Ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, le monde des cryptomonnaies a bien changé en Europe. Ce jour-là, le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) est venu rebattre les cartes du marché des plateformes d’échange. Entériné en 2024, ce règlement impose à toutes les plateformes de cryptomonnaies opérant en Europe de détenir un agrément délivré par un régulateur financier d’un pays membre de l’Union européenne. Dans les détails, le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs est entré en vigueur le 29 juin 2023 avant de devenir pleinement applicable par étapes.
À lire aussi : Crypto-kidnappings – la France annonce une contre-attaque plus ambitieuse
Binance suspend ses services
Toutes les plateformes proposant leurs services sur le sol européen devaient tout faire pour obtenir ce précieux sésame avant la date butoir du 1ᵉʳ juillet 2026. La plupart des acteurs présents en Europe sont passés par les régulateurs nationaux dans l’espoir d’obtenir l’agrément au niveau européen. Pour beaucoup de plateformes, les choses ne se sont pas passées comme prévu.
C’est le cas de Binance. Le numéro un mondial des exchanges n’a pas réussi à obtenir le précieux agrément dans le temps imparti. De facto, le géant des cryptomonnaies a été obligé de suspendre l’accès à la plupart de ses services en Europe. Dans l’espoir de se conformer à MiCA, Binance avait déposé une demande d’agrément auprès de la Grèce, par le biais de sa filiale locale. La demande n’a pas abouti à une approbation réglementaire. Binance ne quitte pas l’Europe pour autant. La société travaille déjà à résoudre cette situation, mais il lui faudra probablement du temps avant de retrouver un fonctionnement normal sur le territoire européen.
À lire aussi : Le plus grand vol crypto de l’année – les hackers nord-coréens ont encore frappé
Seulement 20 % des exchanges ont été approuvés
Sans surprise, le cas Binance n’est pas un exemple isolé. Selon les données du registre officiel de l’ESMA, l’Autorité européenne des marchés financiers, analysées par la plateforme Kraken, plus de 1 200 entreprises bénéficiaient d’un enregistrement national temporaire avant l’échéance du 1er juillet. Or seulement 244 d’entre elles, soit moins d’une sur cinq, ont réussi à convertir ce statut provisoire en un agrément complet. Toutes les autres plateformes ont perdu le droit légal de proposer leurs services aux résidents de l’Espace Économique Européen, sous peine de sanctions.
En clair, seules 20 % des plateformes d’échange de cryptos sont parvenues à se conformer à la réglementation. Les 80 % restantes ont été contraintes de suspendre leurs activités en Europe, en miroir de Binance. Dans les faits, une grande partie importante des entreprises non conformes correspond à de petites structures ou à des entités peu actives. Néanmoins, un nombre significatif d’utilisateurs européens actifs se retrouve obligé de passer d’une plateforme non agréée à une plateforme approuvée MiCa. C’est un grand chamboulement pour le marché européen des exchanges, qui va inévitablement profiter aux entités agréées, comme Bitpanda, Kraken, Coinbase ou Coinhouse.
Pour Aldric Dupaïs, Directeur Asset Management Europe chez Linedata, « MiCA agit comme un révélateur » et « distingue les acteurs capables d’absorber la complexité réglementaire et d’opérer à l’échelle européenne, de ceux dont les modèles resteront trop fragiles pour franchir ce cap ». En d’autres termes, la réglementation ferait un tri bienvenu sur un marché surchargé.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

