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IA : Nvidia à son tour attaqué pour violation de droit d’auteur

Le leader mondial des semi-conducteurs est l’objet d’une action en justice pour violation des droits d’auteur par trois écrivains américains. Ces derniers accusent Nvidia d’avoir utilisé sans autorisation leurs œuvres pour entraîner son IA NeMo.

Après OpenAI et Microsoft, le géant des semi-conducteurs Nvidia est attaqué en justice par trois auteurs aux États-Unis. Ces derniers accusent le leader mondial des puces d’avoir violé leur droit d’auteur en utilisant leurs livres pour entraîner sa plateforme d’IA NeMo. Une proposition de recours collectif a été déposée vendredi soir devant le tribunal fédéral de San Francisco, nous apprend Reuters ce lundi 11 mars. Brian Keene, Abdi Nazemian et Stewart O’Nan y affirment que leurs œuvres faisaient partie d’un ensemble de données d’environ 196 640 livres, qui auraient servi à former NeMo. Ces data auraient été utilisées pendant trois ans avant d’être « retirées » au mois d’octobre dernier, « en raison d’une violation signalée des droits d’auteur », selon le recours.

Or, ce retrait correspondrait, pour les auteurs de la procédure collective, à un aveu : Nvidia, dont les semi-conducteurs sont utilisés pour développer les IA génératives comme ChatGPT, aurait admis avoir entraîné NeMo à partir de l’ensemble de données. L’entreprise aurait par là même reconnu avoir violé leur copyright, selon ces derniers. Ils réclament des dommages et intérêts, sans en préciser le montant, et pourraient bientôt être rejoints par d’autres écrivains qui s’estiment lésés.

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Une nouvelle action en justice menée par des auteurs

Cette nouvelle affaire s’ajoute à la liste des actions en justice menées par les ayants droit et les auteurs contre les entreprises développant des IA génératives. Depuis janvier 2023, date de l’action en justice de trois artistes contre Stable Diffusion, Midjourney et DeviantArt – des IA permettant de générer des images – les plaintes n’ont fait que se succéder. Getty Images, une plateforme de photographies protégées par le droit d’auteur, a attaqué la même Stable Diffusion un mois plus tard, avant que des écrivains ne mènent une action en justice en juillet dernier contre Meta (qui a lancé LLaMa) et OpenAI (le développeur de ChatGPT).

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Ils ont été suivis, cinq mois plus tard, par un autre groupe de onze auteurs, qui ont cette fois attaqué OpenAI et son partenaire Microsoft. Puis c’est le New York Times qui a attaqué les mêmes OpenAI et Microsoft pour violation du droit d’auteur, affirmant que ces deux sociétés avaient utilisé ses articles sans son consentement pour développer leurs outils d’IA.

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NeMo, une plateforme d’IA destinée aux chercheurs

Jusqu’à présent, Nvidia échappait aux poursuites. L’entreprise américaine est surtout connue pour écraser le marché des semi-conducteurs, utilisés notamment pour développer des IA génératives. Mais elle travaille aussi sur une plateforme d’IA générative (NeMo), mois connue du grand public. Cette dernière est en effet « conçue pour les chercheurs et les développeurs qui travaillent sur de grands modèles de langage (LLM), des modèles multimodaux (MM), la reconnaissance automatique de la parole (ASR) et la retranscription du texte en voix (TTS) », précise son site Web. Son objectif est de permettre à ces scientifiques de « concevoir plus facilement de nouveaux modèles génératifs d’IA en étant capable d’exploiter le code existant et les modèles pré-entraînés ».

En détenant 80 % des parts de marché des semi-conducteurs utilisés dans l’IA, Nvidia est considérée comme la grande gagnante de la vague d’IA générative. Selon certains observateurs, elle serait sur le point de dépasser Apple en tant que deuxième entreprise la plus valorisée au monde. Contactés par nos confrères de Reuters, ni Nvidia, ni les avocats des auteurs n’avaient répondu aux demandes de commentaires, à l’heure de la publication de cet article.

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Source : Reuters


Stéphanie Bascou
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