Le marché des smartphones de milieu de gamme est très disputé. Chaque marque tente de trouver le meilleur équilibre entre le prix de vente et les composants intégrés. Xiaomi renouvelle son offre d’appareils abordables avec le Poco X8 Pro, un téléphone qui remplace le Poco X7 Pro. Ce dernier était déjà très apprécié par les amateurs de jeux vidéo sur mobile en raison de son excellent rapport qualité-prix.
Dans la gamme actuelle de Xiaomi, ce modèle occupe une position stratégique, et il n’arrive pas seul, puisqu’il est accompagné cette année d’un Poco X8 Pro Max plus grand et plus cher. Le positionnement tarifaire moins élevé du X8 Pro classique lui permet de s’adresser à un public un peu plus large.
Les promesses de la marque reposent sur deux éléments clés. D’une part, des performances élevées sans problème de surchauffe. D’autre part, une autonomie suffisante pour jouer pendant plusieurs heures d’affilée. On va donc vérifier dans ce test si cette fiche technique se traduit par un véritable confort d’utilisation au quotidien.
Prix et disponibilité
Le Xiaomi Poco X8 Pro, à l’image de ses prédécesseurs, adopte une politique tarifaire agressive. La version de base, qui comprend 8 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage, est vendue à 399 euros. Il faudra dépenser 50 euros supplémentaires (449 euros) pour 512 Go de stockage.
La version supérieure, avec 12 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage, est proposée à 479 euros. Face à des concurrents comme le Google Pixel 10a vendu à 499 euros, ce Poco X8 Pro est très compétitif. Il affronte directement des appareils comme le Nothing Phone (4a) ou le Honor Magic 8 Lite, tout en proposant des composants souvent plus récents.
Design : un design élégant avec des LEDs bien cachées
Le Poco X8 Pro opte pour un design sobre. Le dos texturé jaune et noir de la génération précédente laisse place à une surface en verre mat unie. Le téléphone est disponible en noir, blanc ou vert menthe, et c’est cette dernière que nous avons ici. Cette finition mate donne un aspect sérieux au téléphone, mais elle retient assez facilement les traces de doigts. Il faudra donc le nettoyer souvent ou utiliser une coque de protection.

Le fabricant a amélioré les matériaux de construction. Le plastique de l’ancien modèle est remplacé par un cadre plat en aluminium. L’écran est protégé par du verre Corning Gorilla Glass 7i. Le smartphone obtient surtout la certification IP68 (un indice de protection qui garantit une étanchéité totale à la poussière et une résistance à l’immersion dans l’eau jusqu’à 1,5 mètre pendant 30 minutes).

Le téléphone est agréable à tenir en main, même s’il reste assez grand. Ses dimensions sont de 157,5 x 75,2 mm, pour une épaisseur de 8,2 mm. Son poids est de 201 grammes, ce qui est dans la moyenne de cette catégorie. Les boutons de volume et d’alimentation sont bien placés sur la tranche droite. Sur la version noire, le bouton de mise en marche présente un discret contour rouge, un petit clin d’œil à son orientation pour les joueurs, mais il n’est malheureusement pas présent sur notre version verte.

L’arrière du téléphone se distingue grâce à une fonctionnalité lumineuse. Des anneaux de LED entourent les deux objectifs de l’appareil photo. Ce système RGB (capable d’afficher du rouge, du vert, du bleu et de multiples combinaisons de couleurs) s’allume lors de la réception de notifications ou pendant la charge de la batterie. Il peut aussi réagir au rythme de la musique ou lors de certaines actions dans des jeux vidéo. C’est un ajout esthétique original, qui nous rappelle évidemment les smartphones de Nothing.
Le Poco X8 Pro propose une construction solide avec un cadre en métal et une bonne étanchéité. Son design est classique, mais agrémenté de LED personnalisables. On regrette simplement que le verre mat à l’arrière soit aussi sensible aux traces de doigts.
Écran : un écran parfaitement calibré
L’affichage est confié à une dalle AMOLED de 6,59 pouces, occupant 90,5 % de la surface avant du téléphone. L’écran affiche une définition de 460 ppp (pixels par pouce).

Lors de nos tests avec le logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays, la luminosité s’est révélée excellente. En réglage manuel, le pic lumineux atteint 602 cd/m². En mode automatique sous une forte lumière (mode boost), la dalle grimpe à 3362 cd/m². C’est bien. Lors du visionnage de contenus HDR (qui augmentent les détails dans les zones claires et sombres), nous avons mesuré un pic à 1879 cd/m². À l’inverse, dans le noir complet, la luminosité peut descendre à 2,1 cd/m², encore un peu élevée.
Du côté de la fidélité des couleurs, Xiaomi fait un très bon travail. Avec le profil d’affichage par défaut nommé « Original Pro », la balance des blancs a été mesurée par le 01lab à 6507 K. C’est un résultat presque parfait, extrêmement proche de la norme idéale de 6500 K, ce qui signifie que l’écran n’est ni trop bleu ni trop jaune. Le Delta E des gris est excellent, avec un score de 0,7 (en dessous de 3, l’œil humain ne voit plus la différence avec la couleur de référence).
Toujours sur ce profil par défaut, l’écran affiche un excellent Delta E de 0,8 sur le standard sRGB (le standard classique d’internet) et un Delta E de 2,8 sur le standard P3 (un standard plus large utilisé dans le cinéma). Le profil « Vif », que l’on peut activer dans les réglages, offre des résultats similaires (Delta E sRGB à 1,2 et P3 à 2,6). Notre recommandation est donc de conserver le profil « Original Pro » défini par défaut pour profiter de la meilleure précision d’image possible.
Cet écran est une grande réussite. Il offre dès la sortie de la boîte une luminosité puissante et des couleurs très fidèles avec les réglages par défaut. C’est une dalle très agréable pour tous les usages.
Performances : ça va vite, mais ça chauffe !
Xiaomi a choisi d’équiper ce smartphone avec le processeur Mediatek Dimensity 8500 Ultra. On s’en doutait, mais nos tests de performance confirment bien qu’il s’agit d’une puce très solide. Sur AnTuTu 11, le Poco X8 Pro obtient le score élevé de 2 108 894 points. C’est un résultat qui le place devant de nombreux téléphones vendus au même prix.

Sur Geekbench 6, il obtient 1722 points sur un cœur et 6904 points en multicœur. La partie graphique affiche quant à elle un score de 15 620 points. En pratique, le téléphone permet de jouer à tous les jeux récents en 3D avec des réglages graphiques élevés, sans ressentir de ralentissement.
Cependant, cette forte puissance demande beaucoup d’énergie, ce qui génère de la chaleur. Lors de notre test simulant une utilisation du processeur à 100 % sur une longue durée, nous avons relevé une température maximale de 46,2 °C sur l’extérieur de la coque. C’est beaucoup. Le cadre en aluminium devient donc nettement chaud sous les doigts lors d’une longue session de jeu.
Pour éviter d’endommager les composants, le système réduit légèrement sa puissance quand il chauffe trop, le fameux throttling. Sur 3DMark Wild Life Extreme, la stabilité ne monte pas au-dessus de 68,3 %. Bien que la plupart des jeux resteront jouables et fluides, le téléphone bride une petite partie de sa puissance pour se refroidir.
Le processeur signé Mediatek offre une grande réserve de puissance. Le Poco X8 Pro fait tourner toutes les applications et les jeux récents sans problème, mais il faudra cependant accepter une chauffe assez marquée sur le cadre du téléphone lors des usages les plus intenses.
Logiciel : encore des applications préinstallées
Le Poco X8 Pro fonctionne avec Android 16. Par-dessus, Xiaomi a installé son interface maison, appelée HyperOS 3. L’ergonomie générale est classique et les habitués de la marque retrouveront vite leurs repères. Le fabricant a travaillé sur les animations du système pour rendre la navigation plus douce, et le style des icônes est un peu plus plat.

L’interface intègre une zone d’affichage spéciale appelée « Super Island », qui nous rappelle évidemment la Dynamic Island d’Apple. Elle se place autour de la caméra frontale, en haut de l’écran. Cette petite zone noire s’agrandit pour afficher des informations en temps réel. Vous pouvez y voir le compte à rebours d’un minuteur, la musique que vous écoutez ou le nom de la personne qui vous appelle. C’est une fonction pratique pour garder un œil sur une application en arrière-plan.
Le processeur intègre une unité dédiée à l’Intelligence Artificielle (NPU). Le système peut générer des sous-titres en direct lors d’une vidéo, traduire du texte rapidement, ou retoucher des photos. Il y a, par exemple, une fonction pour modifier le ciel sur une photo d’extérieur, ou pour créer une petite animation à partir d’une photo de votre animal de compagnie.
En matière de suivi logiciel, Xiaomi s’engage à fournir quatre années de mises à jour pour le système Android, et six années de mises à jour de sécurité. C’est une bonne durée de vie, bien que d’autres marques proposent parfois jusqu’à sept ans. On note cependant un point négatif habituel chez Xiaomi : le téléphone est livré avec beaucoup d’applications partenaires préinstallées. Il faudra prendre le temps de les supprimer lors de la première utilisation.
L’interface HyperOS 3 est réactive et propose des outils pratiques comme la Super Island et de la traduction par IA, on peut rapidement se perdre dans les menus et les fonctions à foison. Le suivi logiciel est correct, mais les applications préinstallées sont trop nombreuses.
Batterie et recharge : on s’attendait à mieux
Pour garantir une bonne durée de fonctionnement, Xiaomi utilise une imposante batterie de 6500 mAh. Lors de notre test simulant un usage mixte, le téléphone s’est éteint après 20 heures et 16 minutes. C’est un très bon résultat, même si nous avons déjà vu mieux. Dans les faits, cela signifie que vous pouvez utiliser le téléphone intensivement pendant une grosse journée, ou même deux jours entiers si votre utilisation est plus modérée.

La recharge de l’appareil est également efficace. Bien que la marque communique sur une technologie de charge jusqu’à 100 W, nous avons mesuré des chiffres plus nuancés. Sur notre banc d’essai, la puissance de charge moyenne s’établit à 36 W, avec un pic de puissance atteint à seulement 59 W, bien loin des 100 W promis.
Avec ces valeurs, nous avons chronométré un temps de charge total de 51 minutes pour passer de 0 à 100 %. Si vous êtes pressé, laisser le téléphone branché pendant seulement 10 minutes permet de récupérer 26 % de batterie. La bonne nouvelle, c’est que l’adaptateur secteur est bien inclus dans la boîte, pas besoin d’en acheter un séparément.
Avec plus de 20 heures d’autonomie, la batterie de ce smartphone est assez rassurante. Même si la puissance de charge réelle est inférieure à ce qu’annonce Xiaomi, le plein complet est effectué en moins d’une heure.
Audio : un son clair et puissant
La partie sonore s’appuie sur deux haut-parleurs pour créer un effet stéréo. Le haut-parleur principal est situé en bas du téléphone, et il travaille avec l’écouteur du haut (celui utilisé pour les appels téléphoniques). Le volume sonore maximum est élevé et le son reste clair.
La restitution audio met bien en avant les voix. Les basses sont présentes, même si elles sont limitées par le « petit » format du téléphone. L’appareil est compatible avec le Dolby Atmos, ce qui le rend particulièrement efficace pour regarder des films d’action ou pour identifier la direction d’un bruit dans un jeu vidéo.
Photo et vidéo : le strict nécessaire
Pour son Poco X8 Pro, Xiaomi se contente du strict nécessaire : deux caméras à l’arrière, et une caméra à l’avant. Voici le détail de la configuration photo :
- Grand-angle : Capteur de 50 Mpx, type 1/1,95 pouce, focale équivalente à 26 mm, f/1.5, autofocus, OIS ;
- Ultra grand-angle : Capteur de 8 Mpx, type 1/4 pouce, focale équivalente à 15 mm, f/2.2 ;
- Objectif frontal : Capteur de 20 Mpx, type 1/4 pouce, focale équivalente à 21 mm, f/2.2.

Grand-angle
En plein jour, le capteur de 50 Mpx produit de belles images. Le logiciel du téléphone regroupe plusieurs pixels en un seul (pixel binning) pour capter plus de lumière. Les photos ont un bon contraste et les zones d’ombre restent visibles sans que le ciel ne devienne tout blanc. Les couleurs sont justes et naturelles.
La nuit, la stabilisation optique limite bien les tremblements de la main. Cela permet au capteur de prendre un peu plus de temps pour capter la lumière de la scène. Les photos nocturnes restent nettes, même si le logiciel lisse légèrement l’image pour retirer le bruit numérique.
Ultra grand-angle
L’ultra grand-angle permet de prendre des photos avec un champ de vision plus large. En plein jour, le capteur de 8 Mpx fait un travail correct, même s’il ne faut pas s’attendre à des clichés très détaillés en raison de la faible résolution du capteur. Les couleurs correspondent bien à celles du capteur principal.
En revanche, lorsque la lumière baisse, la qualité chute rapidement. La nuit, les photos manquent de détails, les zones sombres sont floues et les sources de lumière directe bavent souvent sur le reste de l’image.
Zoom
Le Poco X8 Pro ne possède pas de capteur spécifique pour zoomer optiquement. Pour palier cela, le logiciel recadre le centre de l’image de 50 Mégapixels pour simuler un zoom 2x. Le procédé est efficace. De jour, l’image garde une bonne netteté. C’est pratique pour photographier un objet sans s’approcher.
La nuit, le résultat est moins bon : l’image devient plus floue et les détails fins disparaissent. Même s’il peut aller jusqu’à 10x numériquement, on vous conseille de ne pas aller plus loin car la qualité devient trop faible pour être regardée confortablement sur un grand écran.
Portrait
Vous avez le choix entre deux cadrages (équivalent 26 mm ou 35 mm). Les photos sont de bonne qualité, avec des couleurs de peau naturelles. La séparation entre la personne et le fond est généralement bien gérée, même au niveau des cheveux.
Selfies
La caméra placée à l’avant de l’écran offre une définition de 20 Mégapixels. Son point fort est son objectif très large (21 mm), qui facilite les photos de groupe avec des amis. Sous une bonne lumière naturelle, la qualité est suffisante. Cependant, la mise au point est fixe. Si la lumière ambiante est faible, l’appareil a du mal à conserver une bonne netteté. Le logiciel applique alors un lissage fort sur les visages pour cacher les défauts. C’est suffisant pour un usage sur les réseaux sociaux, mais un peu juste pour imprimer les photos.
Vidéo
Pour l’enregistrement de vidéos, la caméra principale peut filmer en 4K à une fréquence de 60 images par seconde. L’image est stable, car le téléphone utilise une stabilisation électronique. Ce système se sert des capteurs de mouvement du téléphone pour corriger numériquement les tremblements de la main. Un mode spécifique permet d’augmenter cette stabilité si vous marchez ou courez, mais la définition descend alors en 1080p. Il est possible de filmer avec le mode HDR10+ (pour avoir de meilleurs contrastes), mais seulement à 30 images par seconde. Les autres capteurs sont limités à une définition 1080p.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.






















