Project Titan, le projet automobile d’Apple, aura duré près d’une décennie et englouti plusieurs milliards de dollars avant d’être discrètement abandonné début 2024 (zéro véhicule livré, zéro prototype annoncé publiquement, un record dans l’industrie pour toutes les mauvaises raisons). Parmi les ingénieurs qui y ont travaillé figure Julian Hoenig, designer industriel qui a également signé l’Apple Watch et le Vision Pro. Le voilà co-fondateur d’Amble, une start-up lancée à Lisbonne avec une équipe venue d’Audi, de la firme de design londonienne forpeople et de l’univers de l’hôtellerie de luxe portugaise.
Un quadricycle homologué route, sans portes et sans écran
L’Amble One entre dans la catégorie européenne L7e : moins de 450 kg, moteur électrique de 15 kW, ce qui lui permet de circuler sur route sans être soumis à la réglementation automobile classique. Spécifications : 100 km d’autonomie, vitesse maximale de 65 km/h, batterie de 12 kWh rechargeable en cinq heures sur prise standard. Pas de portes, peu d’écrans (un affichage numérique sobre, des commandes physiques), des matériaux résolument terrestres : aluminium, liège, cuir, coton et tissu marin. Du liège, vraiment.

Les premières livraisons, en 2027, iront aux clients du secteur hôtelier : Amangiri dans l’Utah, Mustique dans les Caraïbes, Six Senses en Val de Loire. Les commandes individuelles s’ouvrent maintenant, avec un dépôt de 100 dollars remboursable, et les premières livraisons aux particuliers sont prévues pour 2028. Le tout à partir de 20 000 € hors taxes, soit plus de deux fois le prix d’une Citroën Ami, et quelques pouillèmes comparé aux milliards qu’aura coûté le projet automobile qu’Hoenig vient de quitter.
Du véhicule lunaire d’Apollo aux routes côtières
Hoenig dit s’être directement inspiré du Lunar Roving Vehicle, le buggy électrique utilisé par la NASA lors des missions Apollo 15, 16 et 17 entre 1971 et 1972. Le LRV était un objet de design contraint par la nécessité absolue : châssis exposé, poids réduit au minimum, zéro fioriture. Amble a appliqué la même logique à l’Amble One. Le liège, notamment, prend une patine avec l’usage plutôt que de se dégrader, quand l’aluminium du châssis est laissé visible comme un squelette assumé. Du design qui vieillit, là où la plupart de l’industrie automobile vend du neuf à durée limitée.
Hoenig est catégorique sur un point : rien du projet Titan n’a techniquement migré dans l’Amble One. Ce qui reste, c’est une philosophie héritée d’Apple (choisir le bon matériau pour le bon usage, laisser la fabrication définir la forme) qui aboutit ici à l’exact opposé d’une voiture : pas de vitres, pas de hayon, pas d’insonorisation. Un véhicule qui ne protège pas du monde mais qui y plonge. L’Amble Two, version avec portes et toit prévue pour 2029, visera les trajets urbains et le remplacement d’une seconde voiture. La vraie proposition de masse, si elle arrive.
Pour l’instant, à 20 000 €, l’Amble One se commande en ligne, en attendant que les resorts de Loire et des Caraïbes daignent le partager avec leur clientèle.
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Source : Wired

