Cela fait quatre ans que les industriels promettent des humanoïdes au travail dans leurs usines, à grand renfort de vidéos spectaculaires et de déploiements réels au compte-gouttes. Xiaomi vient de verser sa pièce au dossier. Le 14 juillet, son fondateur Lei Jun a publié sur Weibo un plan-séquence de 45 minutes montrant son robot CyberOne à l’œuvre dans l’usine automobile du groupe, à Pékin.
Quatre mois d’apprentissage pour visser un écrou
La tâche confiée au robot n’a rien d’un numéro de cirque : poser des écrous autotaraudeurs, en travail double face, sur les lignes des SU7 et YU7. D’après les chiffres avancés par le groupe, le taux de réussite serait passé de 90,2 % à 98 % en quatre mois d’ajustements, à un point du niveau d’un opérateur humain. La machine aurait tenu trois heures d’affilée sans intervention, au rythme réel de la chaîne : un véhicule toutes les 76 secondes. Deux corvées annexes complètent le tableau (tri de panneaux de console, pliage de bacs de pièces), autour de 90 % de réussite chacune.
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Lei Jun qualifie lui-même ses machines de « stagiaires », pas encore titularisées. L’aveu a le mérite de la franchise, mais n’absout la communication de critiques : tous ces chiffres sortent de la communication de Xiaomi, plan-séquence promotionnel compris, sans la moindre vérification indépendante. Le conditionnel n’est pas une coquetterie ici. Pour mémoire, CyberOne avait été dévoilé en août 2022 (1,77 mètre, 52 kilos, un prototype estimé autour de 100 000 dollars), avant de retourner au laboratoire pendant près de quatre ans.
Tesla, Figure, AgiBot : l’usine se remplit de stagiaires
Xiaomi rejoint une file d’attente déjà bien garnie : Tesla peaufine son Optimus, quand Figure est passé des lignes de BMW à la logistique, avec des sessions de plus de vingt heures d’affilée. Le Chinois AgiBot revendique de son côté 64 heures en continu sur une ligne d’assemblage de tablettes. La nuance, et elle compte : la plupart de ces démonstrations tournent sur des postes aménagés pour l’exercice, quand Xiaomi affirme opérer en conditions réelles, cadence comprise. Affirmation, là encore, invérifiable de l’extérieur.
Les chiffres de la Fédération internationale de robotique donnent l’échelle du basculement : 542 000 robots industriels installés dans le monde en 2024, dont 295 000 en Chine, plus de la moitié du total. L’Europe, elle, en a installé 85 000, en recul de 8 %, dont 23 000 pour la seule industrie automobile. Xiaomi annonce déjà vouloir déployer « un grand nombre » de ces machines dans ses usines au cours des cinq prochaines années. Pour l’ouvrier européen, la question n’est plus de savoir si la concurrence arrive, mais à quelle vitesse.
Reste l’angle mort des 45 minutes de vidéo : ce que deviendront les collègues humains le jour où le stagiaire sera titularisé.
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Source : Xiaomi

