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Fin des jeux PS5 physiques : les joueurs PlayStation organisent un boycott mondial

Éteindre la console pour se faire entendre : du 23 au 30 août, des joueurs promettent de bouder PlayStation, ses serveurs et sa boutique. En France, une pétition interpelle déjà la ministre chargée du Numérique.

Depuis l’annonce du 1er juillet, la colère n’est pas retombée d’un cran. Sony a confirmé ce jour-là la fin de la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028, invoquant l’évolution des préférences des consommateurs. Les titres sortiront ensuite en version numérique ou dans des boîtes ne contenant qu’un code de téléchargement (l’emballage survit, pas le disque). Une pétition internationale a dépassé les 345 000 signatures, des abonnés ont résilié leur PS Plus en le faisant savoir, et un cap vient d’être franchi : l’appel à une grève des manettes.

Lire aussi : Une pétition pour sauver les jeux physiques : Sony peut-il changer d’avis ?

Sept jours sans allumer la console, à quoi ça rime ?

Le collectif de préservation Does It Play, connu pour recenser les jeux jouables sans connexion, a lancé le 26 juillet un appel au « blackout » sous le hashtag #PSBlackout. Les consignes tiennent en trois interdits, du dimanche 23 août à 19 heures au dimanche 30 août à la même heure.

Aucune connexion au PlayStation Network, aucune session de jeu, aucun achat sur les boutiques de Sony, ni jeu, ni extension, ni abonnement. La liste des griefs déborde d’ailleurs largement la question du disque : fermeture du studio Bluepoint, stratégie du jeu service, événements annulés, PS VR2 laissé à l’abandon. S’y ajoutent les licences en jachère, de Twisted Metal à SOCOM en passant par Sly Cooper (snif).

Le calibrage de l’opération interroge autant qu’il rassure. Une semaine seulement, un calendrier choisi pour épargner les développeurs, et aucune grosse sortie PlayStation sur la période (le très attendu Wolverine arrive mi-septembre, bien après la fin des hostilités). Autrement dit, un boycott conçu pour ne presque rien coûter à ceux qui le suivent, face à un écosystème qui revendiquait 125 millions d’utilisateurs actifs mensuels fin mars. Sony n’aura qu’à laisser passer l’orage une semaine avant de retrouver ses courbes habituelles, sauf si la baisse d’activité devient assez visible pour inquiéter les actionnaires. C’est tout le pari des organisateurs.

Et en France, qui monte au front ?

L’Hexagone a sa propre bataille, et elle ne vise pas Sony mais les pouvoirs publics. Lancée le 1er juillet par un particulier, une pétition « Non à la suppression du support physique dans le jeu vidéo » interpelle directement Clara Chappaz, la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique. Le texte réclame une concertation entre éditeurs, distributeurs et associations de consommateurs, le maintien d’une véritable offre physique et des droits renforcés sur les achats numériques. Il demande aussi une étude d’impact sur le marché de l’occasion, dont vivent des enseignes comme Micromania, Easy Cash ou GameCash.

Le compteur reste modeste avec un peu plus de 4 000 signatures vérifiées, mais le terrain choisi (celui du droit de la consommation et de l’emploi) pèse plus lourd qu’un simple coup de gueule. Au niveau européen, l’initiative citoyenne Stop Killing Games et son million de signatures validées ont déjà montré l’an dernier que la préservation du jeu vidéo pouvait forcer la porte de Bruxelles.

Sur le fond, les inquiétudes ne sortent pas de nulle part tant les avantages du physique sont nombreux (pour le consommateur). Un jeu en boîte se prête, se revend, se collectionne et se conserve, quand un achat numérique reste une licence d’accès révocable. Les joueurs en ont eu une piqûre de rappel récente : 551 films et séries ont été retirés des bibliothèques PlayStation pour une histoire de licence expirée, achats compris. Le marché français, lui, résiste mieux qu’ailleurs au tout-dématérialisé, avec des ventes physiques sur console en recul de 12 % l’an dernier dans un secteur qui pèse près de 5,9 milliards d’euros. Que la manette reste posée une semaine ou pas, la vraie échéance est ailleurs : en janvier 2028, il faudra choisir entre passer à la caisse numérique et passer à la concurrence. Sony parie que vous avez déjà choisi.

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Naïm Bada