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Shein, Temu, AliExpress : la taxe sur les petits colis déjà abandonnée par le gouvernement français

Le gouvernement français suspend la taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de plateformes extra-européennes, après seulement 4 mois d’application. Il faut dire que cette mesure a échoué à freiner l’afflux de colis, les plateformes contournant la taxe en transitant par d’autres pays européens.

La taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de plateformes extra-européennes aura été appliquée seulement pendant 4 mois. L’objectif du gouvernement français était de cumuler cette taxe de 2 euros à un droit de douane européen de 3 euros. Mais cette mesure s’est révélée être un échec. Le gouvernement français a annoncé sa suspension, tout en se positionnant comme un leader qui a montré le chemin à l’Europe. 

La France abandonne la taxe de 2 euros sur les petits colis

Le 1er mars dernier, le gouvernement français a instauré une taxe de 2 euros par article sur les colis de moins de 150 euros provenant de pays hors de l’Union européenne. L’objectif était clair : freiner l’afflux de colis provenant de plateformes d’e-commerce extra-européennes, comme Shein, Temu ou AliExpress. Cette taxe française de 2 euros devait par ailleurs s’ajouter dès le 1er juillet à un droit de douane européen de 3 euros. En cumulant ces différents montants, les petits articles provenant de plateformes situées hors d’Europe auraient donc été soumis à une taxe totale de 5 euros.

Mais nous apprenons aujourd’hui via l’AFP que le gouvernement français a tout simplement choisi de suspendre la taxe de 2 euros pour appliquer seulement le droit de douane européen de 3 euros qui entrera en vigueur ce 1er juillet. Le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, explique auprès de l’AFP : « Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe [sur les] colis » en plus du nouveau « droit de douane de 3 euros » européen. Le gouvernement français choisit donc finalement de s’aligner sur la réglementation européenne. 

Une mesure contre-productive, mais le gouvernement français se déclare vainqueur

En réalité, la taxe française sur les petits colis s’est révélée être un désastre. Les grandes plateformes d’e-commerce, comme Shein et Temu, ont rapidement trouvé un moyen de contourner cette taxe de 2 euros, en acheminant leurs marchandises par avion vers la Belgique et les Pays-Bas, avant de les faire transiter par camion jusqu’en France. À cela se sont ajoutés des licenciements dans les zones de fret parisiennes, les avions transportant ces marchandises n’atterrissant plus en France. Certains aéroports français ont également enregistré des baisses significatives d’activité. Pour le gouvernement français, la taxe de 2 euros sur les petits colis n’est en aucun cas un désastre.

La France aurait même été pionnière en poussant l’Europe à appliquer un droit de douane aux plateformes d’e-commerce extra-européennes. Le cabinet de M. Papin explique : « On adore nos amis belges, mais il n’est pas normal (…) qu’il n’y ait qu’eux qui récupèrent la monnaie de leur pièce » quand « les colis continuent malgré tout d’arriver en France », Le cabinet précise ensuite : « Notre objectif, c’était (…) de pousser l’Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause ». Pour le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics : « La France a vraiment été pionnière ».

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Source : Le Monde


Jérémy Olcina