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Crypto : exclu d’Europe, le géant Binance négocie déjà son retour

L’entrée en vigueur de MiCA a forcé Binance à quitter l’Europe. Le géant des cryptomonnaies cherche actuellement un moyen pour faire son grand retour, et plusieurs pistes s’offrent déjà à lui.

Début juillet 2026, le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) est finalement entré en vigueur dans toute l’Europe. Cette réglementation a profondément chamboulé le monde des cryptomonnaies. De nombreuses plateformes d’échange se sont retrouvées interdites sur le sol européen. Dépourvues d’un agrément délivré par un régulateur financier d’un des pays membres de l’Union européenne, celles-ci ont été obligées de suspendre leurs activités sur le Vieux Continent.

C’est ce qui est arrivé à Binance, la principale plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde. L’exchange n’a pas réussi à obtenir l’approbation des régulateurs dans les temps. Binance a donc suspendu une grande partie de ses fonctionnalités en Europe. La plupart des utilisateurs européens ont retiré leurs avoirs et ont migré vers des plateformes approuvées par les régulateurs. Sur les fonds retirés de Binance par les utilisateurs européens, 70% ont atterri dans des portefeuilles auto-hébergés, précise Binance. Seuls 30% des cryptos ont rejoint des plateformes agréées MiCA.

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Des négociations avec des régulateurs

Évincé d’Europe, Binance n’a pas dit son dernier mot. Comme l’a expliqué le PDG du groupe, Richard Teng, lors d’une conférence organisée par Reuters, Binance étudie actuellement plusieurs options pour revenir en force sur le marché européen. Selon le dirigeant, plusieurs régulateurs européens ont déjà invité Binance à déposer une nouvelle demande d’agrément MiCA dans d’autres États membres de l’UE. Richard Teng a jugé les discussions avec les régulateurs « prématurées » et s’est refusé à nommer les pays impliqués.

« Nous sommes en discussion étroite avec les autorités de régulation qui nous ont invités à nous soumettre à leur régime. Il est prématuré d’en dire plus, nous ne nommerons donc pas ces autorités, mais nous continuons de travailler en étroite collaboration avec les autorités de régulation de l’UE », détaille Teng.

En janvier 2026, Binance avait déposé une demande d’agrément auprès de la Hellenic Capital Market Commission (HCMC) de la Grèce, dans l’espoir d’accéder au précieux sésame dans les temps. L’exchange s’était heurté à une vague de résistance de la part des régulateurs grecs, et les multiples démarches de Binance n’ont pas abouti à une approbation en règle. De l’aveu de Richard Teng, le refus des régulateurs helléniques a pris Binance de court. C’est pourquoi la plateforme s’est retrouvée obligée de prévenir ses utilisateurs d’une suspension imminente de ses activités. Dans les faits, l’entreprise a retiré elle-même sa demande, alors que des informations évoquaient un rejet imminent par le régulateur grec.

« Cela nous a pris par surprise, car nous avions soumis une réglementation parfaitement conforme, les autorités de réglementation nous l’avaient confirmé… elles nous avaient assuré qu’elle serait approuvée », explique Richard Teng, qui ne comprend pas « pourquoi l’approbation a été sans cesse retardée ».

Tout en restant en « discussions étroites » avec les régulateurs, Binance s’est donc lancé à la recherche d’une autre porte d’entrée dans l’Union. C’est comme ça que l’exchange a débuté des négociations avec une série d’autres instances de régulation. Il suffit qu’un seul pays accorde à Binance l’agrément pour lui permettre de relancer ses activités à l’échelle de l’Europe. La perspective d’un retour de Binance dans les plus brefs délais est donc sur la table…

Alors que l’Europe s’est temporairement fermée à Binance, l’exchange s’est mis à accroître sa présence en Asie. Le groupe, toujours numéro un du marché des cryptomonnaies, s’est mis à la recherche de nouvelles licences pour consolider sa présence dans les pays asiatiques. En parallèle, Binance s’est aussi ouvert aux actifs traditionnels avec un certain succès. Son nouveau service de trading d’actions américaines a déjà dépassé les 3 milliards de dollars de volume en un mois.

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Source : Reuters


Florian Bayard