Majorana 1. Pour bien comprendre l’essence de la critique d’Henry Legg, il faut revenir sur le mode de fonctionnement de Majorana 1. Selon Microsoft, cette dernière intègre une technologie unique appelée qubit topologique et censée être la brique élémentaire de ses futurs ordinateurs quantiques.

La particule de Majorana sert quant à elle à diviser l’information en deux pour la cacher aux extrémités de la puce. Ce double stockage protège la donnée des perturbations extérieures, garantissant une stabilité annoncée comme inédite. Or, Henry Legg affirme auprès du média The Verge que Microsoft n’a jamais démontré de manière concluante l’existence d’un qubit topologique fonctionnel : « Ils n’ont pas prouvé de manière convaincante qu’ils disposaient de Majoranas. On ne peut pas fabriquer un [tel] qubit sans elles ». 

Le physicien de l’université de St Andrews affirme que la prétendue signature de la particule de Majorana provient en réalité de simples « boîtes quantiques » (des structures piégeant les électrons), ce qui ne permet pas de créer le qubit topologique visé par Microsoft. Henry Legg accuse également Microsoft d’avoir sélectionné ses données de manière biaisée en montrant seulement les résultats favorables. Enfin, il fait état d’erreurs de codage.

Microsoft se défend

À la suite de la critique d’Henry Legg, Microsoft a eu un droit de réponse dans Nature. Bien entendu, l’entreprise conteste vivement les accusations du physicien. Chetan Nayak, chef de l’équipe quantique de Microsoft, estime que cette critique « ne constitue pas un défi scientifique substantiel » et que Legg n’a pas « proposé de modèle alternatif qui explique l’ensemble de nos données ». En réalité, les avancées technologiques de Microsoft en termes d’informatique quantique subissent de sérieuses remises en question de la part du monde scientifique depuis maintenant plusieurs années. Microsoft a promis un ordinateur quantique évolutif en 2030, mais ces déclarations sont sérieusement contestées, principalement par rapport à l’existence d’un qubit topologique fonctionnel. De son côté, Google n’intègre pas de fermions de Majorana dans sa puce Willow, mais ses percées dans le domaine de l’informatique quantique sont davantage concrètes.

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Source : The Verge