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Samsung s’offre un centre de R&D de semi-conducteurs à 15 milliards de dollars

Contrairement aux annonces récentes de l’industrie, le projet à 15 milliards de dollars sur six ans ne concerne pas une usine de production, mais un centre de recherche et développement. De quoi accélérer suffisamment pour permettre au coréen de rattraper TSMC ?

Et encore des milliards pour les semi-conducteurs ! Cette fois-ci, c’est le numéro deux mondial Samsung qui sort le chéquier avec les autorités sud-coréennes, avec le lancement de la construction d’un site d’un coût de 15 milliards de dollars étalés sur six ans. Mais alors que les sites classiques qui font la une des journaux – autant à Taïwan, aux USA, en Corée du Sud ou en Europe – sont toutes des « fabs » c’est-à-dire des usines qui produisent des puces, le nouveau site de Samsung est un gigantesque centre de R&D.

Les 109.000 m² de cette nouvelle installation seront sis à côté du campus de Samsung à Giheung, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Séoul. Ce qui est intéressant dans le projet de Samsung, c’est qu’il va à l’encontre des modèles actuels de dispersion des forces de recherche qu’utilise souvent l’industrie… à l’exception de TSMC.

Concentration des savoirs pour accélérer

Entreprise globale, Samsung Electronics a des centres de recherche aussi bien sur son territoire national qu’aux USA, en Israël, en Chine ou au Danemark. Si le modèle a du sens et va perdurer, le regroupement des forces sur un seul site décidé ici par Samsung pour son nouveau centre ressemble un peu à la stratégie de « densité » de TSMC.

Copyright : Samsung

Numéro 1 mondial de la production de semi-conducteurs, le taïwanais est aussi le champion de la concentration de ses sites de construction de pointe. C’est dans un cercle de 150 km autour de Taipei que TSMC produit toutes ses puces de dernière génération (7 nm et moins) soit 92% de la production mondiale. Avec les centres de R&D dans le giron. Si cette concentration est critiquée par certains ne serait-ce que pour des raisons géopolitiques (menace de l’invasion chinoise) ou climatique, (l’île de Taïwan est sujet aux séismes, typhons et, ces dernières années, aux sécheresses), cette concentration de site à aussi permis à TSMC d’aller plus vite que les autres. Et offre en cadeau bonus, un outil de défense nationale appelé Silicon Shield – la dépendance d’acteurs économiques américains majeurs comme Apple ou Qualcomm faciliterait la protection de l’île par les forces armées américaines en cas d’attaque chinoise.

Alors que Samsung est le seul acteur avec TSMC à être capable de produire des puces de pointe gravées en EUV (5 nm, 4 nm et bientôt en 3 nm), le coréen n’arrive pas vraiment à prendre de parts de marchés à TSMC. Nvidia et Qualcomm sont ainsi tous les deux passés par Samsung et reviennent à TSMC tant la maîtrise du taïwanais est supérieure à celle du coréen. En concentrant de nouvelles unités de recherche autour de la production de puces, Samsung espère sans doute répliquer un peu du modèle TSMC.

Tous les axes de recherche, sauf le design des puces

Si la course à la finesse de gravure est plus que jamais d’actualité avec l’arrivée prochaine du 3 nm chez TSMC, cette bataille ne se gagne pas uniquement en achetant les super machines d’ASML. La production de circuits dont la largeur est inférieure à 3 milliardièmes de mètre implique de la recherche en nouveaux matériaux, en chimie, en outils de production, en structures physiques, etc.

Le futur centre de recherche, qui devrait être pleinement opérationnel en 2028, sera donc un « super site ». Un lieu où les chercheurs et ingénieurs de Samsung iront de la physique et de la chimie fondamentale jusqu’à la mise en place des lignes de production pilotes. Couvrant ainsi tous les éléments de la production de puces, design des architectures processeur excepté. La proximité de sites de Hwaseong (juste à côté du futur campus) et Pyeongtaek (30 km) facilitera et accélèrera les déploiements des nouvelles technologies développées sur le campus de Giheung.

Mais cela n’empêche Samsung de continuer à investir dans des sites hors de ses frontières nationales : le Coréen a annoncé l’an dernier la construction d’une usine de production de puces aux USA pour la coquette somme de 17 milliards de dollars.

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Source : Samsung