Le marché du smartphone d’entrée/milieu de gamme est devenu un champ de bataille impitoyable. Alors que l’inflation des composants inquiète toujours, les consommateurs n’acceptent plus le moindre compromis sous la barre des 300 euros. C’est dans ce contexte électrique que Xiaomi dégaine son Redmi Note 15 5G.
Pour cette génération, la marque chinoise joue la carte de la durabilité et de l’autonomie grâce à une technologie silicium carbone encore rare sur ce segment. Mais attention : pour offrir un écran très lumineux et une batterie endurante, Xiaomi a dû faire des choix drastiques, notamment sur le processeur.
Avons-nous affaire au nouveau roi du rapport qualité-prix ou à un géant aux pieds d’argile ? Après les tests du 01lab, voici notre verdict définitif et sans concession.
Prix et disponibilité du Xiaomi Redmi Note 15 5G
Le Xiaomi Redmi Note 15 5G coûte 299 euros dans sa configuration avec 8 Go de RAM 256 Go de stockage. Il se décline en trois coloris : Glacier Blue, Mist Purple, Black. La marque a également lancé une version 6 + 128 Go à 259,90 euros.
Design et ergonomie : l’attaque du « Titan Durability »
Xiaomi a massivement communiqué sur le concept de « Titan Durability » pour cette série Note 15. Derrière ce terme marketing un peu pompeux se cache une réalité technique tangible que nous avons pu vérifier. Le châssis du Redmi Note 15 5G surprend par sa finesse. Avec seulement 7,35 mm d’épaisseur mesurée, c’est l’un des smartphones les plus fins de sa catégorie, surtout si l’on considère la batterie qu’il embarque. Le poids est contenu à 178 g, ce qui offre une prise en main très aérienne, loin des « briques » de plus de 200 g.

Cependant, finesse ne rime pas ici avec fragilité. La structure interne des coins renforcés et un alliage d’aluminium pour la structure mère, conçu pour absorber les chocs. Xiaomi annonce une résistance aux chutes de 1,70 mètre, une affirmation audacieuse. En main, l’appareil dégage une sensation de densité rassurante. Il ne sonne pas « creux » lorsqu’on tapote le dos, un détail qui trahit souvent les économies de bout de chandelle.
L’autre évolution majeure pour 2026 sur le Redmi Note 15 5G est qu’il décroche une double certification IP65/IP66. Cela signifie qu’il est totalement protégé contre la poussière et résistant aux projections d’eau et aux jets d’eau puissants, comme une forte pluie ou un arrosage. Si l’on n’est pas encore sur de l’IP68 réservée aux modèles Pro, c’est une avancée pour la longévité du produit. De plus, l’écran intègre la technologie « Wet Touch 2.0 ». Nous l’avons testé : avec les doigts mouillés ou sous une pluie fine, l’écran tactile ne panique pas et reste utilisable. C’est le genre de « petite » fonctionnalité qui change la vie au quotidien.

Le Xiaomi Redmi Note 15 5G arbore un dos aux courbures douces qui facilitent la préhension. Le bloc photo, bien que proéminent pour loger le capteur HM9 (voir plus bas), est mieux intégré que la génération précédente. Comme évoqué lors de notre prise en main, ce design rapproche fortement de celui des modèles Pro de l’an dernier. Les matériaux utilisés au dos imitent le verre dépoli ou le métal brossé, limitant assez efficacement les traces de doigts, tout du moins sur notre modèle de test.
Écran : une luminosité aveuglante, une colorimétrie à dompter
L’écran a souvent le point fort de la gamme Redmi Note, régulièrement pionnière d’améliorations sur son segment, comme l’AMOLED 120 Hz. Cette année, Xiaomi ne se contente pas de maintenir le niveau et cherche à faire grimper les compteurs de luminosité. Les chiffres de nos mesures instrumentales sont plutôt impressionnants pour un smartphone à moins de 300 euros. Grâce à notre sonde colorimétrique et à l’aide du logiciel de calibration Calman Ultimate, nous avons mesuré un pic lumineux boost de 3 159 cd/m², de quoi côtoyer des références du marché.

En effet, il rejoint les iPhone 17 d’Apple ou les Google Pixel 10 Pro dans le cercle, encore très fermé, des smartphones qui tutoient ou dépassent les 3 000 cd/m². Une comparaison plutôt flatteuse, surtout quand on coûte trois fois moins cher que les modèles cités. En réglage manuel au maximum, on atteint 584 cd/m², ce qui est moins impressionnant que des modèles phares, mais cela reste suffisant pour la plupart des usages intérieurs. Cette luminosité « boost » garantit une excellente lisibilité en plein soleil ; vous pourrez lire vos messages à la plage en juillet sans plisser les yeux.
En revanche, c’est au niveau de la colorimétrie que le bât blesse. En sortie de boîte, le Redmi Note 15G 5G est calibré pour « flatter » l’oeil néophyte, au détriment de la justesse. La température des couleurs par défaut est de 7 287 K, ce qui est très froid, avec des blancs tirant visiblement vers le bleu. Avec un Delta E moyen de 3,7 sur les gris et 3,4 sur le gamut P3, les couleurs ne sont pas fidèles car un Delta E supérieur à 3 signifie que l’œil humain perçoit la dérive colorimétrique. Heureusement, Xiaomi permet de corriger le tir. En passant en mode « Standard », nos sondes révèlent un tout autre visage avec une température de 6 554 K, quasiment la norme idéale, et un Delta E qui tombe à 1,8 sur les gris et 1,4 sur le sRGB. Nous conseillons donc vivement de passer l’écran en mode « Standard ».
La dalle de 6,77 pouces affiche une définition FHD+ de 2392 x 1080 pixels pour une finesse d’affichage appréciable. Le taux de rafraîchissement de 120 Hz assure une belle fluidité dans l’interface HyperOS. Cependant, contrairement aux dalles LTPO des modèles plus haut de gamme, la gestion de la fréquence est ici plus basique avec des paliers fixes (60 Hz, 120 Hz), ce qui reste normal pour cette gamme de prix.
Performances : le compromis de la raison
Si l’écran tente d’attirer les regards telle une voiture de luxe, le moteur sous le capot s’apparente davantage à une berline fiable qu’à un bolide de course. Xiaomi a choisi le Qualcomm Snapdragon 6 Gen 3 pour propulser ce Redmi Note 15 5G. C’est une puce gravée en 4 nm, conçue pour l’efficacité énergétique avant tout. Nos tests synthétiques confirment son positionnement avec un score Geekbench 6 de 1 020 points en single-core et 2 949 points en multi-core. Sur AnTuTu 10, il atteint 601 881 points.
Les performances sont décentes, mais le Redmi Note 15 5G peut souffrir de la comparaison avec de solides milieux de gamme lancés l’an dernier et désormais plus accessibles. Le Samsung Galaxy A56, équipé de l’Exynos 1580, affiche des scores nettement supérieurs, au même titre que d’autres modèles Xiaomi. Les Redmi Note 14 Pro 5G ou Pro+ 5G offrent une puissance de feu supérieure, pour un prix comparable ou à peine plus élévé. Au quotidien, pour naviguer sur les réseaux sociaux, répondre aux mails ou utiliser le GPS, vous ne sentirez aucune différence. L’optimisation d’HyperOS et la fluidité de l’écran masquent parfaitement les limites du processeur. Tout est plutôt réactif et les applications s’ouvrent vite, bien aidées par les 8 Go de RAM qui accompagnent les 256 Go de stockage.

C’est en jeu que les limites apparaissent. Les titres casuals comme Candy Crush ou Brawl Stars tournent sans aucun souci. En revanche, pour les jeux 3D gourmands comme Genshin Impact ou Call of Duty Mobile, le GPU Adreno montre ses limites. Pour obtenir une fluidité acceptable, il faut impérativement réduire les graphismes à « Moyen » voire « Bas ». Le smartphone chauffe modérément avec un maximum de 41,8°C relevé en labo après un stress test, ce qui prouve que le refroidissement est efficace, mais la puce manque simplement de souffle pour les textures haute résolution. Point positif, le Snapdragon 6 Gen 3 est très stable et ne subit pas de chute de performance violente due à la chaleur.
Logiciel : HyperOS 2.0, l’âge de la maturité
Le Redmi Note 15 5G débarque avec HyperOS 2.0 basé sur Android 15. La transition de MIUI vers HyperOS est désormais digérée, et l’expérience utilisateur s’en ressent positivement. Si l’on peut regretter que Xiaomi ne propose directement HyperOS 3.0 avec Android 16, cette mouture 2.0 continue son travail d’allègement avec une interface plus réactive et des animations plus fluides. Xiaomi a travaillé sur la gestion de la mémoire vive en arrière-plan, permettant de garder plus d’applications ouvertes sans rechargement intempestif. On retrouve les options de personnalisation ultra-poussées qui font le sel de la marque, comme l’écran de verrouillage « magazine » et l’interconnexion poussée avec l’écosystème Xiaomi.
L’interface du constructeur Xiaomi reste très complète et personnalisable, assumant toujours une certaine ressemblance avec iOS. Si les options sont nombreuses, elles sont parfois bien cachées au sein des paramètres.
Cependant, il faut surtout aborder le sujet des logiciels préinstallés. Au premier démarrage, le téléphone est encombré de dizaines d’applications partenaires, un bloatware qui constitue le modèle économique de Xiaomi pour maintenir des prix bas. Heureusement, la quasi-totalité peut être désinstallée. Côté support, Xiaomi s’aligne enfin sur les (meilleurs) standards du marché milieu de gamme en promettant 4 ans de mises à jour majeures Android et 6 ans de correctifs de sécurité. C’est un argument de poids pour la durabilité : le téléphone acheté en 2026 sera encore sécurisé en 2032.
Photo et vidéo : le paris du capteur (presque) unique
La photographie sur l’entrée et le milieu de gamme est souvent une histoire de compromis. Xiaomi a choisi une stratégie claire : mettre tout le budget sur le capteur principal. La star du spectacle est le capteur Samsung ISOCELL HM9 de 108 Mpx, une évolution majeure d’une taille respectable de 1/1.67 pouce. Il utilise la technologie de pixel binning pour capturer plus de lumière.

De jour, les clichés sont plutôt bons. Le piqué est tranchant, et la colorimétrie, bien que saturée à la façon de Xiaomi, est plaisante. Seuls les scènes un peu trop chargé freinent les ardeurs du capteur, notamment au niveau du respect des couleurs. L’analyse de notre mire de couleurs montre une bonne distinction des nuances, même si les rouges bavent très légèrement.
Le zoom x3 « In-Sensor » est la vraie bonne surprise : en recadrant directement au centre des 108 millions de pixels, le téléphone propose un zoom numérique « sans perte » qui remplace un téléobjectif optique pour les portraits. Ce n’est évidemment pas au niveau d’un véritable téléobjectif en termes de polyvalence au quotidien, mais cela apporte une belle plus-value. D’ailleurs, sur notre test de portrait, le détourage logiciel est efficace et les textures de peau sont bien gérées, détachant nettement les cheveux du fond flou.

En basse lumière, la stabilisation optique (OIS) joue son rôle en permettant des temps de pose plus longs. Les images de nuit sont exploitables, avec une gestion du bruit numérique correcte, même si on note une perte de détail dans les zones d’ombre profonde et un lissage logiciel parfois prononcé. À côté de ce capteur principal très correct, l’ultra grand-angle de 8 Mpx fait pâle figure. Le manque de définition est flagrant, les bords sont mous et la dynamique est inférieure.
En basse lumière, il devient quasiment inexploitable à cause du bruit omniprésent. C’est un capteur utile pour les paysages en plein jour, rien de plus. En vidéo, le Redmi Note 15 5G filme jusqu’en 4K à 30 ips avec une stabilisation électronique couplée à l’OIS qui offre un rendu assez fluide.
Autonomie et recharge : un élève appliqué
Xiaomi a intégré une batterie de 5 520 mAh utilisant une anode silicium carbone dans ce Redmi Note 15 5G. Cette technologie permet d’augmenter la densité énergétique, mettant plus de capacité dans un volume plus petit. C’est ce qui permet au téléphone de rester si fin tout en offrant une autonomie solide, tout du moins sur le papier.
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Nos mesures en laboratoire sont formelles : ce téléphone n’est pas un marathonien digne de notre sélection des smartphones les plus endurants, mais il reste une option solide pour un usage quotidien. Il a tenu 18 h 18 min 28 sec sur notre protocole d’autonomie polyvalente. C’est un score plus qu’honnête qui permet au Redmi Note 15 5G de bien figurer sur son segment, face à des adversaires parfois plus huppés.
En pratique, même avec un usage intensif, il est quasiment impossible de le vider en une seule journée. Pour un usage modéré, les deux jours complets sont largement atteignables.
La recharge filaire de 45 W permet de passer de 0 à 100 % en 1 h 07 min. On récupère 19 % en 10 minutes et environ 54 % en 30 minutes. C’est correct, mais on est loin des standards de 100 W (ou plus) que Xiaomi propose sur certains modèles. Conformément à la réglementation, le chargeur n’est pas inclus dans la boîte.
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