Le fournisseur français de cloud OVHCloud veut devenir un acteur de référence dans le secteur de la Défense en Europe. Les armées ont de plus en plus recours à des services numériques pour exploiter des flux de données provenant de champs de bataille, fonctionner en mode déconnecté ou communiquer des informations estampillées secret défense. Or, ces prestations sont fournies en majorité par « des acteurs extra-européens » comme AWS (Amazon), Azure (Microsoft) et Google Cloud. Un problème pour « l’Europe, (qui) ne peut plus se permettre de dépendre de technologies extra-européennes ». Le Vieux continent doit « disposer d’alternatives performantes et souveraines », estime Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud redevenu PDG en octobre dernier.
Le champion français du cloud a annoncé, dans un communiqué du 31 mars dernier, diffusé pendant le Forum InCyber 2026, « accélérer ses activités dans la Défense en Europe ». Cette nouvelle intervient « dans un contexte de digitalisation accélérée des armées et de dépendance persistante aux technologies extra-européennes ». OVHCloud joue depuis des années la carte de l’alternative souveraine et européenne aux hyperscalers américains (Google, Microsoft et Amazon) : un atout devenu particulièrement important dans le secteur sensible et stratégique de la Défense.
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Dépendance et espionnage
Les géants américains sont en effet soumis au Cloud Act et à la loi Fisa, des lois extraterritoriales américaines qui contraignent ces sociétés à communiquer des données sensibles à l’administration américaine, y compris lorsqu’elles sont collectées en Europe, et qu’elles soient plus que confidentielles : de quoi créer un problème de dépendance et de vulnérabilité (espionnage), en particulier lorsque les informations touchent de près ou de loin au secteur des armées.
Le Français OVHCloud explique justement « s’appuyer sur une maîtrise complète de sa chaîne technologique pour répondre aux exigences des environnements les plus sensibles ». Pour répondre aux « enjeux de souveraineté et d’autonomie stratégique », le fournisseur de cloud a ajouté avoir recruté « des experts issus des forces armées et de l’industrie de la Défense ».
Bruxelles veut aussi des alternatives aux technologies américaines pour son partage de données militaires entre 27
Le fournisseur de cloud français travaille déjà en France pour le ministère des Armées, rapporte La Voix du Nord. Il s’agirait désormais de proposer ses services dans toute l’Union européenne. Pour Octave Klaba, PDG fondateur d’OVHcloud cité dans le communiqué, « nous allons proposer à l’échelle européenne des solutions cloud et IA, mais aussi une expertise capable d’accompagner la transformation des armées et de renforcer notre autonomie stratégique ».
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De son côté, Bruxelles cherche aussi à mettre en place des solutions alternatives aux technologies américaines pour permettre aux armées des 27 pays de l’Union européenne de partager des données militaires. L’idée, expliquée par Euractiv, serait de créer un espace de données dédié, ainsi qu’un cloud militaire souverain.
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