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OpenAI dévoile ses conclusions sur l’impact de l’IA sur l’emploi : combien de métiers risquent de disparaître en Europe ?

OpenAI publie une cartographie rassurante de l’impact de l’IA sur l’emploi en Europe : 14% de métiers à risque élevé d’automatisation. Le résultat est soigné. L’auteur du rapport, lui, est le principal vendeur des outils qui posent le problème.

Depuis l’arrivée de ChatGPT à l’automne 2022, les études sur l’impact de l’IA sur l’emploi prolifèrent à un rythme qui donnerait le tournis, avec leurs estimations contradictoires et leurs métiers tantôt sacrifiés, tantôt sauvés. OpenAI verse à son tour au dossier, et les conclusions sont, disons, confortables pour OpenAI. Après une version américaine en avril 2026, le rapport étend ce 29 juin 2026 son cadre d’analyse aux 27 pays de l’Union, en s’appuyant sur la taxonomie ESCO (le référentiel officiel européen des métiers) et les données d’emploi d’Eurostat.

Le tableau d’OpenAI pour l’Europe : 14% à risque, moins qu’aux États-Unis

Le rapport range les métiers européens en quatre cases. Environ 14% des emplois seraient en zone de risque élevé d’automatisation à court terme : forte exposition aux capacités des IA actuelles, faible besoin de présence humaine, demande peu élastique. À côté, 27% verraient leurs tâches se réorganiser sans disparaître, 12% pourraient croître à mesure que les coûts baissent, et 47% resteraient peu touchés. Le chiffre vedette, 14%, passe sous les 18% du cadre américain. La France fait même un peu mieux sur ce critère, à 13%, mais bascule davantage d’emplois vers la réorganisation (29% contre 27% en moyenne européenne). OpenAI prend soin de préciser qu’il s’agit d’une « carte de planification », pas de prévisions d’emploi (autant le dire clairement : la prudence est de bon ton quand on vend les modèles au cœur de l’équation).

Le rapport est d’ailleurs lancé à l’occasion d’une visite de Ronnie Chatterji, économiste en chef d’OpenAI, à Bruxelles et au sommet de la Banque centrale européenne, où il doit rencontrer les décideurs de l’UE. La démarche prolonge une série de gestes de coopération avec les institutions européennes depuis le début de l’année, à l’heure où l’AI Act entre en phase d’application.

Ce que les données françaises ajoutent, et ce qu’OpenAI dit moins

Les données indépendantes complètent le tableau avec un peu moins de sérénité. En 2024, 10% des entreprises françaises de dix salariés et plus utilisaient au moins une technologie d’IA, quatre points de plus qu’un an plus tôt. Les estimations pour le marché français évoquent quelque 800 000 emplois directement substituables à terme, contre 1,4 million plutôt augmentés. Surtout, des données de paie sur des millions de salariés américains jusqu’en septembre 2025 montrent une chute de 13% de l’emploi des 22-25 ans dans les métiers exposés, quand les 35 ans et plus restent stables. Concrètement, cela se traduit par un gel des embauches juniors, exactement la dimension que les quatre archétypes d’OpenAI n’isolent pas.

À la décharge d’OpenAI, toutes les données ne pointent pas dans le même sens. Une analyse de la Banque centrale européenne fondée sur l’enquête SAFE 2025 observe que les entreprises européennes utilisatrices d’IA ne réduisent pas leurs effectifs en moyenne, et que les plus intensives embauchent plutôt davantage.

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Source : OpenAI


Naïm Bada