Amazon a lancé la semaine dernière la deuxième génération du Fire TV Stick HD. Plus fin de 30 %, équipé d’un port USB-C et compatible Wi-Fi 6, le boîtier de streaming affiche une fiche technique sans surprise. Ce qui change radicalement, c’est le logiciel. Le nouveau modèle tourne sous Vega OS, un système propriétaire basé sur Linux qui remplace l’ancien Fire OS dérivé d’Android. Sur la page produit, certains acheteurs découvrent un avertissement inédit : « Ce dispositif empêche le sideloading. »
Pourquoi Amazon ferme la porte aux applications extérieures
Le sideloading désigne l’installation d’applications en dehors du magasin officiel. Sur les anciens Fire TV Stick sous Android, la manipulation prenait quelques minutes. Elle a fait la réputation du boîtier auprès de deux publics très différents. D’un côté, des amateurs de personnalisation qui installaient des lecteurs multimédia comme Kodi, des lanceurs alternatifs ou des outils domotiques. De l’autre, des utilisateurs d’IPTV pirate. Ceux-là transformaient la clé à 40 euros en passerelle vers des milliers de chaînes sportives, sans débourser un centime.
Au Royaume-Uni, 60 % des flux sportifs piratés transiteraient par des Fire TV Stick ou des boîtiers IPTV. Le chiffre, issu d’une enquête de The Athletic publiée fin 2025, a pesé dans la décision d’Amazon. Dès novembre 2025, le groupe a lancé un blocage mondial des applications identifiées comme illégales. L’opération s’appuie sur l’Alliance for Creativity and Entertainment, coalition regroupant une bonne partie des grands noms du streaming vidéo : Disney, Netflix et HBO. La France et l’Allemagne ont servi de terrain d’essai.
Avec Vega OS, Amazon passe à l’étape suivante. Au lieu de bloquer les apps une par une, le système empêche purement et simplement toute installation extérieure. La page développeurs d’Amazon, mise à jour en octobre 2025, confirmait déjà la trajectoire. « À compter du Fire TV Stick 4K Select, tous les futurs Fire TV Stick tourneront sous Vega. » Le modèle HD lancé cette semaine est le deuxième appareil à embarquer ce système. Les prochains suivront.
Que perdent les utilisateurs qui n’ont jamais piraté
Le problème, c’est que le verrouillage ne fait aucune distinction. Les utilisateurs qui installaient Kodi pour lire leurs propres fichiers vidéo sur un serveur local perdent cette possibilité. Ceux qui utilisaient des lanceurs alternatifs pour échapper à l’interface publicitaire d’Amazon aussi. Les applications VPN non référencées sur l’Appstore deviennent inaccessibles. Le sideloading n’a jamais été officiellement supporté par Amazon. Il constituait pourtant un argument d’achat implicite pour une partie de la clientèle.
Le calendrier n’est pourtant pas le meilleur pour ce type de changements. La même semaine, un recours collectif a été déposé en Californie contre Amazon. Le plaignant accuse le groupe d’avoir rendu inutilisables ses anciens Fire TV Stick de première et deuxième génération en cessant les mises à jour logicielles. Résultat : des appareils devenus lents, instables, incapables de faire tourner les applications de streaming correctement. Amazon pousse donc ses clients à remplacer des boîtiers qu’il a laissé mourir par des modèles neufs sur lesquels ils auront moins de contrôle qu’avant.
Amazon a tout de même précisé que les principaux services de streaming (Prime Video, Netflix, Disney+, YouTube, Apple TV) fonctionnent sur Vega OS. L’Appstore reste ouvert aux développeurs tiers, moyennant validation. Mais pour les bidouilleurs et ceux qui voyaient le Fire TV Stick comme un mini-ordinateur à tout faire, le message est limpide. Le boîtier, dont la date de sortie en Europe n’est toujours pas fixée, reste le moins cher du marché (44,99 €). Il est aussi, désormais, le plus fermé.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

