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Faux colis, fausses amendes : NordVPN traque désormais les SMS piégés

Le colis fantôme, l’amende à régler sous 48 heures, le compte formation qui expire : ces pièges saturent les téléphones français. NordVPN dégaine un détecteur de SMS frauduleux sur Android. Avec des limites, autant le savoir.

Un colis « en cours de livraison » que personne n’a commandé, une amende de stationnement dans une ville où vous n’avez jamais mis les pieds : le SMS frauduleux est devenu un bruit de fond du quotidien. NordVPN a décidé d’en faire son prochain terrain de chasse. Depuis le 8 juillet, son application Android embarque une protection des messages qui analyse les SMS entrants et signale les tentatives d’arnaque avant que le pouce ne parte tout seul vers le lien.

Que fait vraiment ce nouveau bouclier ?

C’est la troisième brique du même chantier en quatre mois : protection des appels sur Android en mars, extension aux iPhone en juin, et maintenant les SMS. Le fonctionnement reste dans la même veine. L’outil examine les messages provenant d’expéditeurs inconnus et affiche une alerte lorsqu’un contenu ressemble à une arnaque connue, faux transporteur, fausse banque ou faux service public. Il tourne en arrière-plan sans que la connexion VPN soit active, le tout dans l’application existante, et l’entreprise assure ne pas conserver le contenu des messages analysés.

Il faut toutefois lire les petites lignes. L’alerte ne bloque rien : le message arrive, à vous de décider. La couverture se limite aux SMS classiques, sans WhatsApp ni Telegram, et les iPhone restent à quai pour l’instant, restrictions du système oblige. Les premiers tests indépendants relèvent par ailleurs des verdicts encore inégaux d’un message à l’autre, et la détection s’appuie sur des schémas d’arnaque déjà connus, ce qui laisse par construction une fenêtre aux campagnes inédites. Un filet de sécurité, donc, pas une armure (votre banquier, lui, ne vous enverra jamais un lien à cliquer, jamais).

Lire aussi : Voici les 7 SMS d’arnaques qui font des ravages en France

Pourquoi la France est-elle devenue la cible favorite des escrocs ?

Si NordVPN soigne autant le marché français, c’est que celui-ci a tout de l’eldorado pour les fraudeurs. Les consommateurs de l’Hexagone encaissent en moyenne 12 appels indésirables par semaine, le pire score d’Europe, et 15 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà perdu de l’argent dans une escroquerie téléphonique. Quand le piège se referme, l’addition moyenne atteint 628 euros. Six Français sur dix ont déjà décroché face à un escroc sans le savoir. À l’échelle mondiale, les escroqueries ont englouti environ 442 milliards de dollars en un an dans 42 pays, et 57 % des adultes déclarent avoir été visés. La concurrence l’a bien compris : Bitdefender, Avast ou Surfshark occupent le même créneau, et Google glisse ses propres filtres antispam dans son application Messages.

Pendant ce temps, la réponse publique avance au rythme d’un dossier administratif. Le filtre anti-arnaque national, promis en 2022, a raté la Coupe du monde de rugby 2023, puis les Jeux olympiques de 2024, avant d’être inscrit dans la loi en mai 2024. Un projet de décret vise désormais le 1ᵉʳ septembre, avec une liste noire de sites frauduleux confiée à l’Office anti-cybercriminalité (les escrocs, eux, n’ont raté aucune échéance). Et encore : ce dispositif avertira au moment d’ouvrir un site piégé, il ne triera pas les messages eux-mêmes. Les deux approches se complètent donc plus qu’elles ne se concurrencent, l’une surveille la boîte de réception, l’autre le bout du lien.

En attendant le bouclier public, le meilleur réflexe reste gratuit : ne jamais cliquer, et transférer le message suspect au 33700.

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Source : NordVPN


Naïm Bada