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Comment photographier l’éclipse du 12 août avec son smartphone : les astuces et les pièges à éviter

L’éclipse solaire du 12 août 2026 sera partielle en France, mais elle s’annonce quand même spectaculaire. Réglages, filtres, pièges à éviter et dangers : notre dossier pour la photographier avec son smartphone est là pour vous aider.

Le 12 août 2026 en fin de journée, la Lune viendra grignoter une large part du Soleil au-dessus de la France. Selon le CNES, l’éclipse restera partielle dans l’Hexagone, la bande de totalité se limitant au nord de l’Espagne, à l’Islande et au Groenland. L’Association française d’astronomie situe le début du phénomène aux alentours de 19 h 20, pour un maximum autour de 20 h 20 selon les villes. De quoi donner envie de sortir son smartphone, à condition de connaître quelques réglages et de contourner deux ou trois pièges classiques.

Le smartphone n’est pas taillé pour ce genre de sujet

Avant de foncer dehors, un rappel s’impose : le smartphone n’a jamais été pensé pour ce cas d’usage. Selon la NASA, ni le Soleil ni la Lune ne font partie des scénarios prévus pour les objectifs de smartphone, dont la petite taille ne leur donne pas la résolution nécessaire face à des objets aussi minuscules dans le cadre. Cela n’interdit pas de tenter l’expérience avec les astuces qui suivent, mais mieux vaut ajuster ses attentes : le résultat ne rivalisera jamais avec un boîtier équipé d’un vrai téléobjectif, et le smartphone reste avant tout l’outil du grand-angle et de l’ambiance, pas du gros plan léché sur le disque solaire.

Se protéger (et protéger son smartphone) avant de photographier

Deux choses méritent une protection ce soir-là : les yeux, et le capteur du téléphone dès lors qu’on zoome.

Sur le capteur, un objectif fonctionne physiquement comme une loupe : il concentre sur une petite surface non seulement la lumière visible, mais aussi une partie du rayonnement infrarouge et ultraviolet émis par le Soleil. Contrairement à une idée reçue, aucun module n’est à l’abri par principe : interrogée sur le sujet, la NASA a confirmé qu’un capteur de smartphone peut être endommagé comme n’importe quel autre s’il reste pointé vers le Soleil, ultra grand-angle ou module principal compris, même si le risque grimpe nettement avec un téléobjectif dont la focale plus longue resserre le faisceau sur une zone plus réduite. La règle la plus sûre consiste donc à garder un filtre devant l’objectif effectivement utilisé pendant toute la phase partielle, quel que soit le module.

Smartphone Protection Solaire
© Omegon / Amazon

Un morceau de verre issu d’une paire de lunettes d’éclipse certifiée ISO 12312-2 fait l’affaire, à condition de couvrir intégralement l’objectif et d’être fixé sans jeu ni fissure. À noter tout de même que cette norme a été conçue pour l’observation oculaire directe, pas spécifiquement pour la photographie, comme le rappelle l’American Astronomical Society (AAS), référence en la matière : quand c’est possible, un filtre solaire dédié à la photo (à visser ou à clipser) reste préférable à un bricolage de dernière minute. Des kits vendus dans le commerce associent d’ailleurs souvent un filtre universel à velcro et plusieurs paires de lunettes, pratiques pour équiper toute la famille en une fois.

Le risque le plus sérieux touche en réalité les yeux, pas l’appareil. Cadrer une photo oblige à regarder l’écran, ce qui pousse presque naturellement à jeter un coup d’œil direct au Soleil pour vérifier la scène, un réflexe que l’écran ne protège en rien. La règle ne change donc jamais, quel que soit le matériel utilisé : des lunettes certifiées ISO 12312-2 sur le nez à chaque regard porté vers le ciel, y compris pour les enfants s’ils manipulent eux-mêmes l’appareil.

Les cinq pièges à éviter

Piège n°1 : laisser le mode automatique gérer l’exposition

Face à un fond de ciel sombre et un point extrêmement lumineux, l’algorithme d’exposition cherche une image « équilibrée » et transforme le Soleil, croissant ou pas, en une tache blanche uniforme et sans détail.

Piège n°2 : croire qu’un module suffisamment large met à l’abri

Le risque grimpe avec le téléobjectif, mais aucun module n’est protégé par principe en cas de visée prolongée. Sachant que la plupart des smartphones basculent automatiquement d’un module à l’autre selon le niveau de zoom, il faut vérifier que le filtre couvre bien l’objectif réellement utilisé au moment du déclenchement, quel qu’il soit.

Piège nº3 : confondre filtre ND classique et filtre solaire

Un ND classique, même un ND1000, resterait insuffisant : il laisse passer les infrarouges, qui chaufferaient le capteur alors même que l’image paraît correctement exposée à l’écran. Seuls les filtres certifiés ISO 12312-2 ou portant la mention ND 5.0/OD 5.0 conviennent pour une visée prolongée.

Piège nº4 : surestimer le zoom numérique

Les zooms annoncés à 30x ou 100x sur les modèles récents restent largement reconstruits par les algorithmes. Même avec un téléobjectif optique équivalent à 120 mm, le disque solaire n’occuperait qu’une fraction minime de l’image, la règle de calcul optique voulant que le diamètre du Soleil sur le capteur corresponde à la focale divisée par 109.

Piège nº5 : négliger le trépied dès que le zoom optique entre en jeu

Une bonne stabilisation optique et une vitesse rapide permettent parfois de s’en passer à main levée, mais le trépied redevient utile dès qu’on enchaîne les prises en rafale, qu’on pousse le zoom, ou qu’on tente une pose plus longue en fin de soirée quand la lumière décline.

Smartphone Photo Soleil
© Rajesh Rajput / Unsplash

Les réglages à utiliser

Le mode Pro intégré, quand il existe, redonne la main sur l’exposition. À défaut, des applications tierces comme Halide ou ProShot offrent le même niveau de contrôle manuel et évitent ainsi le piège numéro 1.

Paramètre Réglage conseillé
Sensibilité ISO La plus basse possible (50 à 100)
Vitesse d’obturation Rapide, à ajuster entre 1/1000 s et 1/2000 s en partant de ce point
Compensation d’exposition -1 à -2 EV par rapport à la mesure automatique
Mise au point Verrouillée manuellement sur le bord du Soleil (appui long à l’écran)
Zoom Uniquement optique (2x, 3x, 5x selon le modèle), jamais numérique
Format RAW plutôt que JPEG, quel que soit le nom que lui donne le constructeur
Flash Désactivé

Sans mode Pro ni application dédiée, il reste possible de tapoter sur le Soleil à l’écran pour y verrouiller la mesure, puis de faire glisser le curseur de luminosité vers le bas jusqu’à voir apparaître le croissant. Sur iPhone, un appui prolongé fige ce réglage pour la série de photos suivante, plutôt que de laisser l’appareil recalculer l’exposition à chaque déclenchement. Si aucun de ces réglages n’est accessible, activer le mode HDR peut dépanner : l’AAS relève qu’il déclenche automatiquement plusieurs prises à des expositions différentes, ce qui augmente les chances qu’au moins l’une d’elles conserve les détails du croissant plutôt qu’une tache blanche saturée.

Le RAW mérite d’être activé par défaut pour ce genre de scène : les écarts de luminosité entre le ciel et le disque solaire sont tels qu’un JPEG compressé laisserait beaucoup moins de marge pour retravailler l’image ensuite. Il ne fera cependant pas de miracle sur un Soleil déjà totalement cramé à la prise de vue : l’exposition au moment du déclenchement reste la priorité, le RAW n’étant qu’un filet de sécurité en plus.

Les cinq astuces pour réussir sa photo

Au-delà des bons réglages, quelques habitudes de préparation et de prise de vue font souvent la différence entre une image nette et un cliché raté.

Astuce n°1 : Repérer le lieu quelques jours avant, à la même heure

Le Soleil sera très bas sur l’horizon ouest ce soir-là, et une simple ligne d’arbres ou un immeuble suffit à masquer le phénomène depuis un point de vue qui semblait dégagé en pleine journée. Se rendre sur place en avance, à l’heure prévue de l’éclipse, permet de vérifier que rien ne bloque la vue et d’ajuster le cadrage.

Astuce n°2 : tester son matériel avant le jour J

Filtre, application, réglages manuels : mieux vaut essayer l’ensemble sur un Soleil ordinaire quelques jours à l’avance plutôt que de découvrir un problème de fixation ou de mise au point pendant l’éclipse elle-même, où l’erreur ne se rattrape pas.

Astuce n°3 : multiplier les prises en mode rafale

Près de l’horizon, la turbulence atmosphérique se fait souvent sentir davantage qu’en plein ciel, et dégrade parfois la netteté d’une image sur plusieurs, même avec un bon appareil. Le phénomène dépend aussi de la météo, du relief et des surfaces qui ont emmagasiné de la chaleur dans la journée, donc rien de systématique. Enchaîner plusieurs déclenchements et trier ensuite au calme reste la meilleure parade, quoi qu’il en soit.

Astuce n°4 : libérer de l’espace de stockage et charger la batterie à fond

Une session en rafale et en RAW consomme vite les deux, surtout si elle s’étale sur plus d’une heure entre le début et le maximum de l’éclipse. Une batterie externe en poche évite la mauvaise surprise du téléphone qui s’éteint juste avant le moment clé.

Astuce n°5 : nettoyer l’objectif avant de sortir

Une trace de doigt ou un grain de poussière, invisibles sur une photo classique, ressortent nettement sur un point lumineux isolé dans un ciel sombre. Un simple passage de chiffon microfibre avant de commencer évite ce genre de défaut facilement évitable.

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