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Snapdragon C : après Google, Qualcomm part au front contre le Macbook Neo

Le fabricant de puces lance le Snapdragon C, une puce ARM d’entrée de gamme pour des portables Windows vraiment pas chers. Le problème, c’est que la mémoire n’a jamais coûté aussi cher.

Depuis des années, le PC portable Windows pas cher rime avec lenteur, ventilateur bruyant et regrets. Qualcomm pense avoir trouvé la formule magique avec sa nouvelle puce Snapdragon C (le « C » pour Compute, histoire de bien marquer le territoire), annoncée le 28 mai 2026 à la veille du Computex de Taipei. La promesse est alléchante : des portables à partir de 300 dollars, silencieux, autonomes toute la journée, et capables de faire tourner Windows 11 sans transformer chaque clic en exercice de patience.

Une puce ARM au rabais assumé

Pour atteindre ce tarif, Qualcomm a fait des choix. Le Snapdragon C n’utilise pas les cœurs Oryon maison qui équipent les Snapdragon X haut de gamme, mais des cœurs Kryo issus de l’architecture mobile (celle des smartphones, pour faire simple). La puce embarque bien un NPU pour l’intelligence artificielle locale, mais celui-ci n’est pas assez puissant pour décrocher le label Copilot+ de Microsoft. L’IA sera donc présente, mais bridée. Sur les spécifications précises (nombre de cœurs, fréquences, GPU), Qualcomm reste muet jusqu’à sa keynote Computex du 2 juin.

Acer a déjà dégainé un premier modèle : l’Aspire Go 15 (AG15-Q31P, un nom aussi mémorable qu’un mot de passe Wi-Fi généré automatiquement). L’engin affiche un écran de 15,6 pouces, jusqu’à 8 Go de RAM, 512 Go de stockage et du Wi-Fi 6E. HP et Lenovo suivront « plus tard en 2026 ». Les cibles sont explicites : étudiants, familles, petites entreprises.

Acer Aspire Go 15 Snapdragon
Acer Aspire Go 15 Snapdragon © Acer

Avec la pénurie de mémoire, la barre des 300 dollars promise par Qualcomm semble difficile à tenir, surtout si les constructeurs veulent proposer des configurations à 16 Go de RAM (quasi indispensables pour un usage fluide sous Windows 11). Le MacBook Neo d’Apple, lancé à 599 dollars aux États-Unis (699 euros en France), reste la référence à battre sur ce segment ARM. Qualcomm reprend la même recette qu’Apple (recycler une architecture mobile pour casser les prix), mais sans le contrôle vertical sur le matériel et le logiciel qui fait la force de Cupertino.

Un pari risqué, mais pas absurde

Windows sur ARM en entrée de gamme a une histoire douloureuse. Le Surface RT de 2012 (Windows RT, pour les nostalgiques) s’est soldé par un fiasco retentissant : 900 millions de dollars de charges passées par Microsoft sur les invendus. Depuis, l’émulation x86 s’est améliorée, les applications natives se multiplient, et l’adoption progresse lentement. Mais le marché reste méfiant.

Le pari de Qualcomm est simple : si l’expérience utilisateur tient la route (fluidité, autonomie, silence), les consommateurs pourraient accepter quelques compromis sur la puissance brute. Reste à voir si les constructeurs parviendront à sortir des machines à 300 dollars sans rogner sur l’essentiel. Les premiers tests, attendus après le Computex, diront si la promesse vaut mieux que le marketing.

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