C’est la plus lourde sanction jamais prononcée sous l’ère du DSA. Menée depuis mars 2024, l’enquête de Bruxelles a mis en lumière les défaillances structurelles importantes de la plateforme d’Alibaba. Derrière les prix cassés et les millions de références disponibles, la Commission européenne a identifié un laisser-aller généralisé dans la modération des contenus. Cette décision intervient quelques mois après une autre amende de 200 millions d’euros infligée à son rival Temu en mai pour des infractions similaires.
Un système de modération sous-dimensionné et inefficace
Multipliant les failles dans le contrôle des vendeurs sur sa plateforme, AliExpress a largement surestimé l’efficacité de ses algorithmes de détection. Les investigations de la Commission ont révélé que l’entreprise a omis de dimensionner ses équipes humaines face à la charge de travail réelle. Cela s’est soldé par la vente de vêtements contrefaits, de jouets non conformes et de cosmétiques toxiques qui ont continué de circuler librement sur le site pendant de longues semaines, même après avoir été signalés.
Les systèmes de recommandation et les régies publicitaires du site ont aussi activement poussé ces articles dangereux auprès des utilisateurs avant qu’ils soient supprimés. Pour évaluer la viabilité de sa modération, la plateforme s’est contentée d’un unique indicateur quantitatif, qui selon l’UE s’est montré incapable de mesurer la réapparition de produits illégaux similaires. En se basant sur les rapports de risques 2023 et 2024 du site ainsi que sur ses propres tests, Bruxelles a constaté qu’un volume important de marchandises non conformes passait systématiquement entre les mailles du filet.
Des contrôles contournés par les vendeurs peu scrupuleux
La politique de sanctions envers les marchands fraudeurs n’était apparemment pas appliquée avec rigueur, permettant à des boutiques déjà pénalisées de rester actives sur le site. Pour contourner les contrôles, de nombreux commerçants ont sciemment classé leurs objets dans de mauvaises catégories pour profiter de règles plus souples. Une manipulation qu’AliExpress n’a pas pu bloquer à cause d’un manque de personnel dédié à la vérification.
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Le dispositif obligatoire d’autorisation de marque, censé endiguer le fléau des contrefaçons, s’est lui aussi révélé inopérant et sous-dimensionné. Les vendeurs ont facilement déjoué cette barrière, nuisant aux entreprises légitimes qui investissent beaucoup d’argent dans le design ou les tests de sécurité. AliExpress dispose désormais d’un sursis jusqu’au 20 octobre 2026 pour soumettre un plan d’action correctif complet sous peine de faire face à des astreintes financières.
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Source : Commission européenne

