Le 11 mai, la CNIL a publié les résultats d’un sondage mené avec Harris Interactive auprès de 2 128 personnes représentatives des 18 ans et plus. 67 % des Français considèrent les lunettes connectées comme un problème pour la vie privée, et 81 % estiment que le risque de captation vidéo dépasse celui d’un smartphone. Près de neuf personnes sur dix souhaitent être prévenues lorsqu’on les filme. La CNIL a dans la foulée lancé son premier plan d’action dédié aux wearables à capteurs et coordonné une initiative avec le CEPD à l’échelle européenne.
Que prépare Meta avec ce pendentif ?
Trois semaines plus tard, une note interne d’Alex Himel, vice-président wearables de Meta, dessine une trajectoire qui va exactement dans le sens inverse. Meta testerait un pendentif doté d’intelligence artificielle dans l’année à venir, directement issu de la technologie de Limitless, une startup rachetée en décembre 2025. Le pendentif de Limitless enregistrait et transcrivait les conversations en temps réel grâce à un micro embarqué. Bien que le site de Limitless soit toujours en ligne et propose le produit à 299 dollars, la production du dispositif a été arrêtée après le rachat. L’équipe Limitless a rejoint Reality Labs, la division hardware de Meta.
La note décrit également un service baptisé « Wearables for Work », destiné aux entreprises. Meta viserait la vente de 10 millions de wearables au second semestre 2026, en combinant de nouveaux produits et une expansion internationale. Le groupe s’appuie déjà sur son partenariat avec EssilorLuxottica pour produire les Ray-Ban Meta et des modèles Oakley. Deux millions de paires ont été écoulées depuis fin 2023. En France, la sortie des Ray-Ban Display a été repoussée faute de stocks suffisants aux États-Unis, avec des listes d’attente qui s’étirent jusqu’en 2026.
Côté finances, Reality Labs a accusé une perte de 4,03 milliards de dollars au premier trimestre 2026 pour un chiffre d’affaires de 402 millions. Les pertes cumulées depuis fin 2020 dépassent les 83 milliards de dollars.
Le hic pour Meta, ce sont les précédents. Google Glass, lancé en 2013, avait été retiré du marché grand public après un rejet social massif (les porteurs étaient surnommés « Glassholes », un jeu de mots un peu trop fleuri pour qu’on le traduise). Le Humane AI Pin, broche IA à plusieurs centaines d’euros lancée en 2024, a été un échec commercial. Mais la situation a changé : les Ray-Ban Meta se vendent en Europe, le marché existe et les consommateurs s’habituent aux capteurs portés. Le succès récent de Plaud AI en est un autre exemple.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.
Source : The Information

