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« Un écran noir au moment d’un penalty » : la guerre aux IPTV pirates est déclarée pour la Coupe du Monde

L’Arcom déploie un blocage en temps réel des flux IPTV pirates pendant la Coupe du Monde 2026. Les utilisateurs risquent un écran noir en plein match tandis qu’une loi pour automatiser les blocages est en préparation.

Juste avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, l’Arcom a envoyé un avertissement clair aux utilisateurs d’IPTV pirates. Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe du régulateur, a prévenu que ces utilisateurs risquent d’« avoir un écran noir au moment d’un penalty ». Ce n’est pas une métaphore : l’Arcom déploie pendant la compétition un nouveau dispositif de blocage en temps réel des flux illégaux, inédit à cette échelle en France.

Comment fonctionne le blocage en temps réel ?

Le dispositif cible directement les serveurs des plateformes IPTV pirates. Concrètement, dès qu’une adresse IP est identifiée comme diffusant illégalement un match, elle peut être bloquée pour la durée de la rencontre. Une fois le match terminé, le blocage est levé. L’idée est d’attaquer la source plutôt que de multiplier les injonctions : « Une fois que les serveurs ne sont plus accessibles, c’est quand même plus compliqué de se répliquer », a expliqué Combredet-Blassel.

Le mécanisme a déjà été testé lors de Roland-Garros, et les équipes de veille de l’Arcom seront renforcées pendant toute la durée du Mondial, du 11 juin au 19 juillet.

Un retard français criant face à l’Espagne

Le contexte justifie l’urgence. Le piratage représente un manque à gagner estimé à 300 millions d’euros par an dans le sport français, touchant aussi bien les ligues et les clubs que le sport amateur financé par les droits télé. Sarah D’Arifat, directrice juridique de beIN Sports France (détenteur de l’intégralité des 104 matchs du Mondial) dénonce « une concurrence complètement déloyale » : les abonnés IPTV pirates paient « une somme ridicule par an pour accéder à tous les contenus ».

Le retard de la France en matière de blocage est patent. En Espagne, 10 000 adresses de services pirates sont bloquées sur une seule journée de championnat. En France, c’est le volume bloqué en une année entière. Pour combler ce retard, l’Arcom et beIN Sports réclament l’automatisation des blocages, actuellement soumise à une intervention humaine. Une proposition de loi en ce sens doit être examinée à l’Assemblée nationale dans trois semaines.

En attendant, si vous envisagiez de regarder les matchs via une IPTV illégale, sachez que c’est aussi la source de diffusion la plus lente (jusqu’à une minute et demie de retard) et que les risques pour les utilisateurs vont bien au-delà d’un écran noir. Pour regarder la compétition dans les meilleures conditions, notre guide technique fait le point sur la 4K, le HDR et la latence selon les diffuseurs. Et si vous voulez savoir qui va remporter la compétition selon les IA, on a posé la question à cinq chatbots et leurs pronostics divergent.

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Source : Radio France