Chez Xiaomi, il y a deux gammes qui comptent plus que les autres. La première, la plus cruciale, s’appelle Redmi Note 15 et intervient en début d’année avec un positionnement plutôt entré de gamme. Le second temps fort pour le constructeur chinois se concentre autour des Xiaomi 17T et Xiaomi 17T Pro, dont le rôle est toujours le même : assurer une porte d’entrée vers le haut de gamme en déclinant les atouts de la gamme numérotée, à savoir les Xiaomi 17 et 17 Ultra.
Cette année, la famille connaît quelques nouveautés, comme l’intégration d’une plus grande batterie, un nouveau téléobjectif équivalent X5, mais enregistre également une hausse de prix. Est-ce que l’équilibre est encore de mise ? Compte-t-il toujours parmi les meilleurs smartphones Xiaomi ? Notre test répond à cette question.
Prix et date de sortie : hausse de 100 euros au programme
Le Xiaomi 17T Pro est vendu 999 euros pour une configuration assez confortable, 12 Go de RAM et 512 Go de stockage. Le ticket d’entrée a donc augmenté de 100 euros par rapport à l’an passé, le Xiaomi 15T Pro ayant été commercialisé à 899 euros. Il existe d’ailleurs une configuration en 256 Go de stockage vendue à ce tarif, mais moins mise en avant par Xiaomi et donc plus difficile à trouver.
Contrairement à d’habitude, Xiaomi a sorti ses smartphones de la gamme T en suivant le même calendrier qu’en Chine. Une évolution notable, puisqu’auparavant, il fallait attendre plusieurs mois entre l’annonce en Chine, intervenant autour du printemps, puis la commercialisation après l’été, vers la fin septembre, voire le mois d’octobre. À partir de cette année 2026, Xiaomi s’aligne sur le calendrier de sa maison mère pour le monde entier, nous avons donc le droit à un lancement des Xiaomi 17T et 17T Pro dès ce 28 mai 2026.
Au passage, une offre de lancement accompagne la commercialisation. Jusqu’au 30 juin, il est possible de bénéficier de 100 euros de remise immédiate accompagnés de 100 euros de bonus reprise sur le précédent téléphone.
Design : pas de faux pas, mais pas d’éléments qui se démarquent
Comme d’habitude, le Xiaomi 17T Pro donne dans l’efficace côté design. Le dos adopte un look simple, avec un bloc photo carré accueillant trois modules et un flash et un revêtement antitrace de doigt en plastique assez efficace, même si pas mal de concurrents proposent du verre dans cette gamme de prix pour un toucher plus premium.

Lorsqu’on passe sur la tranche, on constate que les arêtes sont plutôt réussies et douces. On évite le côté assemblage à la va-vite qu’on peut parfois retrouver sur des produits moins chers. Le revêtement en métal est appréciable et tombe bien sous la main, tout comme les trois boutons, tous situés sur la tranche droite. Car oui, Xiaomi n’a pas cédé à la mode de la multiplication des boutons que l’on connaît chez Oppo, par exemple, et mise sur une certaine sobriété pas désagréable.
Il en va de même pour les certifications de protection : le Xiaomi 17T Pro se cantonne au très efficace IP 68 et ne vas pas tenter de se démarquer avec de l’IP 69 ou une multiplication des certifications. Petit bémol cependant de ce côté-là, qui traduit la recherche d’économie du produit, l’écran avant est protégé par un verre Gorilla Glass 7i un peu milieu de gamme.

Ce qui nous amène à la face avant. Là, en revanche, les efforts sont à saluer, puisqu’on trouve des bordures noires autour de l’écran très fin. Le ratio corps-écran, de 90,9 % compte parmi les très bons élèves du marché. Comme très souvent en 2026, l’écran est parfaitement plat, sans bords incurvés, devenus un élément rarissime sur le marché. Notons la présence d’un capteur d’empreinte sous l’écran somme toute assez classique, qui ne profite toutefois pas de la technologie ultrasonique, ce qui le rend un peu plus lent à utiliser. Son positionnement très bas sur l’écran est un petit coup à prendre aussi.
En définitive, la prise en main est plutôt bonne, sans gros faux pas, mais sans élément notable non plus. L’absence de verre pourra le pénaliser pour son tarif, mais le revêtement choisi ne se moque pas du monde pour autant.
Écran : un pic HDR de folie
Passons à l’écran. Nous avons ici une grande dalle de 6,83 pouces bien large, profitant de la technologie OLED qui garantit des contrastes très bons (comme tout le reste du marché) avec un taux de rafraichissement montant jusqu’à 144 Hz. Attention toutefois, par rapport à de nombreux concurrents, Xiaomi a fait l’impasse sur une technologie appelée LTPO ici, n’autorisant pas l’écran à descendre sous les 60 Hz pour atteindre les 1 Hz et ainsi améliorer l’impression de fluidité et l’autonomie. C’est un petit détail, mais à près de 1000 euros, c’est un détail qui compte.

Passons maintenant aux mesures réalisées à l’aide du logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays. D’entrée de jeu le Xiaomi 17T Pro se distingue à l’aide d’un pic lumineux HDR au-dessus du lot. Comme vous pouvez le constater, avec ses 2011 cd/m², il dépasse d’une tête ses concurrents qui sont tous sous les 2000.
Le pic lumineux automatique provoqué par un afflux important de lumière est bon sans être le meilleur du marché, avec une valeur de 2183 cd/m², en retrait sur ses concurrents ce coup-ci.
Pour la colorimétrie, ne vous cassez pas la tête, le mode par défaut intitulé Original Pro est très bon. Orienté plutôt vers le spectre de couleurs sRGB, il affiche un delta E 2000 moyen à 1,1 en sRGB. Pour rappel, plus ce chiffre est bas, meilleure est la précision colorimétrique. En pratique, cela veut dire que sur la plupart des usages communs sur votre smartphone, vous aurez un rendu fidèle.
Profil orienté sRGB oblige, lorsqu’on bascule en P3, utilisé sur les contenus HDR notamment, mais aussi dans la photo ou les productions audiovisuelles, nous obtenons un delta E 2000 moyen de 3,1, une valeur moins bonne donc.
Sur le front de la balance des blancs, la valeur de 6464 K est quasiment parfaite, à quelques unités de l’idéal de 6500 K.
Nous vous recommandons donc de conserver le mode original Pro sans toucher à rien, puisqu’il semble être le meilleur choix sur cet appareil.
Interface : HyperOS 3.0 et 6 ans de suivi
Côté logiciel, Xiaomi mise pour rappel sur sa surcouche intitulée HyperOS, ici livrée dans sa version 3.0 tournant sur Android 16. Le téléphone profitera de cinq ans de mises à jour Android et six ans de patch de sécurité. Nombreux sont les concurrents à faire un peu mieux avec sept ans de mises à jour tout confondu, mais Xiaomi assure le minimum qui permet de conserver son appareil six ans sans être embêté.
Quant à HyperOS, cette interface peut être résumée en la tentative de Xiaomi de faire oublier MIUI avec une surcouche plus propre, plus légère et surtout plus cohérente d’un appareil à l’autre. Si vous avez d’autres appareils Xiaomi à la maison, vous devriez pouvoir créer des ponts esthétiques entre votre smartphone, votre tablette, votre montre, etc.

Sur le papier, ça coche pas mal de cases : interface modernisée, animations plus fluides, meilleure gestion des ressources, et une dose d’IA avec HyperMind pour automatiser quelques usages. Le point intéressant, c’est que Xiaomi promet aussi une meilleure interconnexion entre les appareils, façon écosystème verrouillée, mais plus souple, ce qui peut vraiment changer l’expérience au quotidien si on est déjà équipé en Xiaomi.
En revanche, Xiaomi n’a toujours pas corrigé ses deux principaux défauts. Attendez-vous d’abord à devoir effectuer une bonne dose de ménage au lancement de votre appareil, car celui-ci comporte de nombreux bloatwares, petit nom donné aux applications préinstallées. En outre, l’interface de Xiaomi fourmille certes de nombreux petits détails, mais elle peut parfois se montrer un peu difficile à utiliser. Non seulement la profusion de détail amène parfois à peiner quelque peu à trouver ce qu’on cherche, mais elle alourdit en plus certains processus en ajoutant des fenêtres impossibles vous obligeant à attendre cinq secondes avant d’effectuer une action jugée risquée, comme installer une application en dehors du Play Store.
Photo : une belle touche Leica, mais un résultat mitigé
Le Xiaomi 17T Pro s’en sort très bien en photo de jour. Le capteur principal, épaulé par le savoir-faire Leica, propose un rendu contrasté qui tranche avec la tendance actuelle à surexposer systématiquement les clichés. Ici, les ombres sont assumées, parfois même un peu marquées, donnant aux images une vraie personnalité. Ce choix esthétique, presque légèrement sous-exposé, apporte du relief et une signature visuelle appréciable, notamment sur les scènes urbaines ou les paysages.

En revanche, le mode nuit nous a laissé plus mitigés. Les clichés manquent de netteté, avec un flou trop présent dès que la lumière vient à manquer. La gestion des couleurs n’est pas non plus à la hauteur, avec des dérives parfois visibles et un rendu global moins fidèle que ce que l’on est en droit d’attendre sur ce segment. Le traitement logiciel peine à compenser les conditions difficiles, ce qui nuit à l’expérience globale.
Le mode portrait, de son côté, se montre efficace dans le détourage, rarement pris en défaut. Le sujet est bien isolé, avec une profondeur de champ convaincante au premier regard. Mais en y regardant de plus près, le rendu reste un peu artificiel, notamment dans la gestion du flou d’arrière-plan et des transitions, qui manquent encore de naturel.
Performances : très solide
Le Xiaomi 17T Pro s’équipe d’une puce Dimensity 9500. Il s’agit de la principale concession technique du téléphone par rapport à un Xiaomi 17, tourné vers l’écurie Snapdragon, bien plus chère, mais aussi un peu plus véloce.

En pratique, cela ne l’empêche pas de fournir des performances très satisfaisantes. Au quotidien, aucun ralentissement n’est à déplorer, et sur des tâches plus lourdes, comme le jeu vidéo en 3D, le smartphone répond présent.
On peut le constater sur nos benchmarks, comme Geekbenh 6, où le Xiaomi s’en sort très bien. Sur la partie CPU, il survole tranquillement en single core et se place très haut en multi. En GPU, il lâche un peu du lest, mais pas assez pour être largué.
Sur AnTuTu 10, le Xiaomi se montre aussi très à l’aise comparé à ses concurrents.
La puce gérant également la partie réseau, glissons un mot à ce sujet. Xiaomi a mis le paquet avec du WiFi 7, du Bluetooth 6.0 et une compatibilité eSIM. En clair, toutes les dernières technologies en la matière, vous êtes tranquille de ce point de vue là.
Batterie : une excellente autonomie
Le Xiaomi 17T Pro intègre une batterie de 7000 mAh. Pour situer un peu, en 2026, c’est un peu le nouveau standard des grosses batteries, rendu possible par la technologie du silicium carbone et une vraie amélioration par rapport aux 5500 mAh de son prédécesseur.
Mais attention, qui dit grosse batterie ne dit pas nécessairement grosse autonomie, l’optimisation et la consommation du produit pouvant influencer grandement le résultat. Pour en avoir le cœur net, nous avons soumis comme d’habitude le smartphone à notre protocole d’autonomie maison, qui simule un usage en continu du téléphone sur diverses activités plus ou moins énergivores. Nous effectuons notre mesure en partant d’un smartphone à la batterie pleine, jusqu’à ce qu’il atteigne 5% d’autonomie restante.
Et dans le cas présent, le résultat se montre très probant. Le Xiaomi 17T Pro termine 9e de notre classement des autonomies sur smartphone, avec 25 heures et 15 minutes d’usage. C’est donc un gain conséquent par rapport au modèle de l’an dernier, qui montait à 22 h et 18 minutes sur le même exercice.
En pratique, une telle mesure vous garantit sans problème de pouvoir utiliser votre Xiaomi en continu pendant deux jours avec un usage léger à modéré. Pour un usage lourd, vous devriez tenir la journée sans aucun stress.
La charge profite également cette année d’un petit coup de boost, puisqu’elle passe de 90 à 100 W. De quoi compenser en partie la plus grosse batterie, qui rallonge nécessairement le temps nécessaire pour faire le plein.

Et ça ne manque pas, le Xiaomi 17T Pro met 1 h trois minutes pour se charge entièrement. Un résultat plutôt bon en réalité, puisqu’il devance tous ses concurrents. En revanche, l’exercice est un peu moins bien maitrisé que l’an dernier, le Xiaomi 15T Pro y parvenait lui en 44 minutes.
Ajoutons que le Xiaomi 17T Pro supporte également une charge propriétaire sans fil de 50 W, ainsi que la charge inversée jusqu’à 22,5 W.
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