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« Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ? » Volkswagen a sa façon bien à lui d’expliquer pourquoi le thermique est condamné

Le patron des ventes de VW compare les voitures thermiques aux chevaux : personne ne les a interdits, ils ont juste été dépassés. Sa vision de la transition électrique, sans contrainte réglementaire.

« Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ? » C’est la question rhétorique que Martin Sander, membre du directoire de Volkswagen en charge des ventes, du marketing et de l’après-vente, a posée à Auto Express lors d’un entretien à Londres. La réponse, bien sûr, est qu’ils ne l’ont jamais été. Les chevaux existent encore. En revanche, les gens ont progressivement compris qu’une voiture était un meilleur moyen d’aller d’un point A à un point B. Sander pense que la même évolution attend les moteurs thermiques, avec ou sans interdiction réglementaire.

Arrêter de parler d’interdiction pour parler d’avantages

Le positionnement de Sander est clair : le débat public sur la transition énergétique se trompe de terrain. En se focalisant sur la date d’interdiction des ventes de voitures neuves à moteur thermique, l’industrie et les politiques passent à côté de ce qui convaincrait réellement les consommateurs.

« Comment convaincre les clients d’adopter une nouvelle technologie si l’on ne parle que d’une date à partir de laquelle vous n’aurez plus le droit d’utiliser ces véhicules, des véhicules auxquels vous vous êtes habitués au fil des décennies ? », interroge-t-il. Sa réponse : lever les obstacles pratiques, tels que les infrastructures de recharge, le prix de l’énergie, et mettre en avant les avantages concrets des véhicules électriques. Dans ces conditions, estime-t-il, les consommateurs feront le choix naturellement, comme ils l’ont fait avec l’automobile face au cheval au début du XXe siècle.

Ce n’est pas une position naïve de la part d’un constructeur qui vend des véhicules électriques. Les chiffres européens montrent une progression réelle : selon l’ACEA, les véhicules 100 % électriques ont représenté 20,9 % des nouvelles immatriculations en Europe sur les quatre premiers mois de 2026. Un niveau encore loin d’une majorité, mais qui illustre que la transition est en marche sans nécessiter d’interdiction immédiate.

L’UE maintient néanmoins son objectif de réduction de 90 % des émissions de CO₂ des flottes de constructeurs d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2021, ce qui laisse dans les faits une marge de manœuvre très limitée aux motorisations thermiques, même sans interdiction formelle.

Pas de range-extender en Europe, mais les leçons de Chine

Dans le même entretien, Sander a fermé la porte à l’introduction du range-extender en Europe, une technologie que VW développe pour le marché chinois. « Il y a un marché en Chine. En Allemagne ou en Europe pour le moment ? Je ne vois pas vraiment cette opportunité », a-t-il déclaré, jugeant le chevauchement avec les hybrides rechargeables existants trop important pour justifier une nouvelle déclinaison.

En revanche, Volkswagen compte bien capitaliser sur ses apprentissages en Chine, marché où la concurrence des constructeurs locaux est la plus féroce, pour affûter sa compétitivité à l’échelle mondiale. « Tout ce que nous apprenons en Chine nous aidera à être compétitifs sur tous les autres marchés », a précisé Sander. L’enjeu est d’abord industriel : échelle, efficacité et réduction des coûts.

Côté produits, les prochains mois s’annoncent chargés pour VW : lancement de l’ID. Polo, version électrique de la populaire citadine thermique, suivi d’une version GTI, puis dévoilement de l’ID. Tiguan, mise à jour substantielle de l’ID.4. Des lancements qui s’inscriront précisément dans cette stratégie : montrer que le VE peut être désirable sans qu’on ait besoin de contraindre qui que ce soit à l’acheter.

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