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Ce pays européen a peut-être trouvé la formule pour rendre ses avions et drones invisibles

Une start-up portugaise, issue d’un laboratoire de recherche à Lisbonne, a mis au point un revêtement à base de graphène capable d’absorber les ondes radar. Une innovation qui pourrait offrir à l’Europe sa propre technologie furtive, indépendante des États-Unis.

Depuis des décennies, la furtivité militaire est un domaine où les États-Unis n’ont quasiment aucun concurrent. Sa peinture radar, celle qui recouvre des chasseurs comme le F-35, est un matériau qui ne peut pas être exporté. Au Portugal, des chercheurs pensent avoir trouvé une alternative. Leur matériau, à base de graphène, absorbe les ondes électromagnétiques et compliquerait sérieusement la détection radar des aéronefs.

Un avion de chasse avec la signature radar d’un oiseau

Le projet est porté par GTechPlasma, une spin-off de l’Institut des plasmas et de la fusion nucléaire de Lisbonne. Son procédé repose sur un système à plasma qui permettrait, selon l’équipe, de manipuler le graphène à l’échelle atomique. Ce feuillet de carbone, un seul atome d’épaisseur, est obtenu à partir de précurseurs simples comme le méthane ou l’alcool éthylique. Le dispositif serait breveté aux États-Unis, en Europe et au Japon. En modifiant la « recette », l’équipe dit pouvoir ajuster les propriétés du matériau et produire un revêtement absorbant les radiations, radar compris.

Et les chiffres avancés impressionnent. Appliqué sur un F-16, ce revêtement réduirait sa signature radar à celle d’un simple oiseau sur les écrans adverses. « Quasiment invisible et bien plus difficile à détecter » : c’est ainsi que Bruno Soares Gonçalves, cofondateur de GTechPlasma, décrit l’effet du matériau auprès d’Euronews. Reste que cette estimation vient de l’entreprise elle-même. Aucun essai indépendant, aucun retour d’un client militaire ne l’ont pour l’instant confirmée. Dans un scénario de conflit, ce genre de discrétion changerait pourtant la donne : approcher une zone sans être repéré, ou n’être détecté que trop tard pour qu’une riposte s’organise.

De la poudre de laboratoire à la peinture de combat

Pour l’instant, ce graphène sort des machines sous la forme d’une poudre noire extrêmement légère, un format brut difficile à exploiter tel quel pour l’industrie de l’armement. C’est pourquoi la start-up s’est associée à un partenaire industriel, Plasmaphene, basé à Vila Viçosa et soutenu par le programme européen Compete 2030, pour passer à l’échelle. L’objectif affiché est de transformer cette poudre en solution prête à l’emploi, comme une peinture ou un vernis technique qu’un opérateur pourrait appliquer directement sur la carlingue d’un appareil.

Le projet a déjà dépassé le stade de la théorie de laboratoire. GTechPlasma, qui dit produire actuellement 40 milligrammes de graphène de haute qualité par minute, a livré un premier lot de 260 grammes de son matériau à un fabricant portugais de drones militaires, dont le nom n’a pas été précisé.

Si la défense reste le débouché le plus évident à court terme, la maîtrise atomique de ce graphène ouvrirait la porte à d’autres applications civiles : blindage électromagnétique, stockage de l’hydrogène, ou procédés de séparation de l’uranium et des terres rares. Une piste technologique européenne à surveiller de près, en attendant des résultats vérifiés en conditions réelles.

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