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La Chine tire à boulets rouges sur la future loi de l’UE qui impose un « Made in Europe »

Deux mois après la présentation officielle de son règlement visant à imposer une préférence européenne dans les secteurs stratégiques, Pékin a menacé de représailles l’Europe si elle adoptait un texte décrit comme discriminatoire, et violant plusieurs traités internationaux dont les principes de l’OMC.

Des menaces de contre-mesures si l’Union européenne adopte sa grande loi imposant dans certains secteurs un « Made in Europe » : ce lundi 27 avril, près de deux mois après sa présentation, la Chine a tiré à boulets rouges sur l’« Industrial Accelerator Act » (IAA), un nouveau règlement européen en cours d’adoption décrit comme « discriminatoire ».

Le texte, défendu par le commissaire européen Stéphane Séjourné, veut imposer une « préférence européenne » dans certains secteurs clés comme les technologies vertes (panneaux solaires, éoliennes) mais aussi les véhicules électriques. Il vise à adopter un programme plus interventionniste pour réduire la dépendance à la Chine du Vieux continent.

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La fin des investissements, et des contre-mesures ?

Un point qui a fortement déplu à Pékin, qui a directement menacé l’Europe de contre-mesures si cette loi finissait par être effectivement adoptée. Ce lundi 27 avril, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a déclaré, dans les colonnes du média d’État chinois Global Times, que le projet de règlement constituait « une discrimination institutionnelle ». Ce dernier, qui évoque « de graves préoccupations » de Pékin, a précisé que son ministère avait soumis officiellement des commentaires à la Commission européenne, le 24 avril dernier.

Parmi les problèmes soulevés dans les colonnes du média d’Etat chinois, sont listés des soupçons « de violation des principes fondamentaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) », ainsi que des violations de plusieurs accords internationaux. La déclaration a été suivie de menaces : si « l’UE ignore les suggestions de la Chine » et adopte malgré tout cette législation, « portant ainsi atteinte aux intérêts des entreprises chinoises », la Chine serait contrainte de prendre des contre-mesures pour défendre fermement ses droits et intérêts légitimes, a-t-il déclaré. « Cela affecterait gravement les perspectives d’investissement des entreprises chinoises en Europe », a-t-il poursuivi.

L’ouverture des marchés doit être mutuelle, a répliqué l’Europe

En retour, la Commission européenne, lors de son point presse du jour, a indiqué que l’objectif de la législation était de « réduire notre dépendance vis-à-vis de pays tiers et en particulier dans un certain nombre de secteurs clés ». L’Union européenne (UE) est « l’un des marchés les plus ouverts du monde », a rappelé la porte-parole de la Commission européenne pour le marché intérieur, Siobhan McGarry. « Nous nous attendons à ce que cette ouverture soit mutuelle », a-t-elle ajouté. Olof Gill, le porte-parole adjoint de l’exécutif européen a, de son côté, indiqué que Bruxelles prenait « toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que toutes nos législations soient conformes à nos engagements au niveau interne et au niveau international et avec l’Organisation mondiale du commerce ».

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Le 4 mars dernier, la Commission européenne présentait, après des mois de retard, son « Industrial Accelerator Act » (IAA). Avec ce texte, l’Europe tente à la fois de protéger ses industries, tout en maintenant un principe « d’ouverture ». Elle prévoit ainsi, plutôt que d’imposer des exclusions, un système de « partenaires de confiance » (des pays hors UE) dont feraient partie ceux qui jouent le jeu de la réciprocité, ce qui n’est pas le cas de la Chine. 

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