Pour mieux contrôler ses infrastructures, Arthur Mensch, à la tête de la start-up française d’intelligence artificielle (IA) Mistral AI, envisage de concevoir ses propres puces électroniques : c’est ce qui ressort des déclarations du co-fondateur de l’entreprise, qui a développé Le Chat, un concurrent de ChatGPT et de Gemini, lors de « l’AI Now Summit », sa première conférence annuelle qui se tient à Paris, ce jeudi 28 mai.
La seule entreprise européenne à concurrencer les Américains OpenAI, Google et Anthropic, envisage-t-elle de développer ses propres semi-conducteurs ? « Bien sûr, c’est intéressant », a déclaré Arthur Mensch. Cette possibilité ne serait pas écartée, car elle permettrait de « réduire de manière significative le coût de déploiement des tokens », des unités de données traitées par les modèles d’IA, selon des déclarations relevées par le média américain CNBC, ce jour.
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« Nous réalisons quelques tests ici et là »
« Nous pourrions finir par développer nos propres puces, je pense que cela devrait arriver à un moment donné. Mais pour l’instant, nous comptons sur Nvidia, qui est un excellent partenaire pour nous », a nuancé le patron de Mistral AI, avant de reconnaitre que des tests étaient bien menés, ça et là.
Cité également par Le Monde ce jour, Mistral AI a indiqué vouloir « être un acteur indépendant et “full stack” dans l’intelligence artificielle » – le champion français de l’IA veut donc être présent, voire maîtriser, chaque maillon de la chaîne de valeur de l’IA, allant du semi-conducteur au centre de données en passant par les LLM.
L’entreprise française fondée en 2023 a ainsi annoncé la construction d’un nouveau centre de données, équipé de puces fabriquées par l’Américain Nvidia, aux Ulis (Essonne) : il sera spécifiquement conçu pour l’inférence – le processus d’exécution des modèles d’IA. Afin d’augmenter sa capacité de calcul, Mistral a investi 4 milliards d’euros dans des centres de données en France et en Suède, selon la start-up. « L’Europe est (en effet) à la traîne en matière de développement d’infrastructures, et nous investissons donc pour combler ce retard », a déclaré Arthur Mensch, cité par CNBC.
Développer ses propres puces : une idée aussi partagée par d’autres acteurs du secteur
Pour l’entrepreneur français, l’Europe doit considérer l’IA comme un atout aussi stratégique que l’électricité. L’objectif est de ne pas devenir un « vassal des États-Unis », comme il l’avait expliqué lors d’une audition à l’Assemblée nationale du 12 mai dernier.
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Mistral, dont la valeur est estimée à 12 milliards d’euros, a enfin annoncé une nouvelle plateforme d’IA agentique – des systèmes capables d’effectuer de manière autonome des tâches, pour le compte des utilisateurs – destinée aux entreprises, appelée Vibe.
L’alternative française à ChatGPT n’est pas la seule entreprise du secteur à envisager de développer ou à développer ses propres semi-conducteurs. Amazon, avec Trainium, et Google, avec ses TPU, ont déjà franchi le cap, œuvrant à créer des processeurs sur mesure qui pourraient leur permettre de réduire leurs coûts. L’idée serait aussi sur la table de la société d’IA américaine Anthropic, qui a développé Claude…. mais aussi du géant chinois ByteDance, selon l’agence de presse Reuters.
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