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OneFlash, la start-up française qui met fin aux rades de batteries, veut changer d’échelle

Avez-vous remarqué ces bornes de recharges portables jaunes et rouges qui peuvent sauver la mise à tous ceux qui sont en rade de batterie (de smartphone) ? Mardi 2 juin, Lucas Di Franco, cofondateur et PDG de OneFlash, la start-up française de recharge en libre-service de smartphones, est revenu pour 01net sur le parcours de sa société qui a atteint le million d’utilisateurs, et qui compte aller bien plus loin.

Elles sont rouges et jaunes, elles ne coûtent rien aux particuliers, et elles peuvent sauver la mise quand la batterie de votre smartphone tombe au plus bas : sur près de 400 lieux, « et pas qu’à Paris », les stations de OneFlash proposent un concept simple : des recharges de batteries mobiles, en libre service.

Une fois une caution de 19 euros bloquée via un QR Code ou un terminal de paiement électronique, la recharge mobile, de la taille d’un smartphone, peut être récupérée. Il suffit ensuite de brancher votre téléphone en rade à l’un des trois câbles pour que le chargement s’opère. Vous avez quatre jours pour redéposer la batterie dans une des stations OneFlash de votre ville.

Oneflash
© OneFlash.

Pour trouver l’origine de ce concept, il faut remonter quelques années avant 2019, année de création de la start-up française par Lucas Di Franco et Kevin Ouillon. Les deux compères grandissent à Rive-de-Gier (Loire), entre Saint-Étienne et Lyon. Lucas Di Franco estime y avoir reçu « une éducation très libre, à la Malcolm », dans laquelle il apprend à creuser son propre sillon.

« Je me suis dit, “je vais faire la même chose qu’en Chine” »

Et si le trentenaire d’aujourd’hui, à la tête de la start-up, ne se souvient d’aucun modèle d’entrepreneur dans son entourage, c’est un voyage en Chine, en 2017, qui change la donne. Dans le pays, il remarque « ces nombreux câbles sur table sur lesquels on pouvait brancher son téléphone pour le recharger ». De retour à Paris sur les bancs de la Sorbonne, il constate que ses proches se plaignent constamment d’être en rade de batterie. « Je voyais que ça touchait tout le monde, étudiants, profs, dans les bars, les restaurants, à l’aéroport, presque partout. Et donc je me suis dit, “je vais faire la même chose qu’en Chine” », se souvient-il.

L’étudiant « achète des petits câbles, des petites batteries » en vue de « tester le besoin rapidement ». Il fait le tour des bars parisiens, qui lui répètent tous la même chose : « On en a marre de brancher des smartphones. Parfois on renverse de la bière, on donne le mauvais téléphone, les batteries sont oubliées, et surtout, on a autre chose à faire ».

Mais « ses petits câbles » ne prennent pas, et l’idée se heurte rapidement à un mur. « À Paris, tu n’as pas forcément de place sur les tables. Et les batteries, les gens partaient avec », relate-t-il. En parallèle, il observe l’engouement du libre-service, avec les Vélibs. « À force d’observer, je me suis dit, en fait, c’est exactement ça qu’il nous faudrait, une station en libre-service, mais pour la batterie » des smartphones. Avec son compère, il commence à designer une solution pour avoir des batteries portables en libre-service.

« Et après 3, 4, 6 mois d’itérations, on se rend compte qu’en Asie, les batteries en libre-service explosent », se remémore-t-il. Les deux amis décident de changer de braquet : « On s’est “plugé” (branché NDLR) sur un fournisseur chinois qui fait la même chose », mais en adaptant la solution « au maximum au côté européen », rapporte Lucas Di Franco.

Contrairement à la Chine, où « les batteries sont vraiment partout, un peu à l’arrache », en Europe, « on ne peut ni jouer sur le même volume, ni les mettre par terre ou dans la rue » en raison « des normes, qui sont partout », précise-t-il.

Des batteries fabriquées en Chine, la partie logiciel et le recyclage des batteries en France

La petite start-up, incubée à Station F, fait alors le choix de s’adresser à toutes les organisations ou entreprises qui veulent « garder les clients ou les patients connectés pour des raisons de chiffres d’affaires ou d’amélioration d’expérience patientèle ». Il s’agit en fait de retenir tous ceux qui pourraient avoir à quitter les lieux en raison d’un manque de batterie de leurs smartphones. Un objectif d’autant plus crucial qu’aujourd’hui, ces appareils, déjà omniprésents, sont désormais utilisés comme moyen de paiement.

Les deux cofondateurs optent pour un modèle B2B (Business-to-business) : ce seront les entreprises ou les collectivités qui paieront l’utilisation des bornes, et non les utilisateurs finaux (le grand public), à quelques exceptions près – il faut compter 250 euros par mois pour une borne de 24 batteries.

Côté fabrication, les batteries de OneFlash sont aujourd’hui fabriquées à Shenzhen, la Silicon Valley chinoise, pendant que « le soft est fait en France ». Et en aval, « on vient recycler 100 % des batteries usagées en France directement, avec Batribox notamment, ce qui est particulièrement rare dans le secteur », précise Lucas Di Franco. Au début, ajoute-t-il, de nombreux clients demandaient un Made in France. « On a fait plein de stations Made in France. Mais petit à petit, on s’est rendu compte que les clients n’aimaient pas payer un euro de plus ».

En 2022, une première étape est franchie : Xavier Niel, le patron de Free, investit dans la société, via son fonds Kima Ventures. Aujourd’hui, on trouve les batteries de OneFlash jaunes et rouges dans les centres commerciaux, les grandes surfaces comme Leclerc, les Leroy Merlin, les Ikea, Decathlon, le Louvre, les parcs d’attraction, les salles de sport, les hôpitaux, le métro parisien, les gares SNCF. « On va être au Stade de France, on va être au Vélodrome » à Marseille, se réjouit-il. « On a 400 points de vente dans 11 pays aujourd’hui à date, soit 2 000 bornes pour 1 million d’utilisateurs environ », se félicite le PDG de la start-up tricolore.

Une nouvelle levée de fonds pour « accélérer »

Un point d’étape que la société aux 30 collaborateurs souhaite désormais dépasser, notamment grâce à la nouvelle levée de fonds menée début mai. OneFlash a annoncé avoir levé 3,5 millions d’euros, dont 2,1 millions d’euros auprès de Blast Club.

« Aujourd’hui, on a quand même pas mal de clients, mais on veut accélérer. D’autant plus que, plus on a de stations, plus on a de réseaux importants, plus les utilisateurs apprécient la solution, et plus on a une valeur ajoutée », souligne-t-il. Et Blast, avec sa communauté de 10 000 personnes qu’entoure l’entrepreneur Anthony Bourbon, « ouvrira de nombreuses portes », estime Lucas Di Franco.

Oneflash Et Ses Derniers Investisseurs
© OneFlash. Lucas Di Franco (droite) avec Anthony Bourbon (milieu) lors de la dernière levée de fonds de mai 2026.

Et si, aujourd’hui, OneFlash n’a pas encore atteint le seuil de rentabilité, son CEO explique avoir « fait plus de 70 % par rapport à l’année dernière, en termes de chiffre d’affaires ». L’objectif est désormais de changer d’échelle, en « maillant le territoire pour offrir le plus beau des réseaux à nos utilisateurs et derrière, garantir le côté B2B – donc faire en sorte qu’il n’y ait jamais de plaintes, que les écrans et les batteries fonctionnent » parfaitement. L’objectif est donc de multiplier les bornes, pour atteindre les 10 000 d’ici 2030, tout en confortant une place de « premier réseau de recharge mobile en Europe » face à des concurrents comme The Keepers, Plug’Heur, ou Naki.

« Tu crois toujours que tu vas mieux faire que tout le monde, et que ça va être simple, mais en fait, tu prends tous les murs qu’il y a »

Que retenir de cette aventure de sept ans ? « Le produit est canon. On est présent dans des lieux extraordinaires, avec des clients extraordinaires », s’enthousiasme-t-il, en bon commercial. Son moment le plus difficile ? « Tout est dur en vrai », nous répond-il, après un moment d’hésitation. « Tu crois toujours que tu vas mieux faire que tout le monde, et que ça va être simple, mais en fait, tu prends tous les murs qu’il y a », reconnait-il, avant de lister les difficultés rencontrées.

D’abord, il y a « la barrière du produit, qu’il faut construire, puis la barrière commerciale – il faut placer ton premier produit. Ensuite on fait face au “comment opérer ton service, comment gérer les éventuels bugs” ». Puis vient « la barrière du financement, comment tu vas lever des fonds. Quand tu as les fonds, tu as la barrière du recrutement, avec celle du “comment tu onboardes” (embarques NDLR) toutes tes équipes très vite quand tu ne sais pas manager, etc. À chaque fois, ce sont des paliers, ils sont tous durs et demandent de l’énergie. Ensuite les cycles recommencent, et il faut aborder les choses avec de l’apprentissage et de l’humilité », poursuit Lucas Di Franco.

Et s’il aurait aimé qu’on l’avertisse de certaines erreurs à éviter, le patron de 31 ans l’affirme. Il ne changerait pas un iota du parcours de OneFlash : « On en est là parce qu’on a fait ces erreurs. Te prendre des boîtes, c’est ce qui te permet d’être fort ».

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