Passer au contenu

Bad buzz pour Xiaomi : ce smartphone a-t-il vraiment triché en photographiant l’éclipse ?

Pendant l’éclipse solaire du 12 août, le Xiaomi 17 Ultra a livré un cliché pour le moins surprenant : un Soleil recouvert de cratères, comme si l’appareil avait photographié la Lune. Ce raté n’est pas un cas isolé : plusieurs utilisateurs ont rapporté le même phénomène sur les réseaux sociaux. On vous explique le mécanisme derrière cette confusion, révélateur de la façon dont l’IA de nos smartphones retouche nos photos sans qu’on s’en rende toujours compte.

L’éclipse solaire du 12 août nous a offert un spectacle mémorable dans le ciel européen, partielle en France et totale dans le nord de l’Espagne et en Islande. Cet événement rare dans nos contrées a logiquement poussé de nombreux curieux à dégainer leur matériel pour immortaliser le phénomène. Un appareil s’est particulièrement fait remarquer à cette occasion, mais pas pour la justesse de ses clichés. Le Xiaomi 17 Ultra, pourtant salué pour son système photo avancé et polyvalent, a généré des clichés absurdes où le Soleil se retrouve recouvert de cratères. Le téléphone a confondu le Soleil avec la Lune, et ce raté n’est pas un simple accident isolé, mais le résultat d’une astuce logicielle largement répandue chez les fabricants de smartphones.

Quand l’algorithme réécrit la réalité (spatiale)

En analysant les clichés capturés avec le téléobjectif du fleuron de Xiaomi, une anomalie saute immédiatement aux yeux. Le Soleil, qui apparaît d’une teinte rouge orangé typique d’une fin de journée, est texturé de reliefs, de lignes de cratères. Tout porte à croire que le processeur d’images du smartphone aurait confondu, sur cette prise précise, l’étoile incandescente avec notre satellite naturel. Même la teinte ne ressemble d’ailleurs pas réellement à ce que nous pouvions apercevoir dans le ciel avec des lunettes adaptées.

Ce raté algorithmique n’est pas un cas isolé. Sur X, plusieurs utilisateurs ont rapporté le même phénomène pendant l’éclipse. L’un des témoignages les plus parlants vient d’un utilisateur espagnol, Carlos Villasante, qui explique précisément le mécanisme mis en cause : son Xiaomi 17 Ultra a détecté une sphère lumineuse dans le ciel, s’est mis de lui-même en mode « super lune », et a reconstitué une surface criblée de reliefs qui n’existe pas dans la scène réelle.

Il précise cependant que le reste de ses photos et vidéos de l’éclipse, prises avec des réglages manuels, s’est révélé excellent. On peut en effet voir un rendu beaucoup plus réaliste sur les images dessous :

La supercherie du zoom lunaire encore mise à nu

Depuis l’avènement des zooms numériques capables d’atteindre des grossissements extrêmes, les constructeurs cherchent à offrir aux utilisateurs la possibilité de photographier la Lune avec une netteté impressionnante. En réalité, les capteurs de nos téléphones, aussi performants soient-ils, restent physiquement limités face à un tel niveau de détail. Pour contourner cette limite, les logiciels s’appuient sur une intelligence artificielle entraînée sur des milliers de photographies lunaires haute définition, capable de reconstituer et d’embellir l’astre après la prise de vue.

Xiaomi n’est pas le seul à employer ce type de traitement. Nos confrères de Frandroid, qui ont été les premiers à repérer et documenter ce raté sur le 17 Ultra, rappellent que Samsung avait déjà fait les frais d’un vaste scandale médiatique avec son mode Space Zoom, dont le traitement similaire s’est averé tout aussi inutilisable pour immortaliser une éclipse.

Un piège que Xiaomi explique pourtant comment éviter

L’épisode a quelque chose d’ironique. Quelques semaines avant l’éclipse, Xiaomi avait communiqué, avec le concours d’un photographe certifié Leica, un guide détaillé pour photographier la Lune avec le 17 Ultra. La recommandation centrale : basculer en mode Pro, avec un ISO très faible (50 à 100) et une vitesse d’obturation rapide (entre 1/1000 s et 1/2000 s), justement pour éviter que le traitement automatique ne « brûle » ou ne réinvente les détails. Autrement dit, le constructeur reconnaît implicitement que son mode automatique n’est pas fiable pour ce type de scène, et recommande lui-même de le contourner.

Cette erreur cocasse rappelle avec force que les photographies issues de nos smartphones sont de plus en plus des interprétations algorithmiques, parfois bien éloginées de la vérité optique.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.