C’est devenu une habitude désormais depuis quelques années : la conférence d’ouverture du Computex est assurée par Cristiano Amon, le CEO de Qualcomm.
Cette année, celui qui incarne l’entreprise américaine depuis 5 ans ne s’est pas contenté de faire la promotion de ses nouveaux produits, tels que la puce Snapdragon C, ou des produits à venir comme la puce Dragonfly taillée pour les serveurs. Le discours de plus d’une heure avait pour but de donner la vision du futur selon l’entreprise.
Dans cet exercice de pensée toujours un peu périlleux, Cristiano Amon s’est aventuré à définir ce que serait la 6G et quels seraient ses enjeux. Cette partie du discours a débuté avec une métaphore qui risque de rester : « La 6G va faire de nous tous des caméras ambulantes. »
Une nouvelle révolution pour les télécommunications ?
L’idée du patron de Qualcomm renvoie au fait qu’avec près de 6 milliards de smartphones, 2 milliards d’objets connectés et 2 milliards d’ordinateurs d’ici à 2030, le nombre de données individuelles va exploser. Ces données seront traitées en temps réel et pourraient donner une carte 3D de toute une ville, ou tout un pays en fonction des déplacements de ses habitants. Il faudra donc un réseau et des puces capables de traiter en temps réel ce niveau exceptionnel de données.

En réalité, ce n’est pas la première fois que Cristiano Amon partage sa vision de la 6G. Il avait déjà présenté une première ébauche de son analyse lors du Mobile World Congress 2026. Mais avec cette keynote d’ouverture au Computex, le CEO de Qualcomm est allé encore plus dans le détail et a dévoilé les trois strates qui composeront selon lui les contours de la 6G :
- La connectivité
- Le calcul (computing)
- La détection (sensing)
Les deux premières sont relativement classiques et pourraient être considérées comme les évolutions naturelles de la 5G. La connectivité, par exemple, est la base du réseau mobile. Dans la vision d’Amon, elle évolue évidemment dans un contexte où la quantité de données explose et où il faut traiter en continu des échanges de données entre des appareils connectés et des agents agentiques.
Le calcul (computing) nécessiterait pour sa part un changement de l’infrastructure : « Le réseau deviendra un réseau de contrôle de données IA. Les calculs IA seront distribués des stations de base aux bords du réseau jusqu’aux grands data centers ».
Sensing (détection) : l’enjeu majeur de la 6G ?

La dernière composante de la 6G, toujours selon Cristiano Amon, est nouvelle en revanche. C’est ce que le CEO de Qualcomm appelle la détection ou la perception. Il s’agit ni plus ni moins que d’une nouvelle capacité. « Le réseau utilisera les signaux radiofréquence et l’IA pour détecter les objets et les mouvements comme un grand radar », permettant par exemple la détection des voitures, des drones, des gens…
C’est en cela que chaque individu pourrait devenir un des radars de la 6G et c’est ce qui fait dire à Cristiano Amon, non sans avoir pris conscience de la portée de sa phrase, que nous pourrions tous devenir « des caméras ambulantes ».
Pour ce qui est de la 6G, la mise en route de la nouvelle norme ne devrait pas intervenir avant plusieurs années. Les premiers tests techniques seraient prévus courant 2028. Quant au lancement commercial, il ne devrait pas avoir lieu avant 2029.
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