Face à l’abandon du format physique par le constructeur japonais, la plupart des joueurs redoutent un avenir où il faudra payer plus cher pour avoir moins, au point d’en appeler au boycott. Si la plupart des éditeurs observent ce virage sans broncher, Jacob Navok prend le contre-pied des inquiétudes des joueurs. Selon cet ancien cadre de Square Enix, la disparition du support physique ne va pas verrouiller les tarifs, mais au contraire libérer une concurrence, ce qui tirera les prix vers le bas.
Un marché dématérialisé aligné sur le modèle Steam
D’après Jacob Navok, les tarifs pratiqués actuellement sur le PlayStation Store restent étroitement alignés sur les prix de la vente en magasin. Le maintien des disques en rayon contraint les boutiques numériques à ne pas casser les prix. En éliminant cette dépendance au réseau physique, la plateforme de Sony pourrait adopter un fonctionnement similaire à celui de Steam, avec une grille tarifaire beaucoup plus large et évolutive.
Competition between publishers is what drives pricing pressure, not competition between digital stores. This is because publishers set pricing on digital stores.
Competition between stores like EGS and Steam improves the take rates for developers, not necessarily the price for… https://t.co/6ZZw8EUJ5v pic.twitter.com/0QLQmclwsG
— Jacob Navok (@JNavok) August 13, 2026
Selon lui, les éditeurs ne devant plus rivaliser pour obtenir de l’espace en rayon, les éditeurs se livreraient à une concurrence au sein même du magasin dématérialisé pour attirer l’attention des clients. Pour illustrer ses propos, Navok prend l’exemple d’un titre comme Final Fantasy XVI qui a vu son prix baisser sous la pression des jeux concurrents.
Une théorie économique face à la réalité du marché
Sur Steam, les soldes régulières et souvent importantes sont devenues la norme, réduisant régulièrement le prix des blockbusters AAA de 20 %. Les habitudes d’achat sur PC s’orientent d’ailleurs en grande partie vers les titres plus anciens, portés par des remises capables de prolonger la vie commerciale d’un jeu pendant des années. Reste à savoir si cette culture des prix tirés vers le bas peut réellement contaminer l’écosystème PlayStation, jusqu’ici très hermétique aux baisses tarifaires agressives, à l’instar de l’eShop de Nintendo.
À lire : Un même jeu, plusieurs tarifs : PlayStation teste des prix différents selon les joueurs
L’analyse de Jacob Navok comporte aussi un angle mort. Si les éditeurs peuvent en effet baisser leurs prix pour remonter dans les classements du PlayStation Store, l’absence de marché de l’occasion ou de la possibilité de prêter des disques pourrait tout aussi bien les inciter à verrouiller leurs tarifs. GTA VI sera par exemple vendu uniquement en version digitale, mais ne sera pas pour autant proposé moins cher. On constate également que la majorité des ventes de jeux s’effectue déjà au format numérique depuis plusieurs années, mais qu’aucun effondrement des prix n’a été observé sur les consoles.
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Source : Kotaku

