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J’ai gardé l’Oppo Find X9 Pro pendant un an : le meilleur smartphone de 2025 tient-il toujours la route ?

Après près d’un an passé à ses côtés, est-ce que l’Oppo Find X9 Pro tient encore la route ? Réponse en détail avec notre test long terme !

En fin d’année 2025, il n’y avait pas photo à notre avis, le Oppo Find X9 Pro se devait de remporter la palme du meilleur smartphone de l’année. Pour lui remettre ce verdict, nous nous sommes basés non seulement sur notre longue expérience de tests d’à peu près tous les téléphones du marché, mais aussi sur le travail acharné du 01lab et ses protocoles de test stricts et implacables.

Toujours est-il que, comme pour n’importe quel produit, notre temps de test à proprement parler n’a duré que 15 jours tout au plus. Or, lorsqu’une personne achète un smartphone, elle tend en moyenne à le garder quatre ans. Sans compter qu’aujourd’hui, la durée de mise à jour d’un appareil peut parfois monter jusqu’à sept ans. C’est pourquoi nous avons choisi de le conserver pendant une durée plus longue, en accord avec la marque, afin de voir comment il tenait la distance.

Voici donc le test long terme du Oppo Find X9 Pro de 01net.

Photo : justesse et polyvalence

Pour un smartphone vendu 1300 euros à son lancement, nous ne pouvions pas ne pas commencer par la photographie, argument principal pour tout poids lourd qui se respecte.

Oppo Find X9 Pro 6 Mois Après (2)
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Premier bon signe avant de plonger dans l’analyse des images, malgré le fait que je teste des dizaines de téléphones dans l’année (en parallèle de l’usage de celui-ci), je n’ai jamais ressenti un retour en arrière trop intense en revenant dessus concernant la photo. Mois après mois, je me suis habitué à son traitement de l’image et celui-ci me convient parfaitement.

Plusieurs choses m’ont séduite. La première, c’est la grande liberté et le sentiment de polyvalence qui se dégage ici. On passe aisément d’un module photo à l’autre, du X1, à l’ultra grand angle, en passant par le téléobjectif, soit en équivalent X3, soit en X6 grâce à un zoom dans le capteur, la qualité est toujours peu ou prou la même. J’entends par là qu’on ne perd ni en finesse de détails ni en colorimétrie, qui reste toujours cohérente d’un module à l’autre.

Grâce à cette base technique solide, on n’a pas peur de se laisser aller, en balade, en vacances, à chercher un cadre sympa, à trainer quelques minutes sur un détail pour attraper le cliché parfait. On peut aussi attraper quelques photos sur une pause du midi pour montrer un setup à un ami, pour prendre en photo une montre qu’on veut vendre sur Le Bon Coin, ou attraper le portrait d’un collègue. Tout cela fonctionne généralement du premier coup et en automatique, sans se prendre la tête, avec un beau rendu naturel et un bokeh plutôt esthétique dans le cas du portrait.

Malheureusement, notre outil de galerie photo ne peut pas afficher le HDR, il n’est donc pas visible. Mais l’expérience que j’en ai eue est excellente, avec un Pro XDR très bien maitrisé, qui ajoute une vraie profondeur aux photos là où il faut, sans transformer le tout en « rendu HDR » qui peut parfois donner un résultat peu naturel. Dans mon cas, les clichés et vidéos en Pro XDR étaient parfaitement repris et stockés par Google Photos, que j’utilise pour les stocker dans le cloud.

Tout n’est pas parfait, bien évidemment, et j’ai quelques griefs à formuler (pour un éventuel Find X10 Pro peut-être ?). Déjà l’emplacement du microphone m’a paru assez malvenu. En effet, celui-ci est situé sur la tranche inférieure (lorsqu’on tient le téléphone en format portrait). Résultat, qu’on filme en portrait ou en horizontal, on se prend très souvent à poser ses doigts dessus et donc à bloquer l’arrivée du son. Heureusement, une petite notification vient vous prévenir, mais vous aurez déjà raté le début de votre film.

Deuxième petite anicroche : dans des environnements peu éclairés, j’ai obtenu beaucoup de clichés assez flous. C’est un classique sur la photographie de nuit sur smartphone, mais il n’empêche, j’aimerais que le téléphone trouve un moyen pour éviter cela et il me semble que certains, comme le Google Pixel, parviennent à attraper plus rapidement une scène, évitant ainsi le flou de mouvement. Plus spécifiquement, sur des scènes un peu éloignées, comme la scène de chute libre, on peut voir que le smartphone a du mal à choisir au niveau de l’exposition. Difficile de lui en vouloir tant la scène est complexe ici.

Concernant le traitement colorimétrique, je n’ai personnellement rien à redire. Certains le trouveront peut-être un poil saturé sur les verts, mais, dans l’ensemble, cela m’a rarement choqué et j’ai plutôt eu tendance à pousser un « pfiou » de satisfaction lorsque je consultais mes clichés le soir après une session photo.

Bouton photo : je ne peux plus m’en passer

Un des points forts de ce téléphone est, et je ne pensais jamais écrire ceci, son déclencheur photo. Oui oui, restez avec moi, vous allez voir.

Recontextualisons rapidement l’affaire : le bouton photo est apparu parce qu’Apple l’a ajouté sur son iPhone 16. Bien vite, tous les concurrents d’Apple ou presque, Oppo y compris donc, se sont empressés d’en ajouter un. Et à priori, ça ne sert à rien sur le papier. On pouvait déjà invoquer l’appareil photo en double-cliquant sur le bouton.

Oppo Find X9 Pro 6 Mois Après (7)
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Mais à l’usage, j’ai fini par trouver l’emplacement de ce bouton tout de même bien pratique. Dès qu’une scène méritait que je la capture avec mon appareil photo, je pouvais dégainer bien vite, et même ajuster un peu le focus ou zoomer légèrement. Malheureusement, c’est aussi sa rançon de la gloire : je me suis souvent retrouvé à zoomer et dézoomer sans faire exprès.

Autre avantage à ce nouveau bouton : cela libère de l’espace pour Gemini. En effet, depuis que l’assistant de Google s’est mué en un chatbot dopé aux LLMs, et même depuis l’avènement de ChatGPT, l’action de maintenir le bouton d’alimentation est devenue synonyme de l’invocation de ces petites bêtes. Résultat, difficile de se couper de cet usage pour appeler son appareil photo. Le bouton vient résoudre ce point.

Autonomie : je ne sais plus ce que c’est que d’être à sec

Concernant l’autonomie, ça va être simple. Je n’ai rien à dire. Ou plutôt je n’ai rien à lui reprocher. C’est bien simple, je ne charge plus mon téléphone la nuit. Je le charge quand il y a besoin. Je n’ai plus ce stress de la batterie vide, que l’on a tous déjà connu.

Oppo Find X9 Pro 6 Mois Après (2)
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Pour donner un peu de contexte : il est 17h20 quand j’écris ces lignes, j’ai passé la journée au bureau sur le WiFi et il me reste… 70 % d’autonomie. Autant vous dire que si j’oublie de charger ce soir, je ne risque pas de me réveiller en panique.

Autre exemple : sur les dix mois, je me suis souvent retrouvé à rentrer de soirée avec 10 % de batterie restante ou approchant. Avec un autre téléphone, j’aurais été obnubilé par l’idée de devoir finir le trajet avec une brique morte. Là, moyennant l’activation du mode économie d’énergie, j’avais la certitude qu’il n’allait pas me clamser entre les doigts.

Charge : un poil décevante ?

C’est peut-être l’élément que j’ai trouvé finalement le plus inutile sur ce téléphone ? Mais pour être honnête, cela est peut-être dû à mon installation à la maison.

Depuis de nombreuses années, les marques chinoises mettent en avant des pics de charge très importants. Ici, nous avons le droit à 80 W en filaire. Sauf que voilà, pour en profiter, il faut posséder un chargeur officiel de la marque. Avec un chargeur lambda, vous obtiendrez au mieux 55 W, le pic maximum de ce que supporte le téléphone sur le standard PPS. Et encore, si votre chargeur ne supporte que le Power Delivery, alors vous monterez à 11,5 W.

Test Oppo Find X9 Pro Usb C
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Bref, tout ça pour dire que dans un usage réel, c’est-à-dire celui d’une personne qui ne se trimballe pas le chargeur officiel de son téléphone partout, je n’ai que très peu profité des 80 W. Résultat, je n’ai pas trouvé la charge plutôt pratique, ni lente, ni particulièrement véloce.

Interface : ColorOS devrait étendre sa palette

Un mot sur l’interface de Oppo, ColorOS. Ce qui va suivre pourra être considéré comme un défaut ou une qualité, mais elle manque un peu de personnalité. Entendons par là qu’elle se contente d’être fluide, de proposer les basiques efficaces, toutes les fonctionnalités habituelles, quelque gestion de widgets par-dessus ça et basta.

Test Oppo Find X9 Pro Interface
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Si vous cherchez une interface simple et sans chichi, plutôt ergonomique, vous serez servi. En revanche, si vous avez déjà goûté aux interfaces des Google Pixel, de Samsung ou de l’iPhone, vous aurez sans doute l’impression qu’il manque un petit quelque chose.

Ces trois exemples, qu’on peut considérer comme les meilleures interfaces en activité sur smartphone, ont le bon goût d’ajouter des fonctionnalités exclusives, certes plus ou moins utiles, mais qui donnent davantage l’impression d’utiliser un appareil avec du chien. Le cas du Pixel étant peut-être même encore plus exacerbé, avec l’arrivée tous les trimestres de nouvelles fonctionnalités avec les Pixel Drop.

Design et écran : juste ennuyeux comme il faut

Terminons par des considérations plus générales en commençant par le design. Celui-ci est somme toute assez classique à plusieurs égards. Un format ni trop grand ni trop lourd, des tranches plates au coin arrondi, un bloc photo assez passe-partout, mais avec un peu de personnalité. Je viens de décrire le portrait-robot du smartphone de base en 2026.

Oppo Find X9 Pro 6 Mois Après (5)
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Toujours est-il que, même un an après, on se plait à apprécier les finitions soignées, les bordures noires très fines autour de l’écran, le port de main qui est excellent. Le téléphone a trouvé un juste équilibre.

Niveau robustesse, malgré pas mal de chutes sur une année, le smartphone a bien tenu le coup. Sa couleur grise a sans doute aidé quelque peu, mais, dans l’ensemble, les traces d’usure et de chutes, après une année, ressemblent davantage à de la patine qui apporte un peu de caractère sans dégrader l’expérience.

Oppo Find X9 Pro 6 Mois Après (4)
© Guillaume du Mesgnil d’Engente / 01net.com

Un point gênant à noter tout de même, la protection d’écran s’est usée assez rapidement, en l’espace de quelques mois, avec l’apparition de bulles rendant l’expérience moins bonne. Cela m’a obligé à) la retirer et, assez logiquement, le verre de l’écran a fini par accumuler les petites rayures. Deux remarques là-dessus : pensez évidemment à protéger le vôtre, mais surtout, après environ six à huit mois sans protection, force est de constater qu’aucune rayure n’est assez importante pour que je la remarque à l’usage, que ce soit via mes doigts ou mes yeux. C’est donc plutôt rassurant.

Écran : parfait pour du contenu light

Pour terminer ce tour des derniers petits détails, j’ai bien apprécié l’écran. Si on se replonge dans les mesures au moment du test, le Oppo affichait une très bonne calibration en sRGB notamment, et une température de couleur assez naturelle avec 6649 K lorsqu’on vise les 6500 K idéalement. La luminosité maximale de 2190 cd/m² n’était pas en reste.

À l’usage sur toute une année, j’ai particulièrement apprécié l’expérience. Le côté bien calibré se sent, on a vraiment l’impression de regarder les « vraies couleurs » lorsqu’on regarde du contenu dessus. Pour ce qui est de la luminosité, ça crache pas mal, sans pour autant atteindre les sommets qu’on peut voir ailleurs.

J’ai bien apprécié le format 19,5/9 aussi, qui permet de se rapprocher un peu plus de 16/9 et de conserver une bonne partie de l’image lorsqu’on zoome sur un contenu en 16/9.

La situation d’Oppo en France

Oppo part, puis revient, puis appuie sur le frein, puis réaccélère. En tant qu’observateurs privilégiés de la marque, nous avons pu constater que, depuis le départ officiel de France en 2023, Oppo n’est pas encore parvenu à rassurer pleinement sur ses intentions pour le Vieux Continent.

Sans citer personne, nous avions, par exemple, un contact privilégié auprès de la marque, basé en France, une personne qui connait la marque sur le bout des doigts, et qui a été remerciée assez soudainement. Depuis, nos principaux contacts sont des représentants de la marque basés en Europe et pas nécessairement en France. Sans remettre en cause leurs qualités, la marque entretient donc un flou.

Et si l’on dézoome quelque peu, ce n’est pas beaucoup mieux. Realme, la sous-marque dirigée vers les jeunes de Oppo, a tenté un retour en force en France, mais les retours en interne laissent penser que la situation demeure complexe. Quant à OnePlus, la marque semble prête à être liquidée d’un moment à l’autre, malgré les dénégations des principaux intéressés, celle-ci n’investit quoiqu’il arrive plus autant que lors de ses plus belles années.

Tout cela nous amène à une conclusion mi-figue mi-raisin sur ce point. D’un côté, acheter un produit du groupe Oppo demeure un pari, bien plus risqué que pour une marque très installée type Apple ou Samsung, voire Xiaomi. Mais d’un autre côté, s’il y a bien une marque du groupe qu’ils semblent prêts à pousser, c’est Oppo.

Ajoutons que, grâce à la nouvelle réglementation européenne en matière de mises à jour, même en cas de départ définitif d’Europe, l’entreprise devra tout de même assurer un service minimum sur le sujet pour une durée de cinq ans après la commercialisation du smartphone.

Verdict : comme le bon vin

Au moment de réaliser une petite conclusion sur cette année passée en sa compagnie, je dois le dire : je me suis parfaitement habitué à la présence de ce Oppo Find X9 Pro dans ma vie. J’utilise des dizaines de smartphones par an lors de mes tests, et pourtant, ce téléphone ne m’a jamais paru « pas assez ».

Bien au contraire, avec le temps, j’ai l’impression de m’être de plus en plus attaché à son profil rassurant, bien aidé par une autonomie exceptionnelle, une capacité à répondre à n’importe quelle séance photo que je lui soumettais et à m’accompagner sans aucun problème majeur, tout simplement.

Aujourd’hui, il est vendu au prix de 1000 euros, soit une bonne décote par rapport aux 1300 euros de son lancement. Si vous le trouvez à ce prix, voire un peu moins, il me semble qu’il s’agit d’une excellente proposition de valeur et un téléphone qui devrait vous accompagner très efficacement dans les années à venir.

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Titouan Gourlin