Même s’il est toujours en bonne position des ventes en Europe, le groupe Volkswagen s’apprête à réduire la voilure pour faire face à la profonde crise traversée par l’industrie automobile. Oliver Blume, le directeur général de la marque allemande, a confirmé que le groupe envisagerait de licencier jusqu’à 100 000 personnes d’ici 2030, ce qui est deux fois plus qu’initialement annoncé.
Chute des bénéfices : les chiffres qui expliquent la déroute
Il faut dire que l’entité rencontre de sérieuses difficultés avec une forte baisse de ses recettes l’an dernier liée à des ventes en nette diminution sur les marchés clés. Pour vous donner une idée du désastre, les bénéfices du groupe étaient de 22,6 milliards d’euros en 2023 avant de baisser à 19,1 milliards d’euros en 2024. C’est sans commune mesure avec la suite : la chute en 2025 est en effet terrible, avec seulement 8,9 milliards d’euros encaissés.
Concurrence chinoise et coûts opérationnels : pourquoi Volkswagen vacille
Ajoutons à cela une concurrence accrue des marques chinoises extrêmement compétitives et vous obtenez un cocktail explosif. Blume a confirmé que les coûts opérationnels du groupe Volkswagen étaient 20 % plus élevés que ceux de ses meilleurs concurrents. La survie ne tient alors qu’à une seule solution, celle de réduire drastiquement les dépenses en taillant dans les effectifs.
Le géant allemand face à son destin : vers une réduction massive des effectifs
Le dirigeant précise que Volkswagen « évalue actuellement, pour toutes les marques, entreprises et régions, le nombre d’ajustements réellement nécessaires et réalisables ». Avant d’en arriver à une unique conclusion, celle de « devenir plus efficaces, plus robustes et plus simples [en réduisant les] coûts ». Cela conduit notamment à la mise entre parenthèses de la production des usines les moins rentables.
Zwickau, Emden, Hanovre : les sites stratégiques menacés
On pense notamment à celles de Zwickau et d’Emden dédiées à la fabrication de modèles électriques, mais également à celles d’Hanovre et de Neckarsulm. La situation est sévère en Chine, où les ventes du groupe allemand ont baissé de 26 % au premier trimestre. Aux États-Unis, ce sont les droits de douane de l’administration Trump qui font mal, avec un ralentissement de 7 % des ventes.
Des syndicats aux abois : une paix sociale devenue fragile
La décision avait déjà fait grand bruit quelques années auparavant. Fin 2024, après des menaces de grèves s’annonçant historiques, Volkswagen a conclu un accord avec les plus grands syndicats allemands pour supprimer 35 000 emplois d’ici 2030 de manière « socialement responsable », et 15 000 autres postes dans ses autres marques que sont Audi, Skoda, Porsche, Seat et Cupra. Cela n’a visiblement pas freiné le groupe qui double aujourd’hui la mise…
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Source : BBC

