Après avoir échappé de peu à une interdiction aux États-Unis, TikTok montre patte blanche en Europe. Le réseau social aux 200 millions d’utilisateurs européens va construire un deuxième centre de données d’un milliard d’euros en Finlande, nous apprend Reuters, ce mercredi 8 avril. Ce nouveau data center fait partie du « plan Clover » destiné à rassurer les Européens sur leurs craintes d’ingérence et de manipulation de la part de la Chine. L’entreprise s’est engagée à stocker les données des utilisateurs du Vieux continent en Europe, avec des contrôles plus stricts.
Il s’agit d’un nouvel élément s’inscrivant au sein de cette « initiative européenne de souveraineté des données de 12 milliards d’euros visant à offrir une protection de pointe aux données (…) des utilisateurs européens », a précisé la plateforme chinoise à nos confrères. Ce deuxième centre de données sera opérationnel en 2027. Il aura une capacité initiale de 50 mégawatts (MW) et une capacité potentielle totale de 128 MW à Lahti, dans le sud de la Finlande, a-t-elle encore ajouté à l’agence de presse.
Stocker les données des Européens en Europe
L’annonce intervient quelques mois après la cession forcée de sa filiale américaine aux États-Unis.
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En Europe, le réseau social fait face à de nombreuses procédures et pressions notamment liées à son impact sur la santé mentale des jeunes utilisateurs.
Pour rassurer le Vieux continent sur les soupçons d’espionnage et de manipulation qui pèsent sur le réseau, TikTok avait expliqué mettre en place, sur dix ans, son « projet Clover ». Le projet consiste à héberger les données personnelles des Européens en Europe (en l’occurrence en Irlande et en Norvège). Aux États-Unis, le réseau social appartenant au géant chinois ByteDance avait proposé un plan similaire (le plan Texas) avant d’être contraint de vendre sa filiale américaine à des fonds américains.
Plusieurs procédures en cours en Europe
En 2022, ByteDance avait en effet reconnu que les données des internautes européens et américains étaient susceptibles d’être consultées par des employés chinois, de quoi raviver les craintes de manipulation de la part de Pékin. Diverses enquêtes s’en étaient suivies, dont celles de la Commission européenne sous l’égide du DSA, avec potentiellement des amendes à la clé. Plusieurs procédures ont aussi été initiées en France et en Irlande, où TikTok a écopé d’une amende de 530 millions d’euros pour avoir transféré des données personnelles vers la Chine sans garanties suffisantes.
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Santé mentale des adolescents : le gouvernement français part à l’assaut de TikTok
Dans l’Hexagone, une plainte a été déposée après le suicide d’une adolescente, en septembre 2023. Un recours collectif a ensuite été initié en novembre 2024. En novembre 2025, le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête sur l’algorithme de TikTok qui serait susceptible de pousser les plus « vulnérables vers le suicide ».
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De son côté, la Finlande attire de nombreux projets de data centers. Dans le pays, TikTok avait lancé un premier data center à Kouvola, qui devrait être opérationnel en fin d’année. Le projet avait suscité une vive polémique. Celui qui était alors ministre finlandais de l’Économie, Wille Rydman, avait demandé au partenaire local de TikTok de reconsidérer l’accord, déplorant des préoccupations de sécurité et un manque de transparence sur ce projet.
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