Le mardi 19 mai 2026, en fin de soirée, le vol EZY2618 d’EasyJet a décollé de l’aéroport d’Hurghada, une station balnéaire d’Égypte bordant la mer Rouge. L’avion devait rejoindre l’aéroport londonien de Luton, avec à son bord 180 passagers, en l’espace de cinq heures.
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Un smartphone en charge oublié dans la soute
Au beau milieu du vol, à peu près 3h après le décollage, une passagère s’est levée et s’est approchée d’un membre de l’équipage pour un aveu. Celle-ci révèle alors avoir laissé son smartphone en train de charger, connecté à une batterie externe, dans sa valise… enregistrée en soute. Elle affirme qu’il s’agit d’un simple oubli.
Le commandant de bord est immédiatement informé de la situation. Suivant les protocoles de sécurité aérienne au sujet des batteries lithium-ion en charge dans la soute, il décide rapidement de dérouter le vol pour se poser à l’aéroport le plus proche. Alors qu’il évoluait à une altitude de près de 11 000 mètres, l’avion change de cap et finit par se poser à l’aéroport de Rome Fiumicino, à plus de 1450 kilomètres de Londres. En amont de l’atterrissage, les passagers ont été prévenus de ce changement de plan aussi agaçant qu’inévitable.
« La sécurité de ses passagers et de son équipage est la priorité absolue d’EasyJet. La compagnie exploite sa flotte d’appareils dans le strict respect de toutes les recommandations des constructeurs », explique EasyJet dans un communiqué.
Conformément à la loi, EasyJet a pris en charge les 180 voyageurs pour la nuit. Leur chambre d’hôtel et leur repas ont été organisés et payés par la compagnie aérienne. Certains voyageurs, qui n’ont pas pu rejoindre leur vol de correspondance, ont dû se rabattre sur d’autres compagnies aériennes le lendemain matin.
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Les dangers d’une batterie externe en charge dans la soute
Sur le papier, la réaction du personnel d’EasyJet peut paraître excessive. Néanmoins, il faut bien comprendre qu’une batterie externe branchée à un smartphone, glissée dans la soute, représente un sérieux risque d’incendie. Les batteries au lithium contiennent des produits chimiques hautement inflammables. En cas de surchauffe, de dégâts ou de surcharge, elles peuvent rencontrer un phénomène intitulé l’emballement thermique. Cette réaction en chaîne est susceptible de provoquer une hausse fulgurante de la température, qui peut aller jusqu’à l’explosion.
« Les incendies de batteries lithium-ion se propagent rapidement et dégagent une chaleur intense, pouvant causer des dégâts considérables et étendus en quelques secondes », indique la UL Standards & Engagement, une organisation à but non lucratif américaine dédiée à la sécurité publique.
Dans la cabine, l’équipage peut détecter la fumée rapidement et intervenir avec les extincteurs adaptés. En soute, il n’est pas possible de déceler le problème avant qu’il ne soit trop tard. À l’insu de l’équipage, un départ de feu peut se propager de la soute au reste de l’Airbus, compromettant tout l’avion. C’est pour cette raison que les batteries externes et les batteries lithium-ion sont interdites dans les bagages enregistrés sur l’ensemble des vols, tant en Europe qu’aux États-Unis.
De plus en plus d’incidents
Selon la Federal Aviation Administration (FAA) américaine, 563 incidents impliquant de la fumée, des flammes ou une chaleur excessive liés à des batteries lithium-ion ont été recensés à bord d’avions entre mars 2006 et février 2026. Plus de 200 de ces incidents sont directement liés à des batteries externes. Même son de cloche du côté de l’Autorité de l’aviation civile britannique (CAA). Il y a quelques jours, l’agence a pointé du doigt la hausse des incidents liés aux batteries externes, en dépit de restrictions de plus en plus sévères.
Les règles sur les batteries externes
L’an dernier, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a en effet adopté de nouvelles réglementations pour les batteries externes à bord des avions. L’agence des Nations unies qui régule le transport aérien mondia a décidé de limiter chaque passager à un maximum de deux batteries externes. De plus, il est strictement interdit de les recharger pendant le vol. Certains pays ont déjà adopté ces nouvelles réglementations. C’est le cas du Japon, qui punit même toutes les infractions d’une peine de deux ans de prison et d’une amende salée.
Certaines compagnies et certains pays sont allés encore plus loin. Par exemple, Southwest Airlines impose que les batteries externes restent constamment visibles et sous surveillance, pour déceler le moindre début d’incendie. C’est aussi la position adoptée par Air France. En Corée du Sud, le gouvernement a même interdit les batteries externes dans les compartiments à bagages en cabine sur tous les vols domestiques.
Avant de prendre l’avion, rappelez-vous qu’une batterie externe ne doit jamais se trouver dans un bagage enregistré en soute. Si votre compagnie aérienne autorise l’accessoire, il doit impérativement voyager dans votre bagage cabine, à portée de main, et rester accessible pendant tout le vol. Côté capacité, la limite fixée est de 100 Wh, soit environ 27 000 mAh pour une batterie standard de 3,7 volts. Les règles varient encore en fonction des compagnies aériennes, mais il vaut mieux éviter de vous servir d’une batterie lorsque vous êtes à bord d’un avion, même en cabine. Ne rechargez « surtout pas la batterie externe elle-même : c’est précisément à ce moment-là qu’elle monte en température et devient susceptible de provoquer un incident », souligne Jonathan Nicholson, de l’Autorité de l’aviation civile du Royaume-Uni.
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Source : BBC

