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Ils flashent à 200 mètres de distance : ces nouveaux radars 3D vont devenir le cauchemar des automobilistes

Fini le coup de frein de dernière minute. De l’autre côté des Pyrénées, une nouvelle génération de radars crée des nuages de points 3D pour analyser votre conduite à 200 mètres de distance. Et en France ?

L’évolution des infrastructures de surveillance routière franchit un nouveau cap technologique. Durant cet été 2026, les autorités espagnoles activent une génération inédite de cinémomètres fixes sur leur réseau. Loin des traditionnels boîtiers à ondes radio, ces nouvelles installations s’appuient sur une combinaison redoutable de capteurs laser et d’intelligence artificielle.

Du simple faisceau au nuage de points 3D

La véritable rupture technologique réside dans le passage au LiDAR tridimensionnel. Historiquement, les radars équipés de lasers projetaient un faisceau sur un plan unique, une méthode sensible aux perturbations environnementales comme la fumée et limitée à une seule voie. Les nouveaux modèles, à l’image du Velolaser embarquant le capteur Noptel CMP52, comme l’ont repéré nos confrères de Journal du Geek, balaient l’espace sur les axes horizontaux et verticaux.

Cette projection génère un véritable nuage de points permettant à la machine de modéliser son environnement en trois dimensions. La vitesse n’est plus la seule donnée mesurée. L’appareil calcule instantanément le volume du véhicule et analyse sa trajectoire de manière dynamique. Grâce à cette discrimination en temps réel, l’algorithme fait immédiatement la distinction entre une voiture de tourisme, un poids lourd ou une moto, et applique la limite de vitesse légale correspondante à chaque gabarit. Les deux-roues, qui profitaient parfois d’une surface de réflexion trop étroite pour les anciens radars, sont désormais détectés avec une fiabilité totale.

Une portée qui neutralise les réflexes humains

L’architecture de ces nouveaux capteurs leur offre une portée effective de deux cents mètres, et ce dans les deux sens de circulation. Lors d’un entretien accordé à la radio espagnole COPE, José Eugenio Naranjo, universitaire madrilène spécialisé dans les systèmes de transport intelligents, souligne qu’il devient parfaitement illusoire d’espérer ralentir à la vue de la cabine. La mesure s’effectuant en une fraction de seconde bien en amont, la décélération humaine intervient invariablement après l’enregistrement de l’infraction.

Au-delà de la vitesse, la surveillance algorithmique du trafic

Si la verbalisation des excès de vitesse reste la fonction première, ces caméras posent les jalons d’une analyse comportementale globale. L’intelligence artificielle embarquée se tiendrait prête à repérer des manœuvres dangereuses, comme des changements de file brusques, le franchissement de lignes continues ou le non-respect des distances de sécurité. Ces équipements pourraient à terme fluidifier les passages aux péages et signaler instantanément les accidents ou les véhicules immobilisés.

Cette numérisation de la route soulève logiquement des interrogations quant à la protection de la vie privée. L’expert espagnol se veut rassurant en affirmant que l’anonymat des conducteurs est préservé tant qu’aucune infraction n’est détectée par le système. Il précise également que si les véhicules modernes connectés possèdent techniquement la capacité de transmettre eux-mêmes leurs propres infractions aux autorités, cette fonctionnalité n’est ni activée ni envisagée, afin de laisser à l’automobiliste le contrôle de ses données.

En France, des industriels travaillent déjà sur des dispositifs LiDAR 3D similaires, capables de traquer l’usage du smartphone au volant ou l’oubli de la ceinture. Quelques unités sont en phase d’exploitation sur le territoire hexagonal, bien que leur déploiement massif reste encore à programmer.

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