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JD.com, en passe de devenir le 2e actionnaire de Fnac Darty, a-t-il bénéficié de subventions chinoises ? Bruxelles doit trancher

La Commission européenne vient de mettre le holà sur les velléités du géant de l’e-commerce chinois JD.Com de pénétrer le marché européen. Elle soupçonne le mastodonte, qui veut racheter Ceconomy (le 2e plus gros actionnaire de Fnac Darty), d’avoir reçu des subventions de Pékin qui ont faussé le jeu de la concurrence. Des accusations démenties par le principal intéressé.

Le géant de l’e-commerce chinois, JD.com, est sur le point d’avaler le distributeur allemand Ceconomy, deuxième actionnaire du groupe français Fnac Darty, et maison mère des enseignes de produits électroniques MediaMarkt et Saturn.

L’opération, qui lui permettrait de pénétrer le marché de l’Union européenne, était étudiée de près par les autorités antitrust européennes, dans un contexte de tensions entre l’Union européenne et la Chine : elle le sera encore plus. La Commission européenne a annoncé ouvrir une enquête officielle sur ce rachat, jeudi 28 mai, de quoi freiner les velléités européennes de JD.com.

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Au cœur de ce dossier : des subventions chinoises qui auraient « faussé le processus de négociation lié à l’acquisition de Ceconomy »

Que reproche-t-on à cette société chinoise, moins connue qu’Alibaba et que Temu en Europe, qui cherche à mettre la main sur les milliers de magasins de Ceconomy répartis principalement en Allemagne, en Italie et en Espagne ? Cette dernière est soupçonnée d’avoir « bénéficié de subventions étrangères susceptibles de fausser le marché intérieur de l’Union » européenne, écrit Bruxelles dans son communiqué.

En d’autres termes, JD.com aurait fait l’objet de « financements préférentiels, d’incitations fiscales et de subventions accordées par des entités susceptibles d’être liées » à Pékin, explique la Commission européenne, à titre préliminaire. Ces éléments sont susceptibles d’avoir permis à JD.com de « fausser le processus de négociation lié à l’acquisition de Ceconomy » – comprenez : de proposer un prix élevé pour remporter la mise.

Il ne s’agit toutefois que de soupçons sur lesquels Bruxelles va enquêter, dans le cadre du règlement européen sur les subventions étrangères. Ce texte relativement récent – il est entré en vigueur en 2023 – permet à l’exécutif européen de traquer lors d’un rachat toute subvention étrangère qui fausserait le jeu de la concurrence sur le Vieux continent.

Cette loi européenne est là pour « garantir des conditions de concurrence équitables pour toutes les entreprises opérant dans le marché intérieur », rappelle la Commission dans son communiqué. C’est la toute première fois que ce règlement est utilisé pour cibler une entreprise chinoise. A l’issue de la procédure, trois options sont possibles : soit le rachat est autorisé, soit il est autorisé sous condition, soit il est interdit.

« JD.com n’a reçu aucune subvention étrangère en relation avec la transaction »

Et à peine quelques heures après l’annonce de Bruxelles, JD.com a d’ores et déjà commenté l’ouverture de cette procédure. Interrogé par l’agence de presse Reuters, le géant de l’e-commerce chinois a déclaré que cette acquisition ne sera pas financée par des subventions chinoises ou accordées par tout autre État non membre de l’Union européenne (UE). Elle sera financée par de la dette bancaire privée externe et par la trésorerie disponible issue des activités opérationnelles courantes, a ajouté la société chez nos confrères. « JD.com n’a reçu aucune subvention étrangère en relation avec la transaction qui pourrait engendrer une distorsion de la concurrence au sein de l’UE », a-t-elle poursuivi, citée par l’agence de presse.

Le numéro 3 du e-commerce en Chine avait annoncé, le 22 juillet 2025, vouloir racheter Ceconomy, actionnaire de Fnac Darty à hauteur de 22 %, pour 2,2 milliards d’euros. Ce rachat a été notifié à la Commission européenne le 17 avril 2026. Bruxelles a désormais 90 jours, soit jusqu’au 2 octobre 2026, pour trancher sur ce dossier.

En novembre dernier, le mastodonte chinois a lancé une plateforme concurrente de Fnac Darty en France, de quoi donner des sueurs froides aux fabricants d’électroménager européens. JD.com s’est toutefois engagé auprès de Bercy à rester, si le rachat devient effectif, un actionnaire dormant de Fnac Darty : la société de e-commerce ne doit ni aller au-delà des 22 % détenus aujourd’hui par Ceconomy, ni intervenir dans les opérations du groupe français.

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