Avant toute chose, sachez que nous ne pourrons pas noter ce produit. Du moins pas comme nous le faisons d’habitude dans ces colonnes, avec une notation bien léchée. En effet, lorsque nous avons élaboré des critères de notation, étourdis que nous sommes, nous avions décidé que, pour un PC portable, il fallait absolument qu’une partie de la note repose sur l’écran dudit PC. Mea culpa, HP nous a prouvé avec son HP EliteBoard G1a que le monde du PC, parfois taxé d’être ronronnant, était encore capable de produire des petites folies de temps en temps.
Vous l’avez vu en titre de cet article, ou vous l’avez peut-être compris à la lecture de cette intro, le PC que nous testons ici est un produit qui sort de l’ordinaire. Il s’agit d’un PC-clavier. Comprendre par là que HP s’est amusé à intégrer tout l’attirail d’un PC moderne dans un châssis de clavier, et en supprimant donc l’écran.

L’idée est évidemment des plus séduisantes. On s’imagine déjà, glissant ce clavier-PC dans un sac trop petit pour un PC. Ou bien on se prend déjà à rêver d’un bureau minimaliste où il n’y aurait qu’un clavier et un écran et basta. Les esprits chagrins nous diront qu’un all in-one, à savoir un PC dans un écran, permet la même chose, mais ils se trompent, puisque vous avez là les avantages d’un PC portable avec une batterie à l’intérieur. Vous pouvez ainsi continuer votre travail dans le train, par exemple, pour peu que vous bidouilliez un peu pour y voir quelque chose quand vous écrivez (on va y revenir).
Mais une fois retombée la poussière, est-ce que cette idée sexy sur le papier tient la route ? On vous dit tout ça dans ce test complet.
Design : un clavier un peu épais, et c’est à peu près tout
Il y a de quoi en piéger plus d’un avec ce EliteBoard. Posé sur un bureau, il a l’air d’un clavier un peu épais. Et même un peu étroit d’ailleurs, notamment sur la largeur. On sent que HP a voulu tout miser sur l’économie de place, ne pas arriver à quelque chose de trop proéminent, et donc il y a très peu d’espaces entre les touches. Ceci étant, ces dernières sont suffisamment larges pour en pas être handicapé lors de la frappe, et l’on se sent plutôt à l’aise pour taper des mails et des articles toute la journée. Il y a même un pavé numérique, ce qui est appréciable dans un environnement de bureau. Le toucher du clavier est assez passe-partout, légèrement glissant avec un revêtement plastique doux.

En revanche, l’économie de place a tout de même un impact négatif sur les touches fléchées du clavier. Celles-ci sont vraiment trop petites pour espérer les utiliser de façon fluide.

Tout cela permet d’arriver à une portabilité maximum. Là-dessus, le HP Elite G1a est imbattable. Plus léger qu’un MacBook Air avec ses 0,67 kg sur la balance, il se glisse dans n’importe quel sac à dos suffisamment profond pour encaisser sa largeur de 35,81 cm. De même, sur un bureau, il permet d’obtenir un environnement de travail extrêmement minimaliste et contenu. Bref, dans l’ensemble, au niveau du design pur, le pari est plutôt réussi.
résistance
Gestion de l’affichage et I/O
Passons à la connectique, et cela devrait aller vite. Appareil destiné à un usage pro oblige, vous avez le droit à un emplacement pour câble antivol standard sur la gauche. Ensuite, à l’arrière du clavier, deux ports USB-C assurent l’intégralité des connexions filaires. Celui de gauche monte à 10 Gb/s de débit, et celui de droite à 40 Gb/s, de quoi se connecter à deux écrans 4K, d’après le constructeur.

Si le PC est fourni avec un câble USB4 qui permet de le connecter à des écrans compatibles, nous n’aurions pas craché sur un port HDMI dans cette configuration, qui demeure tout de même le standard assurant la connexion avec à peu près n’importe quel appareil du marché. Un point tout de même essentiel lorsque vous voulez éviter de vous retrouver sans affichage en rase campagne avec votre PC complètement inutile.
Plusieurs solutions s’offrent alors à vous, mais malheureusement, aucune n’est proposée par le constructeur lui-même.
Première idée assez simple : déplacez-vous avec un hub USB-C muni d’un port HDMI. Cela fonctionne bien, mais vous perdez nécessairement en portabilité. Autre idée : achetez un petit adaptateur USB-C femelle vers HDMI mâle. De quoi s’assurer la connexion à peu près n’importe où.
Troisième solution, sans doute la plus portée sur le bidouillage, mais peut être aussi la plus réjouissante : utilisez votre smartphone comme un écran externe. Nous avons potassé un peu le sujet exploré diverses solutions. La plus simple nous a semblé un petit logiciel appelé SpaceDesk. Cela nécessite l’installation d’un pilote sur le PC ainsi qu’une application sur votre smartphone (Android ou iOS). Une fois cela fait, vous pouvez les appairer et l’écran du téléphone et il devient alors un écran supplémentaire connecté à Windows. Vous pouvez même vous en servir comme d’un second écran via Windows + P, le tout avec une latence très raisonnable.

Si cette solution est assez réjouissante, il y a tout de même deux problèmes à relever. Le premier est l’absence de solution intégrée nativement par HP. Cela aurait permis d’amener le produit à niveau supérieur de qualité à notre avis. Deuxième soucis : si le PC n’est pas alimenté, le clavier ne fonctionne plus, étrangement. De quoi annuler complètement l’intérêt si on souhaite utiliser son PC rapidement dans un train en usant de son smartphone comme d’un écran externe.
Pour terminer le tour des accessoires fournis, notons la présence dans la boîte d’une pochette pour protéger le PC, toujours appréciable. Celle-ci est munie de poches pour ranger le câble USB 4, mais aussi la souris Bluetooth préjumelée. Celle-ci est pour le moins basique de chez basique, elle n’intègre même pas de boutons 4 et 5 pour les retours arrières sur des pages web. Ça dépanne, mais pas de quoi remplacer une souris tierce achetée dans le commerce.
Performances : efficace en bureautique, mais pas beaucoup plus
Avec son Ryuzen AI 5 330 et ses 16 Go de RAM, accompagnés par 512 Go de stockage, l’EliteBoard donne dans le classique du classique. Mais contrairement à tous ses concurrents, il doit se débrouiller pour refroidir tout cela avec beaucoup moins d’espace que d’habitude dans un PC. De quoi s’attendre à des performances un peu en deçà.

Branché sur un moniteur 1440p (ou QHD), nous avons vite vu que le PC ramait et qu’il nécessitait de passer en 1080p pour fonctionner correctement. En pratique, si vous effectuez quelques tâches de bureautique légères, il ne vous fera pas faux bond. En revanche, si vous êtes du genre à multiplier les onglets et les applications, l’EliteBoard atteint clairement ses limites et multiplie les freezes. De quoi rendre la proposition d’un PC dans un clavier un peu moins sexy.
Nuançons toutefois. De base, le PC est configuré en mode d’alimentation équilibré. Nous l’avons passé en mode Performances lorsqu’il est branché, ce qui a contribué à le rendre beaucoup plus réactif, et donc agréable à utiliser, même pour les utilisateurs un peu énervés. Ce mode possède un désavantage certain : le ventilateur devient légèrement audible, ce qui n’est pas le cas dans les autres modes.
Nous avons lancé quelques benchmarks afin de comparer ses performances avec un autre PC HP plus classique, vendu 999 euros, le HP Omnibook 5 NGAI 16 pouces.
Inutile de multiplier les benchmarks, vous pouvez voir que la différence de performances est assez nette. Le HP EliteBoard peine à tenir la distance face à une puce Qualcomm Snapdragon X Plus, pourtant loin d’être la plus véloce du marché.
Autonomie : impossible de tenir la journée
Nous n’avons malheureusement pas pu lancer notre protocole d’autonomie habituel sur ce produit pour des raisons techniques propres à son fonctionnement interne. Nous avons donc opté pour un bon vieux test en condition réelle sur une journée de travail normal. Arrivé au bureau, pleine charge jusqu’à 10 h et on attaque la journée en débranchant l’alimentation du PC.

Deux précisions importantes ici :
- Le PC ne parvenait pas à dépasser les 95 % d’alimentation affichés ;
- Nous l’avons utilisé avec un hub USB-C afin de brancher un HDMI.
À 14 h 46, le HP EliteBoard avait déjà atteint 8 % de batterie. Très clairement, cette batterie intégrée n’est là que pour faire l’appoint et vous permettre de tenir quelques heures avant de passer par la case recharge. N’attendez pas une expérience complète de PC portable sur ce point.
Conclusion : mais du coup ça sert à quoi ?
Une autonomie assez mauvaise, des performances au rabais, pas d’écran… Mais du coup, à quoi ça sert ? Et surtout, est-ce que ce n’est pas un peu léger ?
Comme souvent avec ces produits un peu originaux et qui sortent de l’ordinaire, c’est que pour 98 % des gens, oui, nous vous le déconseillons très certainement. Après plusieurs semaines à travailler sur ce EliteBoard, il nous apparaît clairement que la solution trouvée ici est plus contraignante qu’autre chose et qu’un PC traditionnel est certes un peu plus encombrant, mais il est aussi beaucoup plus polyvalent.
Reste les 2 % (à la louche) de personnes intéressées. Et là, le EliteBoard, comme tout produit de niche, propose une expérience assez unique. Il faut se voir le balader d’un bureau à l’autre chez soi, et le brancher nonchalamment pour continuer son travail ou sa série du bureau au canapé. La portabilité extrême est aussi un vrai plus pour un sac qui n’est pas capable d’accueillir un PC (bien qu’il faille un sace assez large ou haut tout de même).
La présence de haut-parleurs intégrés est un vrai plus. Ou du moins leur absence aurait terminé de grever l’adaptabilité de l’appareil. Là on peut tout à fait lancer une réunion depuis ce PC, même en ayant oublié ses écouteurs. Le form factor est sexy, et plutôt efficace, même si nous ne bouderions pas une prochaine version plus aboutie, avec un port HDMI, une meilleure autonomie et des performances un peu plus élevées. Pourquoi pas avec une puce ARM, plus indiquée pour les formats ultraportables ?
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