Un jeu vidéo publié le 12 mai 2026 sur Steam par un développeur indépendant se présentant comme le « créateur des pires jeux de l’humanité » a déclenché une vive polémique. Baptisé Plantation Simulator, il place le joueur dans la peau d’un propriétaire de plantation esclavagiste et propose une mécanique de jeu centrée sur la violence raciste. Dix jours après sa mise en ligne, Valve n’a toujours pas réagi. La France, elle, a décidé d’agir.
Valve dans le silence, malgré des règles claires
La politique officielle de Steam indique pourtant explicitement interdire les contenus « manifestement offensants ou conçus pour choquer » ainsi que les discours haineux. Le jeu en question semble correspondre point par point à ces critères, comme l’a relevé Kotaku, qui note que Valve n’a répondu à aucune des sollicitations des médias. Le développeur lui-même, FzzyBzzy, a exprimé sa surprise sur X d’avoir obtenu l’approbation de Steam, écrivant : « Je suis étonnamment surpris qu’il ait été approuvé. Où est la limite ? ».
Ce n’est pas la première fois que la modération de Steam est mise en cause. Des développeurs ont régulièrement dénoncé l’incapacité de Valve à agir contre des avis racistes, homophobes ou antisémites publiés sur leurs pages, même lorsqu’ils en font la demande explicite. L’enquête de People Make Games en 2023 avait révélé que Gabe Newell, fondateur de Valve, est notoirement libertarien sur les questions de liberté d’expression. Une position qui se traduit concrètement par une modération au minimum légal.
La France saisit l’Arcom
La ministre déléguée chargée du Numérique, Anne Le Hénanff, a annoncé sur X avoir saisi l’Arcom et effectué un signalement sur la plateforme Pharos : « Aucune plateforme n’est au-dessus des lois. Quand des contenus aussi ignobles font l’apologie de l’esclavage et de la violence raciste, il n’y a pas d’ambiguïté : on dénonce, on signale et on saisit immédiatement les autorités compétentes ». La saisine de l’Arcom intervient le jour même où la France célèbre le 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
La principale difficulté est que Steam est une plateforme américaine, ce qui complique l’application du droit français. L’Arcom dispose néanmoins de leviers réglementaires pour exiger le retrait de contenus illégaux sur le territoire national.
La mise à jour troll et ses conséquences cyniques
Le développeur a entre-temps publié une mise à jour remplaçant les personnages du jeu, désormais des femmes en bikini, et substituant la mécanique de fouet par une animation de cœurs. Le texte d’accompagnement, publié sur un ton délibérément décalé, présente ces changements comme des « corrections » demandées par la communauté. La description du jeu a été entièrement réécrite pour effacer toute référence au contenu raciste originel.
We’re just gonna let the trailer speak for itself UwU pic.twitter.com/NZmjq16lyf
— FzzyBzzy (@FzzyBzzy) May 22, 2026
L’effet a été immédiat et révélateur : les avis positifs d’utilisateurs racistes, qui avaient salué le contenu original, ont laissé place à des avis négatifs se plaignant ironiquement d’un « manque de diversité » et d’une « suppression de la représentation des personnes noires », des commentaires qui trahissent leur propre cynisme. La mise à jour n’a pas conduit Valve à agir davantage.
À la date de rédaction de cet article, la disponibilité du jeu sur Steam reste incertaine et susceptible d’avoir évolué depuis.
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