Passer au contenu

Pas de retour en arrière pour PlayStation : Sony reconvertit sa dernière usine de disques en Europe

Les pétitions circulent, la colère gronde, et pendant ce temps, dans la campagne autrichienne, les machines qui pressaient vos jeux PlayStation apprennent un nouveau métier. Le rétropédalage espéré par les joueurs n’aura très probablement jamais lieu.

Depuis l’annonce de la fin des disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation, programmée pour janvier 2028, une partie des joueurs guette le moindre signe de recul de la part de Sony, pétitions et messages rageurs à l’appui. La réponse ne viendra ni d’un communiqué ni d’un tweet contrit, mais d’une usine nichée près de Salzbourg, et elle ne va pas leur plaire : à Thalgau, la reconversion est déjà lancée, machines commandées et salariés en formation.

Que devient une usine qui presse 600 000 disques par jour ?

Le site autrichien de Sony DADC, dernier lieu de production de disques du groupe en Europe, sort actuellement 600 000 galettes par jour, dont la moitié environ pour PlayStation. Plutôt que de fermer boutique, le groupe a investi quelque 30 millions d’euros dans des équipements destinés à la fabrication de microlentilles optiques, ces minuscules composants qui focalisent la lumière dans un espace réduit (l’exemple cité par la maison : un clignotant de voiture projeté directement sur l’asphalte, ce qui a plus d’avenir qu’un boîtier Blu-ray).

La production de masse doit démarrer dès 2027, soit un an avant la fin officielle des disques PlayStation, et les 300 salariés du site seront conservés puis reformés en profondeur, certains ayant déjà basculé vers les postes de test et de développement de la nouvelle activité. Quant aux commandes de disques, elles ne représenteraient plus que 10 % du volume actuel à l’horizon 2028, un chiffre qui explique à lui seul pourquoi personne, à Thalgau, ne semble parier sur un retour en grâce du support physique. Pour les joueurs attachés au boîtier, la rampe de descente est donc déjà tracée : les galettes continueront de sortir des presses jusqu’à l’échéance, mais en quantités toujours plus confidentielles.

Faut-il encore espérer un rétropédalage ?

La direction du site reconnaît que cette bascule se préparait « depuis un certain temps », soit bien avant que l’annonce publique ne mette le feu aux réseaux sociaux. La chronologie dit tout : l’investissement a précédé la communication, et non l’inverse, ce qui signifie que la décision était industriellement actée pendant que les joueurs débattaient encore de rumeurs.

L’espoir des nostalgiques reposait pourtant sur un précédent bien réel, puisqu’en 2021, Sony avait annoncé la fermeture des boutiques PS3 et PS Vita avant de reculer piteusement devant la colère des joueurs. La comparaison s’arrête toutefois à la surface des choses : rouvrir une boutique en ligne se règle en quelques clics et un communiqué d’excuses, tandis que reconvertir une chaîne de production, amortir 30 millions d’euros de machines neuves et reformer 300 personnes ne se rembobine pas d’un trimestre à l’autre. Cette fois, faire marche arrière coûterait plus cher que d’encaisser la grogne.

Les joueurs peuvent continuer de signer des pétitions et d’inonder les réseaux ; à Thalgau, on a déjà commencé à ranger les presses, et les machines qui les remplacent serviront à éclairer autre chose que leurs soirées.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source : ORF.at


Naïm Bada